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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Ven 2 Oct 2020 12:28

[Meilleur Caviste de France] Portrait de finaliste : Philippe Ball, La Cave des Anges

Jusqu’au 19 octobre, jour de la grande finale de cette édition 2020 du Concours de Meilleur Caviste de France, nous vous présentons chacun des huit finalistes de la compétition. Ouverture de cette série de portraits avec Philippe Ball, caviste à La Cave des Anges, à Forstfeld (67).



Philippe Ball, pouvez-vous vous présenter et exposer brièvement votre parcours ?
Je m’appelle Philippe Ball, j’ai 32 ans. Je suis caviste depuis le 3 août 2017 dans ma boutique située à Forstfeld, en Alsace, où je suis le seul gérant.

Comment est née votre passion pour le vin ?
Ma passion est née en découvrant les différents vins exceptionnels dans des restaurants gastronomiques, lorsque j’avais une vingtaine d’années. J’ai décidé de devenir caviste au cours de l’année 2016, après le sacre de Philippe Schlick, que j’ai eu la chance de côtoyer avant.

Qu’est-ce qui vous passionne dans ce métier de caviste ?
Le fait de rendre les gens heureux, de par les différents accords mets et vins, et l’histoire de chacune des bouteilles. Nous sommes des marchands de bonheur, faisant la transition entre le vigneron, son terroir, son savoir-faire et le consommateur.

Vos vins, spiritueux et/ou autres boissons alcoolisées favoris sont…
Mes vins favoris sont ceux de l’Alsace, de la Vallée du Rhône et du Languedoc-Roussillon. Pour les spiritueux, je dirais les rhums et les whiskys finement tourbés.

Pourquoi avez-vous décidé de participer au Concours du Meilleur Caviste de France ?
C’est un challenge personnel, je veux voir où je me situe par rapport à mes connaissances dans le monde du vin.

Votre état d’esprit à moins d’un mois de la grande finale ?
Je suis évidemment un peu stressé, mais je ne me mets pas la pression, puisque le fait d’être en finale est déjà exceptionnel, c’est une petite victoire.

Et si vous gagniez le Concours, ce serait…
Ce serait absolument incroyable et fantastique, le vin d’Alsace coulera à flots !


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Sam 3 Oct 2020 07:31

[Meilleur Caviste de France] Portrait de finaliste : Serge Colin – Le Repaire de Bacchus


Jusqu’au 19 octobre, jour de la grande finale de cette édition 2020 du Concours de Meilleur Caviste de France, nous vous présentons chacun des huit finalistes de la compétition. Aujourd’hui, portrait de Serge Colin, caviste au Repaire de Bacchus rue de Maistre, dans le 18e arrondissement de Paris.



Serge Colin, pouvez-vous vous présenter et exposer brièvement votre parcours ?
J’ai 46 ans et je suis caviste à Paris. J’ai travaillé vingt ans dans le domaine des études marketing au sein de plusieurs Instituts parisiens. En parallèle, je me suis formé à l’École Supérieure de Commerce de Dijon, où j’ai obtenu le diplôme “Mastère Spécialisé en Commerce International Vins et Spiritueux”. Le cap des 40 ans m’a donné envie de faire de ma passion de toujours mon métier de tous les jours. Après avoir été remplaçant dans plusieurs caves, j’ai rejoint le Repaire de Bacchus où je suis responsable de boutique depuis cinq ans. Passer ma vie au milieu de belles bouteilles est maintenant un plaisir quotidien !

Comment est née votre passion pour le vin ?
J’ai passé mon enfance entre l’Afrique, où travaillait mon père, et les USA où nous passions nos vacances dans la famille de ma mère. Le vin symbolisait l’ailleurs méconnu de mon pays d’origine, la France, où je ne séjournais que quelques jours par an. Puis à vingt ans, j’ai fait mes premières vendanges à Fuissé, ce fut une très riche expérience pour moi.

Qu’est-ce qui vous passionne dans ce métier de caviste ?
La diversité de la clientèle nécessite d’être à l’écoute et de s’adapter en permanence. Comme les millésimes qui changent tous les ans, c’est aussi un métier où il faut sans cesse apprendre, découvrir et se renouveler. Faire découvrir à mes clients le travail de vignerons sincères est également une vraie motivation.

Vos vins, spiritueux et/ou autres boissons alcoolisées favoris sont…
Je suis un grand fan de vin blanc, le Chardonnay, le Riesling… J’aime le classicisme d’une appellation, d’un terroir, la précision d’un cépage, et si le vin est travaillé en biodynamie c’est encore un plus !

Pourquoi avez-vous décidé de participer au Concours du Meilleur Caviste de France ?
J’avais suivi avec attention les éditions précédentes du Concours du Meilleur Caviste de France, et notamment la performance d’Antoine Sfeir, finaliste en 2018 pour le Repaire de Bacchus. Alors, cette année je me suis dit : “pourquoi pas moi, allez, je tente ma chance !”

Comment vous y êtes-vous préparé ?
Pendant le confinement, la cave a été fermée plusieurs semaines. Réviser mes connaissances a été une façon de mettre à profit le temps accordé pour transformer en meilleurs moments cette épreuve particulière. J’ai commencé par acheter des cahiers d’écolier et je me suis replongé dans mes livres sur le vin. Puis cet été, j’ai mis mes proches à contribution pour m’entraîner lors de dégustations à l’aveugle !

Votre état d’esprit à moins d’un mois de la grande finale ?
Pour ma première participation, je suis très heureux d’être en finale. Mais cela n’est pas fini ! En grand amateur de sport, j’aime l’idée du challenge et de la compétition. Il faut maintenant ramener la coupe à la maison !

Et si vous gagniez le Concours, ce serait… 
Fantastique ! Une victoire m’apporterait énormément de joie à partager avec mes proches et mes confrères ! Ce serait certainement aussi un tremplin pour développer de beaux projets professionnels.


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Messagepar Lalex » Mer 7 Oct 2020 12:26

[Meilleur Caviste de France] Portrait de finaliste : Julien Lepage – La Vignery

Jusqu’au 19 octobre, jour de la grande finale de cette édition 2020 du Concours de Meilleur Caviste de France, nous vous présentons chacun des huit finalistes de la compétition. Aujourd’hui, portrait de Julien Lepage, caviste à La Vignery de Saint-Germain-en-Laye (78).



Julien Lepage, pouvez-vous vous présenter et exposer brièvement votre parcours ?
Je m’appelle Julien, j’ai 31 ans, je suis caviste depuis trois ans. L’aventure dans ce nouveau métier a pour moi débuté en 2017, après avoir été cuisinier pendant dix ans dans de belles maisons, notamment en Loire Atlantique. J’ai fait un Certificat de Qualification Professionnel Conseil Caviste en apprentissage à La Vignery de Rambouillet, avant de rejoindre la Vignery de Saint-Germain en Laye.

Comment est née votre passion pour le vin ?
Ayant d’abord exercé en tant que cuisinier, j’adorais déjà associer les plats que je préparais aux vins, pour que l’accord soit parfait. Je suis passionné des métiers de bouche et de bons produits. La complexité du vin m’a attiré.

Qu’est-ce qui vous passionne dans ce métier de caviste ?
La passion vient tout d’abord du produit, j’aime le goûter, essayer de le comprendre et de comprendre ce que le vigneron a voulu nous faire partager, afin de respecter au maximum son travail. J’aime aussi découvrir de nouveaux produits constamment. J’aime retranscrire ce que j’apprends sur un vin, partager les connaissances que j’ai sur les vignerons à mes clients, et les orienter selon leurs besoins. J’apprécie aussi de pouvoir conseiller sur des accords mets et vins, afin d’assurer aux clients un moment réussi pour un dîner, ou un apéritif.

Vos vins, spiritueux et/ou autres boissons alcoolisées favoris sont…
J’ai des goûts très éclectiques, il m’est donc difficile de choisir des favoris. Actuellement, j’apprécie le pur Malt 1ère impression Sequoïa d’une distillerie Française, la distillerie du Vercors. Mon vin du moment est un vin de chez Sylvain Fadat, Languedoc Montpeyroux, cuvée les Cocalières.

Pourquoi avez-vous décidé de participer au Concours du Meilleur Caviste de France ?
Pour me challenger. Cela ne peut que déboucher sur des choses positives pour nous et nos clients. J’aime le fait que le Concours mette en avant notre métier.

Comment vous y êtes-vous préparé ?
En révisant beaucoup de notions théoriques dans les livres, puis en goûtant le maximum de vins en parallèle.

Votre état d’esprit à moins d’un mois de la grande finale ?
J’ai activé le mode « conquérant », avec l’envie de figurer en haut du classement final.

Et si vous gagniez le Concours, ce serait…
Le début de beaux et d’ambitieux projets !


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 7 Oct 2020 12:28

[Meilleur Caviste de France] Portrait de finaliste : Olivier Leseul – Cavavin

Jusqu’au 19 octobre, jour de la grande finale de cette édition 2020 du Concours de Meilleur Caviste de France, nous vous présentons chacun des huit finalistes de la compétition. Aujourd’hui, portrait d’Olivier Leseul, caviste à Cavavin Chelles (77).



Olivier Leseul, pouvez-vous vous présenter et exposer brièvement votre parcours ?
Olivier Leseul, 40 ans, propriétaire du magasin Cavavin de Chelles depuis octobre 2015. Après des études dans un lycée militaire, je me suis orienté vers une école de commerce, pour finalement aboutir dans les métiers de la comptabilité. J’ai officié dix ans dans différentes services financiers de PME. De par mon histoire familiale, j’avais des prédispositions pour le métier de caviste, mais je tergiversais depuis un certain temps pour prendre ce virage. Il ne manquait plus que l’étincelle qui allait mettre le feu aux poudres. Étonnamment, elle est venue de la lecture du manga “Les Gouttes de Dieu” en décembre 2014. Je ne saurais pas dire exactement pourquoi, mais c’est à ce moment-là que je me suis dit “c’est maintenant !” Comme quoi, les vocations peuvent prendre de bien étranges chemins. Je me suis donc décidé à ouvrir mon échoppe de vins et spiritueux à travers la franchise Cavavin.

Comment est née votre passion pour le vin ?
J’ai toujours baigné dans un milieu familial d’épicuriens et d’amateurs de bons vins, champagne et bourgogne essentiellement. Je pense avoir appris à servir le champagne à l’âge de dix ans ! La première émotion œnologique dont je me souviens, reste la découverte d’un gevrey-chambertin que nous avions dégusté en famille quand j’avais seize ou dix-sept ans. J’ai malheureusement oublié le domaine et le millésime, mais ce souvenir ne m’a pas quitté depuis. Cette passion du vin, je l’ai cultivée tous les jours depuis vingt ans avec mon épouse et collaboratrice à la cave, fille de viticulteur dans la région de l’Armagnac. J’ai également une passion pour les spiritueux depuis mon passage au service comptabilité d’un importateur français de spiritueux, il y a une dizaine d’année.

Qu’est-ce qui vous passionne dans ce métier de caviste ?
Ce métier est une découverte permanente. On découvre toujours de nouveaux domaines, de nouveaux terroirs, de nouvelles sensations et même parfois de nouvelles boissons dont on ignorait l’existence. C’est un perpétuel renouveau. Mais par-dessus tout, la découverte la plus importante, c’est celle des gens. Les vignerons, distillateurs et brasseurs qui font vivre notre milieu, mais aussi et surtout les clients qui, chaque jour, nous font confiance et que nous accompagnons.

Vos vins, spiritueux et/ou autres boissons alcoolisées favoris sont…
Le choix est très vaste évidemment, mais cette année j’ai été vraiment bluffé par le domaine Elodie Balme et en particulier son Côtes du Rhône-Roaix 2018 dont j’avais entendu le plus grand bien, mais que je n’avais jamais goûté jusqu’alors. Côté spiritueux, mon dernier coup de cœur revient au whisky Nc’Nean, une nouvelle distillerie écossaise qui va faire parler d’elle bientôt. J’aime aussi des choses un peu plus exotiques, comme le saké et en particulier un saké français appelé « Les Larmes du Levant ».

Pourquoi avez-vous décidé de participer au Concours du Meilleur Caviste de France ?
J’aime me lancer des défis et je voulais voir de quoi j’étais capable. Je pense également qu’un concours comme celui-ci est important pour la crédibilité de notre profession. Plus nous serons nombreux à y participer, plus les cavistes seront visibles.

Comment vous y êtes-vous préparé ?
Même si nous le faisons autant que possible d’habitude, nous avons passé nos vacances d’été dans le vignoble (Bourgogne, Sud-Ouest et Loire). Mon épouse m’organise des dégustations à l’aveugle le soir, et m’interroge régulièrement sur différents sujets. L’entraînement est très intense.

Votre état d’esprit à moins d’un mois de la grande finale ?
Même si je reste serein pour l’instant, je sais que la marche à franchir sera haute, et que je suis face à des concurrents de grand talent.

Et si vous gagniez le Concours, ce serait…
Une bonne nouvelle ! Plus sérieusement, si je gagnais, j’espère que cela me donnerait un élan supplémentaire sur certains projet périphériques à l’activité de la cave. J’aimerais en particulier mettre en place une formation sur les spiritueux destinée aux professionnels du secteur.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 7 Oct 2020 12:30

[Meilleur Caviste de France] Portrait de finaliste : David Morin – La Cave de Villiers sur Marne

Jusqu’au 19 octobre, jour de la grande finale de cette édition 2020 du Concours de Meilleur Caviste de France, nous vous présentons chacun des huit finalistes de la compétition. Aujourd’hui, portrait de David Morin, caviste à La Cave de Villiers sur Marne, à Villiers sur Marne (94).



David Morin, pouvez-vous vous présenter et exposer brièvement votre parcours ?
J’ai 36 ans. A la base, j’ai une formation de technicien viti-œno. Je me suis essayé à la vinification dans l’hémisphère nord, où j’ai œuvré dans le Bordelais et le Val-de-Loire, et dans l’hémisphère sud, trois fois en Australie et une fois en Nouvelle-Zélande. Je suis caviste depuis 2010, j’ai officié pendant sept ans comme chef de cave au sein de la maison Hédiard à Paris. C’est en mars 2018 que j’ai créé ma propre enseigne, La Cave de Villiers Sur Marne, à l’est de Paris.

Comment est née votre passion pour le vin ?
On peut le dire, j’étais un cancre à l’école. Par le biais de ma famille, j’ai fait un stage dans le vin à l’âge de quatorze ans, et ça a été la révélation ! J’ai donc passé mes diplômes de bac pro puis BTS vigne et vin. Je voulais être vigneron, et finalement ma vie s’est déroulée autrement. J’ai rencontré ma femme lors d’un mariage de vigneron, elle résidait à Paris, donc je suis monté la rejoindre et je suis devenu caviste.

Qu’est-ce qui vous passionne dans le métier de caviste ?
De toucher à tout, des petits comme des grands domaines, de goûter des appellations connues ou méconnues, de rencontrer des vignerons sympathiques et de découvrir leurs méthodes de travail, de dialoguer avec eux pour ensuite communiquer sur leurs produits auprès de mes clients.

Vos vins, spiritueux et/ou autre boisson alcoolisée favoris sont…
Tout ! Je suis curieux de nature, et ça m’amène toujours à aller goûter des choses nouvelles. Par exemple, dernièrement, j’ai redécouvert les vins oranges des Pouilles et de Grèce.

Pourquoi avez-vous décidé de participer au Concours du Meilleur Caviste de France ?
Il faut toujours se confronter à d’autres, pour savoir le niveau que l’on a et voir ce que l’on vaut. A Cavistes Dating 2019, la journaliste qui m’interviewe actuellement m’a dit que je devrais tenter le Concours, car j’aurais certainement mes chances, alors je me suis dit “pourquoi pas moi” et j’ai foncé !

Comment vous y êtes-vous préparé ?
Ma préparation c’est de faire ce métier de caviste depuis dix ans. On déguste, on rencontre des vignerons, on parle de terroir, d’appellations, de vins… Sans eux, on ne serait rien !

Votre état d’esprit à moins d’un mois de la grande finale ?
Aujourd’hui, serein. Je pense que le jour J je le serai un peu moins, je serai certainement dans mes petits souliers, et très concentré… Mais je vais tenter de faire comme lors des qualifications, d’y aller sans pression, pour m’amuser et donner du plaisir au public et au jury !

Et si vous gagniez le Concours, ce serait…
Une belle preuve de reconnaissance par la profession, et une occasion de mettre le métier de caviste en avant.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 7 Oct 2020 12:59

[Meilleur Caviste de France] Portrait de finaliste : Franck Naudot – Les Caves Naudot

Jusqu’au 19 octobre, jour de la grande finale de cette édition 2020 du Concours de Meilleur Caviste de France, nous vous présentons chacun des huit finalistes de la compétition. Aujourd’hui, portrait de Franck Naudot, caviste aux Caves Naudot, à Gannat et Bellerive-sur-Allier (03).



Franck Naudot, pouvez-vous vous présenter et exposer brièvement votre parcours ?
Franck Naudot, 50 ans, caviste depuis quinze ans. Après avoir flatté mon ego en devenant directeur d’une société dans l’agro-alimentaire, je me suis rendu compte que je n’étais pas pour autant épanoui. J’ai donc décidé à 35 ans d’arrêter de rêver ma vie, et décidé de vivre mes rêves. J’avais besoin de relations, de sources d’inspiration, de passion, d’éthique, et c’est naturellement que je me suis retourné vers ma passion première : le vin. Je suis donc devenu caviste, membre actif de la Fédération des Cavistes Indépendants et membre du Syndicat des Cavistes Professionnels depuis sa création en 2011. Aujourd’hui, j’ai deux caves dans l’Allier et une équipe formidable qui m’accompagne.

Comment est née votre passion pour le vin ?
Dès mon plus jeune âge, dans la cave de mon père où j’aimais me réfugier. Les odeurs de cette cave resteront à jamais gravées dans ma mémoire. N’ayant pas l’âge de boire du vin, je me suis intéressé aux vignerons, aux terroirs, aux cépages et à l’histoire du vin.

Qu’est-ce qui vous passionne dans ce métier de caviste ?
Les rencontres ! Il y a tant de vignerons passionnants à découvrir, à aimer. Tant de clients qui vous font confiance, qui vous amènent à leurs tables, qui se délectent des vins que vous leur avez vendus, mais aussi des conseils et des histoires que vous leur avez racontées.

Vos vins, spiritueux et/ou autres boissons alcoolisées favoris sont…
La vie est faite de rencontres et d’échanges, et les vins qui ont jalonné ce chemin de vie ont été nombreux, mais surtout différents, parce qu’ils correspondaient à des moments différents. Je ne peux vous répondre aujourd’hui sans une pensée pour tous les vins que j’ai aimés avant, et tous ceux que je vais aimer demain. Actuellement, je suis plutôt porté sur les vins blancs secs sudistes, type blancs de Provence de l’appellation Palette ou Bellet. Dans l’univers des spiritueux, pour moi le whisky reste un incontournable, mais je ne suis pas insensible au grand retour du cognac. J’ai goûté dernièrement des choses incroyables et qui mériteraient d’être plus (re)connues. Donc si je pars aujourd’hui sur une île déserte, j’emmène sous mon bras : Vino di Gio blanc (100% rolle) du domaine Clos Saint-Vincent en AOC Bellet, et Whisky Clynelish 23 ans de chez Signatory Vintage, le tout bien évidemment en magnum, c’est un minimum !

Pourquoi avez-vous décidé de participer au Concours du Meilleur Caviste de France ?
D’abord pour me jauger, voir quelles étaient mes forces et mes faiblesses. Ensuite pour me retrouver entre collègues, car on a toujours à apprendre des autres. Puis pour encourager et soutenir tous ceux qui se démènent pour faire vivre ce concours et mettre en avant notre profession. Enfin, je trouve cette adrénaline des concours extrêmement stimulante !

Comment vous y êtes-vous préparé ?
Après la finale en 2018, j’ai compris que j’avais encore beaucoup de travail pour élever mon niveau. Un travail avant tout sur moi-même. J’ai perdu dix kilos, je me suis remis au sport, et j’ai dans mon entourage un coach personnel qui me donne régulièrement des conseils. Bref, j’ai préparé ce concours comme un sportif prépare son épreuve. De l’entraînement certes, mais surtout du mental. Lors de la finale précédente, j’ai eu du mal à gérer mon stress car je n’avais peut-être pas le niveau suffisant à l’époque. J’ai joué, j’ai perdu, mais j’ai beaucoup appris.

Votre état d’esprit à moins d’un mois de la grande finale ?
Prêt, serein, confiant. Certes, il reste moins d’un mois, mais pour moi, la finale a commencé il y a deux ans et je n’ai jamais relâché la pression.

Et si vous gagniez le Concours, ce serait…
L’occasion de faire parler de mon métier, de devenir l’ambassadeur pour deux ans de cette si belle profession. Un moyen aussi de dire merci à tous ceux que j’ai rencontrés, et grâce à qui je suis devenu ce que je suis.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 7 Oct 2020 13:01

[Meilleur Caviste de France] Portrait de finaliste : Matthieu Potin – La Vignery

Jusqu’au 19 octobre, jour de la grande finale de cette édition 2020 de la compétition, nous vous présentons chacun des huit finalistes. Aujourd’hui, portrait de Matthieu Potin, caviste à La Vignery de Saint-Germain-en-Laye (78).



Matthieu Potin, pouvez-vous vous présenter et exposer brièvement votre parcours ?
J’ai bientôt 33 ans, je suis caviste depuis douze ans sous la même enseigne La Vignery. J’ai commencé ma formation par l’école hôtelière de Granville (50), puis j’ai poursuivi par un apprentissage en brevet professionnel dans un restaurant gastronomique. Je suis arrivé en région parisienne en 2006, où j’ai travaillé en restaurant gastronomique, puis j’ai rejoint le monde des cavistes en 2008.

Comment est née votre passion pour le vin ?
J’ai depuis toujours une attirance pour les liquides en général, cela vient peut-être de mon enfance où on mettait en bouteille avec mon père le vin des côteaux du Layon que l’on recevait en vrac. Ensuite, en restauration, j’ai toujours trouvé beaux les métiers de barman ou sommelier. L’envie de devenir caviste s’est imposée naturellement en souhaitant approfondir mes connaissances.

Qu’est-ce qui vous passionne dans le métier de caviste ?
C’est un métier de passionné ou vous n’avez pas le sentiment de travailler. J’aime aussi le fait que bien souvent, c’est un métier de polyvalence, entre conseiller clientèle, gestionnaire de stock, comptable, livreur, sommelier, webmaster…

Vos vins, spiritueux et/ou autre boisson alcoolisée favoris sont…
Dans les vins, j’admire les vins de Bordeaux pour leur équilibre et l’organisation du vignoble, mais mon vin préféré est le Mas de Daumas Gassac. Parmi les alcools, j’aime beaucoup la Chartreuse, avec son incroyable histoire.

Pourquoi avez-vous décidé de participer au Concours du Meilleur Caviste de France ?
Cela fait plusieurs éditions que je persiste… J’ai l’envie de mesurer mes forces et faiblesses pour continuer à progresser et rendre fiers les miens.

Comment vous y êtes-vous préparé ?
J’ai la chance d’avoir une équipe en magasin qui me permet de partager énormément. Est-ce que cela suffira ? On le verra le 19 octobre !

Votre état d’esprit à moins d’un mois de la grande finale ?
Plein d’énergie, d’envie, heureux, je vais tout faire pour être au top !

Et si vous gagniez le Concours, ce serait…
La grande fête ! Et je rendrais ma maman heureuse et fière d’avoir cru en mes passions.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Sam 10 Oct 2020 08:14

Forte réduction de la dose de glyphosate autorisée sous le rang de vigne

Selon les conclusions de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, l'herbicide reste autorisé sous le rang mais à une dose de 450 g/ha/an. Il est interdit entre les rangs sauf dans les vignes en forte pente, en terrasse ou caillouteuse.



L’Anses a publié ce 9 octobre, ses conclusions  sur l’évaluation des alternatives non chimique au glyphosate et la liste des usages pour lesquels le glyphosate n’est pas substituable à court-terme. En viticulture, le recours au glyphosate reste autorisé sous le rang, sur 20 % de la surface maximum des parcelles et à une dose limitée à 450 g/ha/an, soit une réduction de 80 % de la dose par rapport à celle actuellement autorisée. Entre les rangs, il est interdit sauf dans les parcelles non mécanisables : en forte pente, en terrasse et caillouteuse. Il reste également autorisé dans les vignes mères de porte-greffe.
 «Sous le rang avec la limite à 450 g/ha/an, le viticulteur ne pourra faire quasiment qu’une seule application. Un grand nombre de viticulteurs vont devoir faire évoluer très vite - dès 2021 - leurs méthodes de désherbage. C’est une évolution en marche forcée », explique Jean-Pierre Van Ruyskensvelde, le directeur général de l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV).

Les modalités restent à préciser

En outre, plusieurs questions restent à ce jour en suspens. Qui va évaluer les situations où le glyphosate peut être conservé en plein ? Le viticulteur lui-même ? Et qu’entend-t-on par forte pente ? Par sol caillouteux ? Aujourd’hui ces modalités restent à préciser.

L’Anses précise que désormais elle prend en compte ces restrictions pour renouveler ou délivrer les autorisations de mise sur le marché (AMM) des produits à base de glyphosate, soit dans un délai de 6 mois. « Cette limitation des conditions d’emploi et des doses par hectare contribuera à réduire dès 2021 les quantités de glyphosate utilisées en France », explique l’Anses.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Sam 10 Oct 2020 08:21

J'ai entendu cette info Ă  la radio hier, j'ai d'abord cru Ă  une blague...mais non!

Pour ne parler que des vignerons, ils ont donc le droit ( sauf exceptions citées dans l'article ) de mettre du glyphosate sous le rang mais pas entre les rangs... :? :roll:

J'aurais envie de réagir mais je n'ai pas de mots...

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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Dim 11 Oct 2020 10:39

Interdiction du glyphosate : un rapport enterre la promesse présidentielle

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a publié vendredi 9 octobre un rapport sur le glyphosate. Il prévoit que les produits à base de cet herbicide — comme le Roundup — ne seront plus utilisés dans certaines situations. Mais le rapport reste bien loin de la promesse présidentielle d’interdiction formulée il y a trois ans.




L’usage du glyphosate va-t-il être — à défaut d’interdiction — fortement réduit ? C’est ce que pourrait laisser penser un rapport de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) rendu public le vendredi 9 octobre. Il définit quels sont les usages pour lesquels l’institution n’autorisera désormais plus la mise sur le marché des préparations à base de cet herbicide. « L’usage de la substance est dorénavant restreint aux situations où le glyphosate n’est pas substituable à court terme », indique l’Agence dans un communiqué.

Mais une lecture plus précise du document montre que les situations dans lesquels le glyphosate pourra encore être épandu restent finalement nombreuses. « Il y a deux manières de voir ce rapport, commente Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne, syndicat agricole militant pour l’interdiction du glyphosate. Soit on se dit que ça avance, car ils obligent à se passer de glyphosate pour certaines pratiques. Soit on remarque qu’il y a encore beaucoup d’exceptions. » « Une réduction, c’est bien. Mais il y a trois ans, le but était d’en sortir ! »rappelle François Veillerette, porte-parole de l’association Générations futures.

L’objectif du rapport de l’Anses était de « déterminer les usages pour lesquels cette substance peut être substituée par des moyens non chimiques et d’identifier les situations d’impasse », explique-t-elle. Le document reprend les travaux de l’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) sur le glyphosate, et aborde en détail l’arboriculture, la viticulture, les grandes cultures et la forêt. Mais, la définition des alternatives viables s’avère finalement assez restrictive, car celles-ci doivent être « d’usage courant », précise l’agence, et permettre « de répondre à court terme aux besoins des professionnels, sans nécessiter une modification substantielle des pratiques, qui aurait un fort impact sur l’activité agricole ».

Un seul progrès est à noter, la dose maximale est réduite pour les arbres fruitiers 

Ainsi, les situations où l’Anses considère que l’utilisation du glyphosate peut être interdite ne sont finalement pas si nombreuses que cela, et ne risquent pas de changer la face de l’agriculture française. « L’Inrae parlait de 80 % de réduction mais, finalement, ce sera 50 % au mieux », analyse François Veillerette.

Pour la culture des arbres fruitiers et de la vigne, l’Anses valide ainsi l’interdiction du glyphosate pour désherber dans les allées entre les rangs. Mais elle signale également que dans 89 % des parcelles de fruitiers, il n’est déjà plus utilisé : on laisse tout simplement pousser l’herbe, et on la tond. En vigne, la proportion est moins élevée, mais l’usage est déjà répandu. L’interdiction du glyphosate pour cet usage précis « n’aura donc que très peu d’effet sur les quantités utilisées », conclut Générations futures.

En revanche, c’est entre les troncs et les ceps, là où la tondeuse ne passe pas, que le glyphosate est plus fréquemment utilisé. Des machines existent pour désherber et éviter l’herbicide. « Mais le rapport dit qu’il faudrait 20 ans, au rythme actuel de production de ces machines, pour équiper l’ensemble des arboriculteurs. On pourrait augmenter leur rythme de production. Et puis, d’autres alternatives sont insuffisamment explorées, comme le fait de semer des engrais verts », déplore Emmanuel Aze, arboriculteur et membre de la Confédération paysanne. Le principal usage du glyphosate en arboriculture et en viticulture reste donc inchangé.

L’absence de végétation au pied de cette vigne de l’Aude est due à la pulvérisation de glyphosate.

Un seul progrès est à noter, la dose maximale est réduite pour les arbres fruitiers à 900 grammes par hectare et par an, alors que la moyenne actuelle est à 1.139 grammes par hectare et par an. Pour la vigne, il est recommandé de réduire la surface traitée au glyphosate à 20 % de la parcelle maximum, soit uniquement l’espace sous les vignes (et donc entre les ceps). Une exception est en revanche faite pour les cépages plantés en forte pentes — ou « parcelles non mécanisables », selon les termes de l’Anses. Là, le glyphosate reste autorisé en toutes circonstances.

Pour la forêt aussi, l’évolution des usages paraît finalement limitée. La seule interdiction prononcée concerne la « dévitalisation »des souches. Pour le reste, le désherbage mécanique est considéré comme trop cher par rapport à l’utilisation d’un herbicide, mais avant tout pour les forestiers privés, car l’ONF (Office national des forêts) est déjà équipée en machines. En effet, l’institution a décidé en 2018 d’abandonner l’usage du glyphosate. « L’ONF fait mieux que l’Anses », note François Veillerette.

Restent les grandes cultures (blé, soja, maïs, etc.), pour lesquelles l’Anses n’identifie qu’une seule situation où le glyphosate peut-être interdit : quand la parcelle est labourée entre deux cultures. Elle explique bien qu’un nombre important d’alternatives au glyphosate existent, et sont utilisées par les agriculteurs bio. Mais elles sont éliminées, car ne sont pas « d’usage courant ». « Elles nécessitent (…) une réorganisation totale de l’exploitation agricole, des filières et des débouchés et ne peut donc être généralisée immédiatement à la production nationale », explique l’agence. Elle ne retient donc qu’une seule solution viable : le labour, qui permet de retourner le sol et de limiter le développement des « mauvaises » herbes.

Une sortie du glyphosate n’est possible qu’avec un changement de système agricole 

« Le labour est très utilisé, donc cela va poser problème dans les cultures de plaine », reconnaît François Veillerette. Mais il s’inquiète des nombreuses possibilités de dérogations, comme pour les techniques de culture dites sans labour. « Beaucoup de producteurs risquent de déclarer qu’ils ne font qu’un travail superficiel du sol, et personne n’ira vérifier la profondeur à laquelle il vont ! »alerte-t-il.

François Veillerette dénonce aussi de fausses annonces sur les chiffres. L’Anses annonce une réduction de 60 % de la dose annuelle autorisée sur les grandes cultures, à 1.080 g par an et par hectare. Mais son rapport indique que, actuellement, la majorité des producteurs sont déjà en dessous, puisque la dose moyenne utilisée était de 824 grammes par hectare en 2017.

L’Association générale des producteurs de blé (AGPB) annonce cependant un « effet économique considérable » en raison de « pertes de rendement, surcoûts de main-d’œuvre, achat et utilisation de matériel spécifique, augmentation de charges », liste-t-elle.

« C’est vrai que le glyphosate est une arme de compétitivité imbattable », reconnaît Nicolas Girod. « Finalement, ce que ce rapport appelle des impasses techniques sont des impasses économiques. Ce qu’il montre, c’est que, pour se passer de glyphosate, il existe des solutions, mais elles vont demander plus de temps, de main-d’œuvre, de passages. »

Pour le syndicaliste, une sortie du glyphosate n’est possible qu’avec un changement de système agricole. Fermes plus petites, rémunération du travail des producteurs à sa juste valeur, réorientation des subventions européennes vers les emplois plutôt que vers les hectares… « D’ailleurs, le rapport de l’Anses donne des chiffres très éclairants : les fermes en grandes cultures de moins de 150 ha utilisent du glyphosate sur seulement 14 % de leur surface, contre 40 % pour les fermes de plus de 350 hectares. Les trop grandes fermes obligent à simplifier les pratiques, et à utiliser le glyphosate par manque de temps. »

Un « monde d’après » agricole qui resterait encore lointain, craint François Veillerette : « Ce rapport risque de figer les choses pour un moment. » Emmanuel Macron avait fait la promesse de sortir du glyphosate il y a presque trois ans, le 27 novembre 2017. Par la suite, en mai 2018, le gouvernement et sa majorité avaient refusé d’inscrire l’interdiction du glyphosate dans la loi. Mais le rapporteur général du projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation, Jean-Baptiste Moreau, affirmait alors : « J’ai confiance en la parole du Président, il reste engagé sur les trois ans. » Désormais, la promesse présidentielle semble bel et bien enterrée.



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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Dim 11 Oct 2020 10:46

Les vendanges de Bordeaux 2020 : l’optimisme face à l’incertitude

Malgré les circonstances sans précédent de cette année, mère nature n'a pas eu d'autre choix que de persévérer. Nous nous sommes rendus à Bordeaux en septembre pour nous faire une idée de la récolte.



Après neuf mois turbulents, 2020 s'annonce être encore un excellent millésime pour Bordeaux, bien que ses vignes aient connu leurs propres hauts et bas. En dehors du désarroi macro-économique, 2020 s'est avérée être également être une saison viticole incertaine – les régimes climatiques (voirmicro-climatiques) ont été plus influents que jamais. De petites zones des deux rives ont eu de la grêle, et les précipitations ont différé de centaines de millimètres d'une propriété à l'autre. Avec un peu de chance, c'est un millésime que le commerce international pourra déguster au printemps prochain - et la dégustation sera cruciale afin d'obtenir une compréhension globale des meilleurs exemples du millésime.

Le point commun entre plusieurs propriétés fut une récolte précoce. Des vendangeurs masqués se dispersaient dans de nombreux vignobles jusqu’à deux semaines en avance par rapport à une année dite "normale". En effet, Monbousquet a commencé à récolter ses raisins blancs fin août – une quinzaine de jours plus tôt que l’an dernier. Chez Château Pavie les raisins merlot ont commencé à être récoltés le 21 septembre – neuf jours plus tôt qu’en 2019 (voir photo ci-dessous le 22 septembre).

Vendangeuses masquées triant les raisins merlot de Pavie 2020 (22 septembre 2020)

À Saint-Émillion, Pavie a connu des précipitations plus faibles en 2020 que dans certaines parties du Médoc, par exemple. Son vignoble positionné à une altitude supérieure sur le versant sud de son célèbre plateau calcaire permet à la fois la maturité phénolique et le maintien de la fraîcheur. Son nouveau directeur commercial, Olivier Gailly, note que les averses durant les vendanges ont également contribué à cette fraîcheur, en assouplissant les cabernets avant leur récolte, et que les vents élevés qui ont suivi ont séché les raisins, empêchant le mildiou.

À quelques kilomètres au nord-ouest, une autre star de Saint-Émilion, Angélus, n'a pas connu de vendanges particulièrement précoces en 2020, commençant le 15 septembre. Le domaine a connu du mildiou en début de saison, qu'il a réussi à contrôler avant une bonne floraison. Manager de la huitième génération, Stéphanie de Boüard est confiante dans le nouveau millésime, l'alignant même avec l'iconique 1947 ou 2010 - "mon père m'a dit de ne pas avoir honte de le dire", note-t-elle à propos de la comparaison. Le 2020 s'annonce être riche en alcool, mais avec un pH plus bas, créant une fraîcheur et un équilibre général encouragés par les pluies de mi-récolte. "Cette année, les dates de vendanges ont été plus importantes que jamais", ajoute-t-elle, afin de retenir "l'éclat de fruit" plutôt que de risquer des "fruits plus cuits ou confits" en poussant trop loin la maturité.

Plus au nord-ouest toujours à Pomerol, Beauregard a également reçu des pluies indispensables lors des vendanges, ce qui a également contribué à adoucir la peau de ses raisins de cabernet. La sécheresse estivale était plus apparente ici, répétant le phénomène 2018 de stress hydraulique sur les vignes, et entraînant un rendement inférieur à celui de 2019.

Dans le Médoc, davantage de propriétés ont connu les mêmes conditions climatiques chaudes et sèches en 2020, ce qui a donné des petits raisins avec un potentiel alcoolique élevé et une acidité plus faible. À Margaux, d’Issan a constaté 16% de potentiel d’alcool dans certains raisins merlot (le plus élevé jamais enregistré) et par conséquent a accueilli chaleureusement les averses de la mi-septembre. Son voisin Palmer a anticipé la pluie et a retardé les vendanges des cabernet sauvignon jusqu'à ce qu'elle vienne et reparte, assurant un adoucissement de la peau des baies et une réduction globale du pourcentage d'alcool. Le domaine a vu des rendements limités en raison de l'été sec, à propos desquels le directeur général, Thomas Duroux, plaisante "le négoce aurait aimé un millésime avec beaucoup de volume et pas cher, et ce sera un petit millésime… " S'il craint que le 2020 sera plus cher qu'espérait le négoce, il s'attend néanmoins à ce qu'il soit "riche et exubérant", partageant le pouvoir et la concentration du 2018.

À Saint-Julien, propriétaire de Branaire-Ducru, François Xavier Maroteaux décrit une saison viticole 2020 d’un bel équilibre. Le domaine a connu un "automne pluvieux après la récolte de 2019", ce qui a permis d’éviter le stress hydraulique dû à la sécheresse au cours de la nouvelle saison viticole. Alors que l’été commençait à se dessécher, le domaine a enregistré 100 millimètres de pluie sur une courte période (fin août) suivis d’un début septembre ensoleillé et chaud. La saison elle-même, dit Maroteaux, est similaire au millésime 2011.

À Pessac-Léognan, Malartic-Lagravière s’attend à un vin concentré en 2020, ayant également vu des volumes réduits de baies souvent petites en raison de la chaleur. Leur voisin, Domaine de Chevalier, a fait écho à ce sentiment, et nous avons été surpris d’apprendre du propriétaire, Olivier Bernard, qu’il n’y avait pas eu une goutte de pluie au domaine la veille de notre première visite (21 septembre), malgré la pluie tout au long de la même journée dans le Médoc ainsi qu'à Bordeaux.

Le dernier jour de vendanges au Domaine de Chevalier (30 septembre 2020)

"Il y a eu beaucoup de choix à faire cette année", poursuit-il –l'un d'entre eux étant sans aucun doute faire confiance ou non aux prévisions météorologiques, notamment autour des vendanges. Puisque moins d'avions volaient, les prévisions étaient moins précises, nous dit Bernard, et alors que la pluie tombait plus au nord, Pessac restait souvent sec. Bernard explique que les dates de vendanges étaient serrées en 2020 : "au lieu de quatre jours où les raisins sont bons à cueillir, il y en a un" - car la sécheresse et la chaleur faisaient monter l’alcool, et l’acidité s’épuisait rapidement.

Nous attendons donc un autre "millésime de vigneron". Reflétant les mers commerciales agitées de cette année, Bordeaux a également dû naviguer sur des vagues viticoles imprévisibles. Ce que nous avons entendu de la récolte 2020 jusqu'à présent nous laisse néanmoins avec de l’espoir,anticipant avec impatience les dégustations en primeur du printemps prochain.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Hugo B. » Dim 11 Oct 2020 14:20

Un nouveau millésime du siècle :cheers:
Bien cordialement,
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Dim 11 Oct 2020 16:03

La France championne du monde de dégustation à l’aveugle au château Smith Haut-Lafitte !


L’équipe de France a été sacrée championne du monde 2020 de dégustation à l’aveugle samedi 10 octobre 2020, à l’issue de la finale organisée par La Revue du Vin de France au Château Smith Haut-Lafitte, près de Bordeaux.

Inspirés et déterminés, les Français ont dominé pour la seconde année consécutive en finale les Chinois, seconds. Les vaillants Suédois et Finlandais montent ex-æquo sur la troisième marche du podium avec 114 points. Les Français réalisent un doublé historique : jamais une équipe n’avait remporté deux fois de suite le Championnat. Grâce à cette victoire, la France devient également la nation la plus couronnée du Championnat, avec trois victoires depuis sa création en 2012.

La plupart des équipes ont bravé les difficultés liées à l’épidémie du Covid pour rallier la France malgré les soucis de transport et participer à cette compétition très relevée. Il fallait identifier 12 vins du monde pour l’emporter. Un exercice particulièrement délicat lorsqu’il s’agit de reconnaître à l’aveugle un tempranillo 2017 du domaine Picaro Del Aguila en Espagne ou un très inattendu chasselas 2015 de la cave des Tilleuls, en Suisse. Après un premier décompte de points, les 10 meilleures équipes se sont affrontées lors d’une ultime manche autour de 4 vins supplémentaires, dont un chardonnay 2016 d’Ata Rangi élaboré dans le Martinborough, en Nouvelle Zélande. 

Les brillants vainqueurs, le psychanalyste Éric Bordas, les aiguilleurs du ciel Emmanuel Olive et Christophe Boyet et le négociant François Breteau, régional de l’étape ainsi que leur coach Vincent Mercier, professeur des écoles en retraite, se succèdent à eux même puisque les Français avaient été sacrés en 2019, au château de Chambord.

Cette victoire illustre les progrès des dégustateurs français, longtemps à la peine lors des dégustations internationales de vins étrangers.

Les vins dégustés

Vin N°1 :
Cépage principal : Chardonnay
Pays : France
Appellation : Champagne
Producteur : Ayala
Millésime : 2013

Vin N°2 :
Cépage principal : Chasselas
Pays : Suisse
Appellation : Vetroz
Producteur : Cave des tilleuls
Millésime : 2015

Vin N°3 :
Cépage principal : Chardonnay
Pays : France
Appellation : Meursault
Producteur : Buisson Charles
Millésime : 2012

Vin N°4 :
Cépage principal : Corvina 70%, Rondinella 17%, Molinara 3%
Pays : Italie
Appellation : Amarone della Valpolicella
Producteur : La Dama
Millésime : 2015

Vin N°5 :
Cépage principal : Cabernet sauvignon 50%, syrah 50%
Pays : Australie
Appellation :
Producteur : Penfolds
Millésime : 2018

Vin N°6 :
Cépage principal : Grenache
Pays : France
Appellation : Chateauneuf-du-Pape
Producteur : La Janasse Chaupin
Millésime : 2000

Vin N°7 :
Cépage principal : Tempranillo 95%, grenache 5%
Pays : Espagne
Appellation : Ribera del Duero
Producteur : Picaro del Aguila
Millésime : 2017

Vin N°8 :
Cépage principal : Riesling
Pays : Allemagne
Appellation : Moselle
Producteur : Van Volxem
Millésime : 2018

Vin N°9 :
Cépage principal : Chardonnay
Pays : Nouvelle Zélande
Appellation : Martinborough
Producteur : Ata Rangi
Millésime : 2016

Vin N°10 :
Cépage principal : Pinot noir
Pays : États-Unis
Appellation : Santa Cruz Mountains
Producteur : Lilo Vineyard
Millésime : 2014

Vin N°11 :
Cépage principal : Merlot 70%, cabernet franc 30%
Pays : France
Appellation : Saint-Émilion Grand Cru
Producteur : Valandraud
Millésime : 2011

Vin N°12 :
Cépage principal : Scheurebe
Pays : Autriche
Appellation : Burgenland
Producteur : NekowitschMillésime : 1998


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Messagepar Thierry Debaisieux » Dim 11 Oct 2020 16:21

Merci, Alex, pour la copie d'article.

Un grand Bravo Ă  eux :appl:

Je constate qu'il y avait un Meursault de Patrick dans les 12 vins.
Bien cordialement,
Thierry Debaisieux
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Messagepar Lalex » Lun 12 Oct 2020 08:17

Champagne Egly-Ouriet, la discrétion d’un vigneron-star

Pour tous les amateurs, Francis Egly fait partie des figures incontournables parmi les vignerons de la Champagne. Sur son domaine de 15 hectares, à Ambonnay (Montagne de Reims), il fait les vins qu’il aime et dresse un bilan mitigé de ces vendanges 2020.



Pour rencontrer Francis Egly, il faut accepter un rendez-vous “à l’heure du thé”. Avec un domaine de 15 hectares sur les grands crus d’Ambonnay, Bouzy et Verzenay (70% pinot noir, 30% chardonnay), 2 hectares en premier cru (meunier) sur le terroir de Vrigny et 3,25 hectares à Trigny (Massif de Saint-Thierry), l’un des vignerons les plus en vogue de la Montagne de Reims n’a guère le temps de s’épancher. Réputé pour être un homme discret, Francis Egly n’en n’est pas moins bavard quand il “joue à domicile”. Épaulé par sa fille, Clémence, dont le caractère est calqué sur celui de son père, et Charles, son fils, Francis Egly s’applique en famille à faire rêver les aficionados des champagnes “à déguster au moins une fois dans sa vie.”

Egly mania

Ce qu’on pourrait qualifier “d’Egly mania” auprès des amoureux de belles bulles tient en fait à peu de choses. Des raisins cueillis à maturation parfaite, des cuvées aux trames droites avec à la clef un bouquet d’arômes explosifs. Si ce n’est pas une recette miracle, elle est exécutée avec précision.
Avec près de 40 vendanges au compteur, Francis Egly n’a pas attendu que la Champagne lui dicte un code de bonne conduite. “J’ai toujours labouré mes sols, je n’utilise pas d’insecticides et le domaine est en confusion sexuelle, à Ambonnay, nous avons été les premiers il y a 20 ans.”
Dans son chai, sous les arceaux lumineux, 300 fûts du tonnelier bourguignon Dominique Laurent témoignent de la sobriété et de la rigueur dont Francis Egly est coutumier.
“Ici, les vins sont comme dans un écrin, il n’y a pas une vis qui dépasse.” C’est peut-être un détail pour vous mais pour Francis ça veut dire beaucoup. Ces pièces bourguignonnes soigneusement alignées, au-delà de susciter l’admiration, sont aussi une marque de fabrique maison. Pour le reste, tous les vins sont élevés au minimum 3 ans en cave avant d’être commercialisés (jusqu’à 7 ans pour le Grand Cru V.P extra brut), gage de la maturité souhaitée à la dégustation. Ces marques distinctives ont séduit les amateurs qui s’arrachent les cuvées Egly-Ouriet, quitte à les porter en trophées. “Les ventes, c’est la méga folie”, avoue le vigneron.
Clémence, la benjamine, peine parfois à y croire : “Mon père a beaucoup travaillé pour en arriver là”.
Cette starification tient en la qualité des vins plus qu’à la communication de Francis Egly : “je n’ai jamais cherché personne, les personnes viennent me voir”, souligne-t-il.
Ce qui pourrait être traduit comme une pointe d’orgueil n’est en fait qu’humilité. Aussitôt franchi le pas pour rejoindre le lieu de réception du domaine, les rares photos disposées au mur témoignent de la sagesse du quinqua vigneron – seuls quelques magazines et guides peuvent mettre sur la piste.
À l’ère du “vin sur le digital”, la famille Egly ne s’encombre même pas d’un site internet. Les rares photos publiées sur leur compte Instagram, lancé depuis 2017, suffisent à mettre en joie les fidèles du domaine. Le coteau champenois rouge, à son apogée, dégusté en millésime 2013, côtoie les plus beaux pinots bourguignons, avec lesquels seul le silence peut s’accorder.

Des vendanges 2020 en demi-teinte

Francis Egly ne cache pas son désarroi face à la décision de l’abaissement du rendement vendange 2020 (8000kg/ha) acté in extremis à la mi-août par les instances champenoises.
“8000 Kg, ce n’est pas assez. C’est une grande année. Quand la nature vous donne tout ça, il faut le prendre”, ajoutant qu’à l’avenir “il y aura de moins en moins de vins à vendre.”
Il rejoint la perspective donnée par le Comité Champagne instaurant un triptyque qualitatif “2018, 2019, 2020”, nuançant cependant : “la moins bonne année est peut-être 2018 avec des raisins trop abondants, des grappes excessives.” Et de poursuivre : “L’année 2020 a été excellente, le réchauffement climatique nous a porté chance, les vendanges sont plus hâtives et nous avons automatiquement des raisins plus sains, plus matures. Nous millésimerons probablement même si je ne veux pas me précipiter.”


A déguster (au moins une fois dans sa vie)

Grand Cru Blancs de Noirs Vieilles Vignes (118€)
100% pinot noir vieilli en fûts de chêne
60% base 2013 et 40% 2012
Dosage 2gr/l
Des notes de fruits rouges qui traduisent de la concentration des vieux pinots, une minéralité crayeuse, une élégance et une prestance qui fait de ce blanc de noirs un grand champagne. Un pinot taillé pour la table. Très bon potentiel de garde.

Coteaux champenois Ambonnay Rouge 2018 (126€)
Élevé en fût 22 mois
En maître du genre, Francis Egly redonne ses lettres de noblesse au coteau champenois.
Un vin très loin d’être austère à la texture souple et veloutée. Figue, baie de cassis, humus, un grand coteau à garder, le plus longtemps possible.


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Messagepar Lalex » Mer 14 Oct 2020 09:27

[ENTRETIEN] Une nouvelle présidence pour les Climats de Bourgogne

Chevalier-Montrachet, Clos des Mouches, Bonnes-Mares, ou encore Griotte-Chambertin… Les 1247 climats de Bourgogne, ces célèbres parcelles classées depuis cinq ans à l’Unesco, ont un nouveau protecteur. Le 17 septembre 2020, Gilles de Larouzière, président de la maison Bouchard Père et Fils, a succédé à Guillaume D’Angerville à la tête de l’association des Climats de Bourgogne. Entretien.



Avant toute chose, pouvez-vous définir ce qu’est un climat ? C’est un terroir ? Un cru ?
C’est plus que ça. Un climat c’est une parcelle viticole clairement identifiée et nommée, en général depuis des siècles, pour des qualités qui lui sont propres. Mais au-delà de cet aspect micro-terroir, chaque climat est vendangé et vinifié séparément, et le savoir-faire vigneron permet de retrouver à la personnalité du lieu de s’exprimer dans le vin. Ce n’est donc pas que géologique, c’est aussi humain. C’est bien cela que l’inscription au patrimoine mondial reconnaît : une culture particulière née d’un paysage.

Vous présidez désormais l’association responsable de ce territoire inscrit à l’Unesco. Quelles seront vos missions ?
En obtenant l’inscription d’un bien à l’Unesco, l’État français prend un engagement international, et notre association est le relai de cet engagement. Notre rôle est de protéger, promouvoir, et d’approfondir la connaissance que l’on a de ce territoire.

Comment protéger une zone abritant une telle activité économique ?
Cela reste le point le plus délicat. Les climats, ce n’est pas qu’un monument, c’est une bande de 55km du nord au sud, dédiée à la viticulture. On ne peut pas, et on ne veut pas muséifier les climats de Bourgogne. L’idée est donc d’aider les pouvoirs publics à créer une relation harmonieuse entre ces activités et la protection du site. Un exemple au hasard : dans le cas d’un projet éolien, notre rôle n’est pas de juger sa pertinence. Seulement de s’assurer que le projet ne va pas dégrader la qualité visuelle du paysage. De plus en plus, les pouvoir publics vont intégrer l’association en amont dans leur réflexion, pour que nous puissions formuler des recommandations.

Pourquoi accepter une telle responsabilité ?
La maison Bouchard Père et Fils est donateur et mécène fondateur de l’association depuis le début. Mais je voulais aller plus loin et mettre la main à la pâte. C’est dans cette démarche là que je me suis rapproché très vite d’Aubert de Villaine et de Guillaume d’Angerville [premiers présidents de l’association, ndlr] en leur demandant comment je pouvais être utile pour les climats. Quand on a la chance d’exercer une activité aussi merveilleuse, dans un environnement aussi riche en histoire, en culture, et en diversité géologique et biologique, il est normal de donner un peu en retour.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Lun 19 Oct 2020 10:55

.
OĂą va la Bourgogne ?

Je m’inscris, humblement, dans les pas de Raymond Baudouin, fondateur de la Revue du Vin de France, et de son crédo : défense du consommateur, défense de la qualité.
Adopter la posture est facile, la tenir est beaucoup plus complexe. La preuve : s’attaquer à la Bourgogne, en ce moment, n’est pas chose facile. Connaissant un succès d’estime, un incroyable engouement, la région est révérée dans le monde entier. Les vins de Bourgogne plaisent, s’échangent, spéculent dans une croissance économique importante comme la Bourgogne ne l’avait vécue depuis le règne des négociants-bourgeois au XIXe. Pourtant, à bien y regarder, cette dynamique pourrait connaitre un coup d’arrêt brutal dans les mois ou l’année à venir. Grâce, ou à cause, du succès rencontré, certains vignerons bourguignons, et en particulier la jeune génération de domaines très connus, commencent à vivre dans un monde parallèle qui les empêche de voir la réalité en face. La réalité ? Plutôt, les réalités.
D’un point de vue qualitatif tout d’abord. Si les progrès des vignerons furent importants, notamment pendant la période de la fin des années 1990 et du début 2010, il faut reconnaitre qu’aujourd’hui la qualité stagne, voire s’infléchit à la baisse. De très nombreux grands vignerons de Bourgogne connaissent une stagnation qualitative évidente. En cause, une dégénérescence des vignes, un travail viticole de moindre importance chez certains, une facilité économique qui n’invite pas à la remise en question et, il faut bien le reconnaitre, quelques millésimes pas toujours très faciles à gérer. Les aléas climatiques sont nombreux, de la grêle au gel, de la grillure à la drosophila suzukii. On le sait, c’est une vérité paysanne que d’être dépendant du climat. Mais cela n’empêche en rien les vignerons consciencieux, ceux qui réalisent un travail de fond, de réussir malgré les caprices de Dame Nature. Souvent, ce ne sont pas les plus connus. Les autres se repaissent dans une certaine satisfaction, un certain immobilisme. Les vins se vendent, pourquoi évoluer ?
Deuxième état de fait : les prix. On nous assène, depuis le début des années 2000, une logique qualitative : la nécessaire augmentation du prix prend son origine dans l’augmentation des couts de production. C’est vrai. On met aussi en avant la logique économique : « vous comprenez, la demande est très élevée et l’offre toujours aussi ridicule ». Logique qui arrange tout le monde, du propriétaire au consommateur-allocataire, car la spéculation poursuit son chemin. Pourquoi pas. Mais quid du millésime 2018 ? Devant des quantités produites parfois pléthoriques, surtout en Côte de Beaune où les rendements peuvent excéder les limites autorisées et sont parmi les plus importants de ces vingt dernières années, les vignerons maintiennent des augmentations de prix, parfois à des niveaux records, atteignant près de 100 % pour certains. Suivons la logique bourguignonne : puisque l’offre augmente en quantité importante, avec une demande stagnante, le prix devrait baisser ? Que nenni ! Certains vignerons affichent des prix de 2018 totalement délirants qui imposent à de nombreux allocataires historiques d’annuler leurs réservations.
Troisième problématique : les stocks. On le sait peu, mais certains vignerons disposent de stocks importants pour les quantités produites. On ne compte plus les chais pleins, les nouvelles structures de stockage érigées dans la hâte d’une vendange à venir. La crise sanitaire, qui a mis un coup d’arrêt à la vente en restauration, pourtant gros pourvoyeur de vins de Bourgogne, ne fait qu’accélérer le phénomène. C’est un secret de Polichinelle pour beaucoup, mais une vérité facilement vérifiable.
Et que dire de l’explosion des vins de marque? J’entends par là, des vins portant le nom du vigneron. La demande soutenue a permis de mettre en lumière certains vignerons talentueux. C’est tant mieux. Sauf que cette mise en lumière est toujours frustrante quand les quantités produites sont limitées. Alors, certains ont trouvé une astuce. Ils achètent des raisins, vinifient ou pas les vins, et apposent leurs noms sur les étiquettes. En jouant habilement sur le nom, on peut ainsi laisser croire aux consommateurs pas très renseignés qu’il s’agit d’un vin de domaine alors que c’est un vin de négoce avec une rigueur du travail viticole pas toujours à la hauteur de la notoriété de l’acheteur, rappelons-le, vigneron connu. Aussi voit-on fleurir de « nouvelles gammes » dont on peine, même pour les habitués que nous sommes, à faire la différence entre le domaine et les raisins achetés (en toute justice, le phénomène semble être le même dans le Jura ou dans d’autres régions viticoles). Appâté par le nom, le consommateur paye rubis sur l’ongle, un prix parfois trop élevé pour la qualité intrinsèque du produit. C’est ce que l’on appelle être le dindon de la farce.
Enfin, l’attitude générale. Depuis quelque temps, le légendaire accueil bourguignon en prend un coup. Alors que le Docteur Laplanche aimait à comparer dégustations bordelaises et dégustations bourguignonnes à une époque où les bordelais ne faisaient pas gouter les vins, aujourd’hui, passer du temps auprès d’un vigneron bourguignon devient une aventure bien compliquée. Même en tant que critique de vins combien de fois me suis-je fait rabrouer ou tout simplement laissé sur place suite à un rendez-vous non honoré ? On préfère recevoir les voitures rutilantes des riches asiatiques ou européens, le rapport bénéfice/temps étant bien plus important, notamment pour la jeune génération ! C’est ainsi.
Depuis 2015, la Bourgogne perd ses valeurs paysannes, sa vision vigneronne pour répondre aux sirènes financières. Certains grands vignerons, qui n’ont soi-disant plus de vin à vendre, réalisent même des barriques de Grands Crus pour de riches collectionneurs asiatiques capables de payer 3 ou 4 fois le prix du marché…et en avance s’il vous plait. La Bourgogne perd son âme et avec elle tout l’intérêt qui en a fait l’une des terres les plus dynamiques dans la France viticole. Aujourd’hui, les viticulteurs bourguignons exagèrent. Les prix sont devenus ridicules. Les marchés toussent. Les méthodes culturales s’essoufflent. Le vignoble souffre. Tout le monde se satisfait d’une situation économique florissante et n’ose penser l’avenir. Tout le monde regarde ailleurs pour ne point voir la réalité. Il est pourtant préférable de prévenir que de guérir.
Amis bourguignons, prenez conscience de cet état de fait, redorez votre blason, ouvrez à nouveau les portes des chais, relisez votre histoire et portez un constat salutaire sur des pratiques qui éloignent les consommateurs que nous sommes tous. Il n’est que temps ! Et s’il le faut, prenez exemple sur Bordeaux, une région que vous avez conspué pendant des années. À raison souvent. Mais, aujourd’hui, c’est vous qui faites la même chose ! Le Bourgogne bashing point le bout de son nez. Ce serait dommage !
Comme aimait à le dire Jean d’Ormesson, il « existe deux choses redoutables pour un écrivain : la première c’est l’échec, la deuxième le succès ».


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Lun 19 Oct 2020 11:04

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Droit au vin !

Bon, je sais, parler d’un joueur de l’Olympique lyonnais, ancien international renommé et consultant émérite aujourd’hui, et utiliser avec facétie le slogan d’un club rival, en l’occurrence l’Olympique de Marseille, tout en se permettant de le modifier est une une franche polissonnerie ou une totale inconscience, c’est selon. Eric Carrière me le pardonnera car il a le savoir-vivre de celui qui réfléchit. La preuve : avant même l’arrêt de sa carrière professionnelle en 2010, il savait que sa reconversion se ferait dans le vin. C’est dire !

De sa rencontre, en 2002, avec Stéphane Ogier, le célèbre viticulteur de Côte-Rôtie, ses racines ariégeoises et son amour du terroir lui imposent cette évidence : le vin sera au coeur de sa nouvelle vie professionnelle. Ensemble, ils achètent quelques parcelles de Condrieu et créent une cuvée Ogier-Carrière.

En 2010, sa carrière s’arrêtant, il crée les Caves Carrière à Dijon. En faisant le tour des vignerons qu’il connait, en ouvrant son carnet d’adresses, en laissant libre cours à sa passion, les propriétaires lui font confiance et les allocations de domaines renommés commencent à pleuvoir. Très vite, l’activité se développe, les ventes s’enchainent, les stocks grossissent.

En 2013, la rencontre avec Nicolas Creuzot, bourguignon de naissance et fin connaisseur des arcanes visibles et invisibles de cette région, scellera un nouveau départ. Associé-gérant, Nicolas Creuzot aidera à structurer l’ensemble et à convaincre les quelques vignerons réticents de rejoindre l’aventure. Aujourd’hui, la liste des vins fait pâlir d’envie le plus impassible des amateurs de vins.

Si je parle de Caves Carrière, car j’ai peu l’habitude de parler des revendeurs et encore moins de leur faire de la publicité, c’est parce que l’actualité est à nouveau intéressante de ce côté-ci de la Bourgogne. En effet, l’entité Caves Carriere reprend une exploitation de 5 hectares, en grande partie sur la commune de Monthélie. À l’image de sa collaboration/investissement avec Stéphane Ogier, ou même avec Laurent Lignier en 2014 à Pommard, Éric Carrière, via Caves Carrière, reprend l’exploitation via des baux et s’entoure de vignerons partenaires pour cette nouvelle aventure. L’aideront dans cette tâche des vignerons de renom tels que Jean-Baptiste Lebreuil, Laurent Lignier, Caroline Morey, Pierre-Yves Colin ou encore Jean-Claude Ramonet. « Nous estimons que Caves Carrière a un savoir-faire dans la vente de vin, mais pas pour l’élaboration de celui-ci. C’est pour cela que nous avons demandé aux vignerons, dont c’est le métier, si nous pouvions envisager cette aventure ensemble. Ainsi, chacun est dans son rôle » explique Éric Carrière.

Un beau projet qui devrait se concrétiser par une production, dès 2020, de 30 000 bouteilles par an sur les appellations :
◾Monthélie rouge et blanc
◾Monthélie villages
◾Monthélie 1er Cru
â—ľMeursault
â—ľVolnay
â—ľSantenay
â—ľBourgogne rouge et blanc.

Il ne reste plus qu’une chose : découvrir tout cela en bouteille !


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