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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Thierry Debaisieux » Mer 13 DĂ©c 2017 14:16

Bonjour, Alex.

Dans ta revue de presse de ce matin , je retiens Philipponnat et ceci:
"Le Clos des Goisses, fleuron de la maison

Acquis en 1935, le Clos des Goisses fait partie des joyaux du vignoble champenois. C’est un écrin de 5,5 hectares emmurés par soutènement, dont les vignes sont plantées à flanc de coteaux sur une pente de 40 %. Il présente l’avantage d’être en exposition plein sud, ce qui permet une magnifique maturité des raisins, et dispose d’un sol de pure craie. Il présente ainsi un extraordinaire potentiel de vieillissement. Un aussi beau terroir demande un travail d’orfèvre. C’est un délice suprême de vinosité !"


On oublie de dire que dans le Clos des Goisses, il y a maintenant Les Cintres, une "parcellaire" située au centre du Clos
http://www.philipponnat.com/documents/1 ... 006_FR.pdf
et qui est vendue deux fois plus cher.
J'ai mis en lien une page du site du Domaine Philipponnat.

On va donc me demander de croire que le fait d'extraire du Clos sa meilleure parcelle ne nuit pas à la qualité de la cuvée Clos des Goisses.
Je dois ĂŞtre un vieux con puisque je pense le contraire.

Les auteurs de l'article me semble l'avoir rédigé avec une certaine légèreté, ils ont oublié ou ignoré cet élément.

Je préfère penser à un travail fait à la va-vite plutôt qu'à une intention "commerciale" ;).
Bien cordialement,
Thierry Debaisieux
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Thierry Debaisieux » Mer 13 DĂ©c 2017 14:21

P.S.: Que pensez-vous des articles d'iDealWine?
De l'information ou de la pub?
Ce n'est pas la première fois que la lecture de l'un d'entre eux me laisse perplexe.
Bien cordialement,
Thierry Debaisieux
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 13 DĂ©c 2017 16:11

Bonjour Thierry,

J’essaie de ne mettre dans cette rubrique que les articles qui me semblent intéressants et pas les « petites infos » qui n’apportent pas grand-chose.
La présentation de la maison Philipponnat me semblait intéressante mais je ne suis pas assez "branché" Champagne pour mettre le doigt sur le point que tu soulignes ;) .

Bonne fin de journée.

Alex,
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Thierry Debaisieux » Mer 13 DĂ©c 2017 17:18

Alex,

Je ne mets pas du tout en cause le choix de tes articles.
Je lis à chaque fois ta revue de presse avec plaisir et j'apprends beaucoup de choses grâce à elle.

Je pose la question du but des articles d'iDealwine:
sont-ils destinés à informer ou à faire vendre?
Dans le cas Philipponnat, on n'évoque pas Les Cintres que je rêve de goûter un jour.
On se contente de souligner les qualités des bouteilles issues des 5,50 ha du Clos des Goisses.
Sur les Cintres, je lis:
"La cuvée "Les Cintres" du champagne Philipponnat est une parcellaire sélectionnée dans le célèbre Clos des Goisses du même domaine.
Constitué à 70% de pinot noir et 30% de Chardonnay. Cette parcelle la plus ensoleillé dévoile un champagne généreux, gorgé de fruit et complexe, d'une grande amplitude et d'une finale longue, fraîche et intense".

Et sur le Site Philipponnat:
L’expression la plus intense des parcelles centrales du Clos des Goisses.
Enlever la production de ces parcelles du Clos des Goisses a dû modifier la qualité de ses bouteilles, ce qu'on peut penser quand on voit le prix des Cintres et du Clos des Goisses.

Quand je regarde le site Philipponnat, les cuvées au top sont:
http://www.philipponnat.com/pages/les-v ... k_lorigine
Les Parcellaires des "Origines".

L'information sur les Champagne Philipponnat est agréable à lire, elle donne envie de goûter, mais elle n'est pas complète ;)

Bonne soirée,
Bien cordialement,
Thierry Debaisieux
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Jeu 14 DĂ©c 2017 13:00

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Alexandre de Lur Saluces, le sniper de Sauternes
Face aux défis d’une commercialisation déclinante, les tentatives iconoclastes sont jugées avec une certaine sévérité par l’ancien propriétaire d’Yquem, qui n’épargne pas ses camarades vignerons en scuds.




Gardien du temple à Sauternes, avec son statut d’ancien gestionnaire du château d’Yquem, Alexandre de Lur Saluces ne manque pas de noblesse pour dézinguer les initiatives qui ne respectent pas le prestige des vins liquoreux. Preuve en était donnée ce 12 décembre, lors du débat C’ dans le vin à la Cité du Vin. Face aux demandes de commentaires du journaliste Jérôme Baudouin (RVF), l’actuel propriétaire du château de Fargues a aligné les jugements en forme d’anathèmes.
Développer des vins blancs secs pour celui qui a lancé la cuvée Y de Yquem ? « C’était une fantaisie, je ne considérais pas ça comme un objectif très important. C’est un peu une solution désespérée, et désespérante… » Tenter de nouveaux modes de consommation en faisant du Sauternes un ingrédient de cocktail ? « Ça me laisse l’idée d’un assassinat. C’est vraiment noyer le bébé, c’est navrant. » Changer le format des bouteilles pour qu’elles soient plus petites, voire de la taille d’un tube. « C’est un artifice, ce n’est pas ça le problème… » tacle-t-il.

"Un prodigieux miracle qu’il faut respecter"

Pour lui, tous ces essais d’adaptation du produit à la consommation sont aussi vains que contre-productifs. « On se débat à Sauternes, les temps sont durs, par conséquent on fait toutes sortes de tentatives » note Alexandre de Lur Saluces. Mais pour lui, cela revient à « tuer un processus naturel, merveilleux. Le Botrytis, c’est un prodigieux miracle qu’il faut respecter. C’est une alchimie prodigieuse. »

Estimant que la mévente d’un vin qui a suscité tellement d’enthousiasme est un cas d’école, il énonce des pistes d’explication, qui pourraient conduire à des solutions. « Il y a incontestablement des difficultés dans la commercialisation, parce que l’on a probablement pas suffisamment fait vivre cette vendange très particulière » estime-t-il. Appelant à la mise en place d’une pédagogie émerveillée et non savante, il souligne que « nous avons un négoce qui peine à vendre un vin qui demande plus de temps. Les négociants, eux-mêmes, ne semblent pas assez renseignés et visiteurs de nos vignes, surtout au moment des vendanges. » Pour Alexandre de Lur Saluces, tout le miracle de Sauternes se concentre lors de la quête, pour ne pas dire la chasse, à la pourriture noble. Reste à faire partager cet esthétisme au plus grand nombre.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Ven 15 DĂ©c 2017 12:37

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Thierry Brouin, 38 ans de bons et loyaux services !
En avril prochain, Thierry Brouin quittera son poste de régisseur du Domaine des Lambrays, à Morey-Saint-Denis (21), après 38 ans de bons et loyaux services.


Thierry Brouin n'en est peut-être pas le propriétaire, mais il n'empêche que le clos-des-lambrays, grand cru à Morey-Saint-Denis, au coeur de la Côte de Nuits, c'est "son" bébé, qu'il porte à bout de bras depuis 1980, date de sa prise de fonction au Domaine des Lambrays. Dès son arrivée un énorme travail de remise en état du vignoble a été fait dans le clos avec l'arrachage de 2,45 hectares dans la partie nord du clos (lieu-dit les Bouchots) et la complantation d'un tiers des 6,2 hectares restant. Le dossier grand cru sera également rapidement lancé... et retenu avec la reconnaissance en grand cru du clos-des-lambrays dès le 27 avril 1981.

Originaire de l'Auxois, région d'élevage du nord-ouest de la Côte-d'Or, Thierry Brouin est arrivé "par hasard" au vin. Après avoir passé un diplôme d'oenologue et une maîtrise en sciences de la vigne à l'Université de Bourgogne, à Dijon, il a connu quelques expériences professionnelles avant d'intégrer l'INAO en 1975. Il participera notamment à l'aventure du crémant de Bourgogne avant le "grand saut" en 1980 vers l'inconnu du Domaine des Lambrays et de son quasi-monopole du clos-des-lambrays (le domaine est propriétaire de 8 hectares, 66 ares et 18 centiares dans le clos et il ne lui manque qu'une ouvrée qui appartient au domaine Taupenot-Merme), qui était en si mauvais état qu'à Morey-Saint-Denis tout le monde l'appelait alors le "clos délabré".

Toujours aussi jovial, prompt à sortir une bonne blague, Thierry Brouin a 70 ans. Il quittera le Domaine des Lambrays en avril prochain, après 38 ans de bons et loyaux services.


www.bourgogneaujourdhui.com


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Thierry Debaisieux » Ven 15 DĂ©c 2017 12:54

Bravo pour cette belle carrière :good:

Je ne connais le Clos des Lambrays que dans sa période récente: millésimes entre 2002 et 2010.
il m'arrive de lire des critiques sur ce Grand Cru mais moi, j'aime beaucoup les vins de cette période, même le 2008 qui me semble équilibré.
Bien cordialement,
Thierry Debaisieux
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Lun 18 DĂ©c 2017 13:00

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Vignes gelées : les vignerons bordelais apprennent une nouvelle taille
Huit mois après le gel qui a frappé certaines parties du vignoble de Bordeaux, des vignerons s'initient à une nouvelle technique de taille de la vigne.




"Regardez ! Ça c'est dû au gel : la nécrose s'est installée par le haut. Faites attention à ça, il faut couper !", montre Joël Ortiz, conseiller viticole à la chambre d'agriculture en Gironde. Sécateur en main, il coupe les bois "brûlés" par le froid devant une vingtaine de viticulteurs venus apprendre cette taille inédite de la vigne.

Huit mois après le gel qui a frappé dans la nuit du 20 au 21 avril puis du 27 au 28 avril, les séquelles sont encore lourdes, en particulier dans le Bordelais où 80.000 des 114.000 hectares de vignes ont été touchés.

À Escoussans, village de l'Entre-deux-Mers au sud-est de Bordeaux, de nombreux vignerons sont venus chercher des réponses lors de cette démonstration car la taille, de mi-novembre à mars, doit être effectuée de manière bien différente des autres années en raison de cet épisode de gel, qui amputera probablement de moitié la récolte 2017.

UNE BONNE TAILLE ASSURERA UNE BONNE RÉCOLTE !

"J'avais un peu peur pour l'année prochaine de ne pas avoir assez de raisins. Aujourd'hui, j'ai eu le retour de ceux qui ont connu un épisode de gel similaire en 1991 et, à priori, on ne va pas avoir de problèmes de quantité grâce à une bonne taille pour les récoltes 2018 et 2019", note, rassurée, Mathilde, jeune viticultrice dans une petite propriété à Saint-Germain-de-Grave.

Pour les vignes qui ont complétement gelé, comme en 1991, la taille se fait sans problème, quasiment comme les autres années, en coupant notamment les nouveaux rameaux.

Mais pour celles partiellement gelées, "c'est un vrai casse-tête", se désole André Faugère, du Gaec de Londre, à Escoussans, où se tient l'un de ces ateliers organisés en décembre et janvier par la chambre d'agriculture du département pour optimiser la taille

. "D'habitude, on taille de façon automatique. Mais là, tout le haut du pied a gelé, pas le bas. La végétation est repartie, donnant un aspect buissonnant et du bois de petite taille, ce qui rend l'exécution de la taille difficile", reconnaît-il.

Avec 65 à 70% de ses 37 hectares de vignes gelées partiellement, ce vigneron se voit contraint de laisser davantage de bourgeons sur ces rameaux, ressemblant cette année à une main aux longs doigts tordus. Car au lieu d'avoir une belle branche longiligne, plusieurs ont poussé après le gel.

Ă€ CHAQUE PIED, SA TAILLE

"Elles sont de qualité plus faibles, donc potentiellement plus fragiles et moins fertiles, c'est pourquoi on les coupe moins court que d'habitude pour laisser davantage de bourgeons", explique David Perrier, conseiller viticole à la chambre d'agriculture.

Sur les vignes blanchies par le froid du matin, il supprime également les baguettes devenues noires à l'intérieur. Cette nécrose l'oblige à tailler au ras du cep le bois mort. "Dans le Bordelais, la taille de la vigne en Guyot, c'est-à-dire une taille longue, est de mise, mais cette année, on alternera entre taille en Guyot et taille courte en cordon lorsque les bois sont trop détériorés", poursuit David Perrier, qui qualifie cette méthode de "réfléchie, pragmatique".

"Il va falloir se poser la question à chaque pied comme quand on apprend à tailler car chaque pied, traumatisé, réagit différemment à la gelée. Donc, il faut qu'on s'adapte en fonction de sa réaction", renchérit la vigneronne Mathilde, bonnet sur la tête.

Le temps de taille sera par conséquent allongé de 25 à 30%, provoquant un surcoût de main d'oeuvre. Mais pour le conseiller viticole, "une fois la taille passée, on aura tourné la page du gel 2017". Au moins sur le terrain.

(avec AFP)


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Lun 18 DĂ©c 2017 13:04

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Meursault : Le domaine Berthelemot double sa superficie
Plus 9 hectares, le domaine Berthelemot, à Meursault (21) s’agrandit avec le rachat des vignes du domaine Patrice Allexant à Merceuil (21). Avec cette acquisition, Brigitte Berthelemot met un pied en côte de Nuits avec de belles appellations. Le montant de la transaction n’a pas été communiqué.



Le domaine Berthelemot double sa superficie, passant de 8 à 17 hectares par l'acquisition des vignes du domaine Patrice Allexant (Merceuil - 21). Créé en 2007 à Meursault par Brigitte Berthelemot, le domaine double également le nombre de ses appellations. Il met aussi un pied en côte de Nuits. Gevrey-chambertin craite-paille( village), 3 parcelles de Chambolle-Musigny village, chambolle-musigny 1er cru les Charmes, vosne-romanée village ; côte de nuits-villages, savigny-les-beaune ; chorey les Beaumonts, beaune 1ers crus Clos-du-Roy, les Grèves et Bressandes, pommard bas des sausilles (village), volnay village, puligny village et 1er cru les Folatières, saint-aubin 1er cru Murgers-des-Dents-de-Chien, rully (village blanc), sans oublier des bourgognes blanc et rouge, sont les appellations intégrant le domaine, déjà propriétaire à Beaune dont du Clos des Mouches, Pommard, Meursault, Puligny
La transaction a été réalisée avec Lionel Blouzard, marchand de biens, et validée par la Société d'aménagement foncier et d'établissement rural (Safer).
Brigitte Berthelemot note sa satisfaction de trouver « des vignes en très bon état ». L'arrivée de 9 hectares -1er millésime en 2018- passe inévitablement par l'agrandissement des bâtiments d'exploitation, de la cuverie actuelle, situés en zone des Champs Lins, à Tailly (21). Un bâtiment viticole sera également construit à Meursault.
Thomas Berthelomot, 34 ans, fils de Brigitte Berthelemot, intègre également le domaine. Après une école de commerce, un brevet professionnel Responsable d'exploitation agricole (BPREA) obtenu au CFPPA de Beaune, il prendra en charge l'aspect commercial du domaine et le suivi des vignes avec l'arrivée d'un chef de culture. Marc Cugnier, au domaine depuis l'origine, devient chef de production. Après l'obtention de la certification Haute valeur environnementale (HVE), le prochain objectif est d'avoir la certification « bio ». La conversion doit débuter en 2018.
La passion du vin pour Brigitte Berthelemot est survenue, à 32 ans, lors d'une visite dans le Mâconnais. Elle a attendu que sa dernière fille -elle a 4 enfants­ quitte la maison pour concrétiser cette passion. Après avoir hésité avec le Val de Loire, elle a trouvé son bonheur à Meursault : « Je voulais travailler le pinot et le chardonnay, complétés par la diversité des terroirs ». En dix ans, le domaine s'est hissé parmi les meilleurs. Il suffit de lire les guides d'achat, de Bourgogne Aujourd'hui, des meursault, beaune, notamment pour le constater. Le domaine est très régulièrement mis en avant pour la qualité de ses vins tant blancs que rouges.
La commercialisation actuelle est de 45 % à l'exportation (USA, Japon, et Europe. En France, outre les particuliers (un tiers des ventes), les vins Berthelemot se trouvent auprès des cavistes et de la belle restauration.

Thierry Gaudillère


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Thierry Debaisieux » Lun 18 DĂ©c 2017 13:35

Merci pour cette info, Alex.
J'ignorais l'existence de ce Domaine... Honte Ă  moi :notgood:
Bien cordialement,
Thierry Debaisieux
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 20 DĂ©c 2017 12:49

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Chefs de cave : les nouveaux « Bubble Boys » du champagne
Ils sont jeunes, ils sont fringants, et ils règnent sur des millions de bouteilles aux noms prestigieux. Portrait de ceux qui feront vos bulles de demain.



Une fois n’est pas coutume, parlons un peu « people ». Car une nouvelle vague de chefs de caves prend ses fonctions en 2017/2018 dans le milieu feutré des bulles. Quatre maisons familiales et prestigieuses jouent en ce moment une carte maîtresse : Thiénot, Pol Roger, Taittinger et Pommery. Comme souvent, excellence et séduction – tête bien faite et tête bien pleine – vont de concert, car le poste de chef de caves revêt une importance et une exposition toute particulière en Champagne.
C’est le chef de cave qui chapeaute les mille détails qui composent le style d’une maison : les approvisionnements en raisin; la production et les choix œnologiques ; l’assemblage et la gestion des stocks. S’y joute parfois aussi un rôle de communiquant pour représenter la marque aux quatre coins de la planète.

Le portrait-robot est bien calibré : ingénieur complété d’une formation d’œnologue ; expériences de vinification dans différents vignobles (pays anglo-saxons appréciés) ; retour en Champagne à différents postes-clé de la filière – approvisionnements, vinification, conseil-, avant d’atteindre le Graal, poste dont, en général, on change peu après.



Nicolas Uriel, Champagne Thiénot
Pour cette jeune marque qui s’est hissée en 30 ans parmi les noms qui comptent (500 000 cols aujourd’hui) dans un groupe qui lui-même a beaucoup grossi, l’approvisionnement en raisins a toujours été un point-clé. Issus du vignoble et après 6 ans chez les pépinières Guillaume (leader des plants de vigne en France), Nicolas Uriel est entré en 2008 aux relations vignoble chez Thiénot. Dès le premier jour, l’enjeu s’est révélé : trouver les bons raisins (valeur « caviar » en Champagne) en qualité et en volume pour sécuriser la croissance de la marque, et soigner les relations avec les apporteurs dans un contexte difficile – « Je suis arrivé le même jour où l’on a annoncé la faillite de Lehman Brothers », sourit le jeune agro-œnologue. Dès l’année suivante, Laurent Fédou – chef de cave de la première heure qui a créé le style Thiénot – l’implique dans les décisions d’assemblage. « Pour la gamme classique Thiénot, brut, rosé et millésimé, l’objectif est d’obtenir un champagne frais, printanier, sur un fruit croquant ». Le deuxième étage de la fusée, ce sont les stratégiques cuvées « famille » : cuvée Alain Thiénot, cuvée Stanislas, cuvée Garance, cuvée La vigne aux gamins (du nom d’une exceptionnelle parcelle achetée à Avize par Alain Thiénot pour ses enfants). Là se situe l’enjeu du jeune quarantenaire, pour faire passer ces champagnes du niveau d’excellence à celui d’iconique !

Damien Cambres, Champagne Pol Roger
Prenant la suite du méticuleux Dominique Petit (arrivé en 1999 chez Pol Roger après un passage chez Krug), Damien Cambres arrive sur des rails bien rodés. Il hérite d’une cuverie tirée au cordeau et d’une base de données considérable d’archives techniques, plans de vinification et notes de dégustation pointues. Pour cet œnologue issu du monde coopératif (Nicolas Feuillatte, La Goutte d’Or) et rodé à la création d’outils industriels de vinification, l’avenir passera certainement par la mise en place d’un nouveau site de tirage-dégorgement-expédition dans le contexte urbain/site classé/patrimoine Unesco de l’avenue de Champagne à Épernay… un défi autant technologique qu’esthétique ! Au plan produit, la volonté de proposer davantage de cuvées millésimées (qui pèsent déjà 10 % des 1,7 million de cols de ventes annuelles Pol Roger) notamment en œnothèque pour des clients connaisseurs, aura aussi des incidences sur l’organisation du travail et la gestion des stocks.

Alexandre Ponnavoy, Champagne Taittinger
Cet œnologue issu du métier du conseil est arrivé en avril 2015 chez Taittinger où il travaille depuis deux ans sans tambour ni trompettes à la partie immergée de l’iceberg : la construction d’une nouvelle cuverie ultra-moderne en périphérie de Reims qui ouvrira ses portes en avril 2018 et apportera « une bonne autonomie pour les 10 prochaines années ; un surplus de pureté et de précision à toutes les étapes de la production ». Une courroie de transmission en douceur avec le chef de caves Loïc Dupont (20 ans de maison et une fidélité indéfectible). Un outil à la hauteur d’une maison rayonnante et internationale, dont la cuvée de prestige Comtes de Champagne surperforme (60 à 150 000 cols selon les millésimes pour un total production de 5,5 millions de cols). Chez Taittinger, la culture familiale est forte, incarnée par le très médiatique Pierre-Emmanuel Taittinger ainsi que ses deux enfants Vitalie et Clovis. Pas trop de mission de communication extérieure donc pour cet œnologue discret et fiable, mais un challenge de compréhension fine de l’héritage de son prédécesseur et du contexte de travail, pour suivre le rythme parfois endiablé de Taittinger. « Le plus difficile n’est pas de faire du vin, mais de le faire faire, car il faut bien comprendre la philosophie de la maison pour faire travailler les gens. » En son temps, le général de Gaulle assurait « L’intendance suivra ». L’intendance Taittinger est désormais pilotée par Alexandre Ponnavoy.

Clément Pierlot, Champagne Pommery
Voici le 10e chef de cave chez Pommery depuis 1856, c’est dire la longévité de chacun ! Clément Pierlot connaît la maison comme sa poche, puisqu’il a intégré le groupe en 2004 comme directeur du vignoble champenois, responsable des 250 ha du vignoble maison et d’une cinquantaine de personnes. 14 ans plus tard, et après avoir obtenu en 2014 la double certification « Haute Valeur Environnementale » et « Viticulture Durable en Champagne », il prend les clés des caves à la suite de Thierry Gasco, âme de la maison depuis 25 ans, avec qui il a travaillé en tandem plus de 10 ans. Personne n’en est plus convaincu que lui : le vignoble est le socle de la qualité des vins, avec la volonté de « transposer ce qui est fait dans le vignoble vers l’œnologie et travailler sur ce qui pourrait être une œnologie durable ». 6 personnes de l’équipe technique Pommery travaillent avec lui sur ce projet.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 20 DĂ©c 2017 12:51

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Décès de Robert G. Wilmers, propriétaire de Haut-Bailly
Milliardaire discret, propriétaire du prestigieux cru classé de Graves Château Haut-Bailly, Robert G. Wilmers avait tissé des liens solides avec Bordeaux, dépassant le seul univers du vin. Il avait 83 ans.



Pour les Bordelais, Robert G. Wilmers était avant tout le propriétaire d’un des plus prestigieux crus classés de Graves : le château Haut-Bailly. Et d’un autre vignoble de Pessac-Léognan, le château Le Pape. Mais de l’autre côté de l’Atlantique, où ce discret milliardaire, volontiers pince-sans-rire, s’est éteint samedi à l’âge de 83 ans, c’est très certainement l’image du dirigeant qui restera. Comment pourrait-il en être autrement ? Robert G. Wilmers était à la tête de la douzième banque des États-Unis, la M&T Bank, forte de 13 000 salariés. Au quotidien ce chef d’entreprise partageait son temps entre New York et Buffalo. Entre les deux, il faisait escale… en Gironde pour rejoindre Haut-Bailly.

S’il ne l’a acquis qu’en 1998, sa relation avec Bordeaux et les grands vins était toutefois plus ancienne. Lors d’une rencontre en avril 2016 au château Le Pape, celui qui avait été nommé « banquier de l’année en 2011 » nous avait confié être venu ici pour la première fois en 1969 pour des vacances. Il avait alors 35 ans. Et à l’époque, il était commissaire adjoint aux finances de la ville de New York. De cette semaine de tourisme dans le bordelais, il gardait notamment en mémoire un déjeuner au château Margaux, alors propriété de la famille Ginestet. « On a nous a servi un magnum de Margaux 1953. Je crois que c’est l’un des seuls repas de ma vie dont je me rappelle aussi bien », nous avait-il raconté.

Entre le vin et les affaires, la frontière était mince. Et l’achat de Haut-Bailly, dont il a confié la direction à Véronique Sanders, est venu mettre deux forces à l’épreuve : la passion et la raison, comme il nous l’avait expliqué : « J’ai trouvé cette propriété magnifique. Je dois dire que j’aime tout à Haut-Bailly : le vin bien sûr, mais aussi la beauté des lieux, chaque chose dans le moindre détail. Mais, en tant qu’homme d’affaires, il m’était difficile de me rendre compte d’abord de ce que c’était et ensuite de ce que ça pouvait devenir. Quand on achète un vignoble – et c’est aussi vrai aujourd’hui -, on ne le fait pas pour les bénéfices. On ne peut pas dire si on gagnera de l’argent avec, et encore moins combien. Et ce d’autant plus que c’était un métier que je ne connaissais pas. Je dois reconnaître qu’il y avait quelque chose d’irrationnel mais sympathique dans tout ça. »

A première vue si la passion l’a donc emporté, Robert G. Wilmers a toutefois inscrit cette aventure au long cours dans une autre perspective, plus personnelle : « Je dirige une banque et d’ici 100 ans, je ne sais pas s’il y en aura encore, nous disait-il, prenant soin de peser chacun de ses mots. Mais Haut-Bailly, qui existe depuis le 17ème siècle, sera toujours là dans 200 ans. A Haut-Bailly, je suis gérant de quelque chose qui fait partie de l’histoire. Cette dimension me touche. »

Malgré une vie professionnelle intense aux États-Unis, cela ne l’a pas empêché de nouer des liens solides au-delà de l’univers du vin. Et plus particulièrement dans le monde de l’art bordelais. Féru de culture française, il soutenait ainsi plusieurs musées et a même été président de l’association des Amis du CAPC. Plus récemment, il a soutenu la Cité du Vin au titre de mécène bâtisseur. En septembre dernier, Alain Juppé lui avait remis les insignes d’officier de l’ordre national de la Légion d’honneur.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Thierry Debaisieux » Mer 20 DĂ©c 2017 13:29

Merci, Alex, pour les infos sur les Maisons de Champagne.

Pour Haut-Bailly, j'ai été plus rapide que toi ;) :
viewtopic.php?f=9&t=407&start=60#p87201

Bonne journée,
Bien cordialement,
Thierry Debaisieux
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 20 DĂ©c 2017 15:10

Bonjour Thierry,

Pour Haut-Bailly, j'ai été plus rapide que toi ;) :
viewtopic.php?f=9&t=407&start=60#p87201


Et voila ce qui arrive lorsqu'on ne prend pas le temps de tout lire... ;) :oops:

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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Thierry Debaisieux » Mer 20 DĂ©c 2017 15:51

Le "retraité-actif " que je suis, Alex, a le temps de le faire.
C'est un gros avantage ;)

Encore merci pour cette revue de presse très intéressante qui m'apprend beaucoup.
J'interviens régulièrement dans cette rubrique pour montrer l'intérêt de celle-ci et pour t'éviter l'impression que "l'écho te répond par le silence".

Bonne fin de journée,
Bien cordialement,
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Jeu 21 DĂ©c 2017 12:47

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Bourgogne : coup d'envoi pour la Cité des vins et des climats
Le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB) et une quinzaine de partenaires, essentiellement des collectivités locales, ont signé mardi 19 décembre 2017 la convention qui donne le coup d'envoi à la Cité des vins et des climats de Bourgogne, vitrine touristique d'une viticulture renommée mondialement.





Le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB) et une quinzaine de partenaires, essentiellement des collectivités locales, ont signé mardi 19 décembre 2017 la convention qui donne le coup d'envoi à la Cité des vins et des climats de Bourgogne, vitrine touristique d'une viticulture renommée mondialement.

Elle doit voir le jour entre 2020 et 2021 dans trois villes emblématiques des vins régionaux : Beaune (Côte-d'Or), Chablis (Yonne) et Mâcon (Saône-et-Loire), toutes partenaires du projet, aux côtés des départements ou encore de la région Bourgogne-Franche-Comté.

"C'est une occasion de montrer notre terroir et de mettre en valeur l'inscription des climats (nom donné aux terroirs en Bourgogne, ndlr) au patrimoine mondial de l'Unesco" en 2015, a fait valoir Louis-Fabrice Latour, le président du BIVB, qui pilote le projet depuis sept ans.

BEAUNE, PORTE D'ENTRÉE DE LA BOURGOGNE

"Nous voulons faire de cette région la première région d'oenotourisme de France", a complété la présidente du conseil régional Marie-Guite Dufay, pour qui ce projet est "complémentaire de la cité de la gastronomie" de Dijon, prévue pour 2019, et qui découle de l'inscription par l'Unesco du "repas gastronomique des Français" au patrimoine de l'humanité en novembre 2010.

Le site principal de la Cité des vins et des climats sera implanté à Beaune sur un site de douze hectares. La ville en est le maître d'ouvrage. "Ce sera la porte d'entrée de l'ensemble de la Bourgogne", avance le maire, Alain Suguenot, qui projette une tour de 22 mètres de haut pour observer les vignes.

Elle abritera un centre d'interprétation des climats, un espace de dégustation ou encore des lieux de formation, et sera entourée d'une galerie proposant des activités commerciales haut de gamme, des restaurants, un hôtel 5 étoiles et une grande halle pouvant accueillir jusqu'à 1.200 personnes pour des événements ou des concerts.

CHABLIS ET MÂCON POUR DÉCOUVRIR LE VIGNOBLE LOCAL

Les sites de Chablis (dans les anciens celliers des Cisterciens de l'abbaye Pontigny) et de Mâcon (dans les bâtiments actuels de la Maison des vins du BIVB et de la Maison mâconnaise des vins), déclineront la présentation du vignoble local.

Le financement de 16,6 millions d'euros pour les trois sites est à 65% public, provenant notamment de la région (4 millions), de la ville de Beaune et son agglomération (4 millions), ou encore du conseil départemental de Côte-d'Or (2 millions). Le BIVB apporte pour sa part 3,5 millions d'euros.

La Cité espère accueillir sur ses trois sites 250.000 visiteurs par an.

(avec AFP)


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Jeu 21 DĂ©c 2017 12:50

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Oublié le California Champagne
100 000 € champenois en aide après les incendies californiens
Les cendres du conflit portant sur l’utilisation de l’indication géographique champenoise ont été soufflées par les flammes ayant ravagé les vignobles de Napa et Sonoma.




Bien loin des considérations bornées à des frontières géographiques, l’esprit de Noël est vif en Champagne, dont l’interprofession vient de remettre un chèque de 120 000 dollars à l’Armée du Salut au profit des victimes des récents incendies dans le vignoble californien (soit 102 000 euros). « Les Champenois apprécient les relations établies au fil des ans avec nos collègues de Napa et de Sonoma » explique dans un communiqué Maxime Toubart, coprésident du Comité Interprofessionnel du Vin de Champagne (CIVC).

Une façon élégante d’affirmer que la hache de guerre est définitivement enterrée entre la Champagne et la Californie. Les mentions American Champagne ou Californian Champagne ne peuvent plus être inscrites depuis un accord sur l’étiquetage entre les États-Unis et l’Union Européenne, sauf pour les opérateurs californiens utilisant le terme avant 2006 (idem pour Chablis, Moselle, Sauterne… comme le liste le TTB). En parallèle cet accord, les liens de solidarité entre Champagne et Napa Valley, qui ont participé en 2005 à la création de l’association Wine Origins, luttant pour la protection des Indications géographiques d’origine. La Sonoma Valley a rejoint l’association en 2007. « La Champagne est une amie et une partenaire de longue date de Napa et Sonoma dans les actions visant à obtenir la protection des indications géographiques viticoles » confirme Linda Reiff, la présidente de l’association des Vignerons de Napa Valley.

Aide directe

Alors que la Californie connaît de nouveaux incendies ce début décembre au nord de Los Angles, les feux ont ravagé le vignoble en octobre (au nord de San Francisco). Avec la mort de 44 personnes et 77 000 hectares brûlés, ces incendies sont parmi les plus importants de l’histoire californienne et les plus coûteux. L’aide du Comité Champagne doit permettre aux personnes ayant perdu leurs biens de retrouver des conditions de vie décentes (nourriture, vêtements, réinsertion professionnelle…). « L'Armée du Salut a fait un travail remarquable en offrant un refuge et des repas à des milliers de personnes » souligne le sénateur californien Bill Dodd, qui a organisé une soirée caritative où a été remis le chèque champenois.


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Messagepar Lalex » Mar 26 DĂ©c 2017 08:38

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Comment le cerveau affecte-t-il notre façon de déguster ?
Le cerveau est un organe à apprivoiser pour tout dégustateur qui recherche un jugement sûr. C’est que nous enseigne les neuro-sciences.




Connaître ses défauts, c’est déjà être sur le chemin de les apprivoiser. C’est en substance ce qui guide Gabriel Lepousez, neurobiologiste et Professeur à l’Ecole du Nez, fondée avec Jean Lenoir, dans la continuité de la démarche initiée avec Le Nez du Vin il y a bientôt 40 ans. « L’objectif est de donner les clés pour savoir comment le cerveau fonctionne, en prendre conscience pour s’améliorer et déguster avec un nouveau regard » indique-t-il. Et bien que les neurosciences n’aient pas encore réussi à déterminer tous les facteurs rendant infaillible l’analyse du vin, la discipline donne quelques utiles clés.
« La première est de savoir que le cerveau recompose l’objet à partir des informations perçues par au moins quatre sens : le nez, le goût (les saveurs), le toucher (en bouche) et la vue » explique Gabriel Lepousez. Mais chacune de ces informations sensorielles va être pesée et pondérée. « Le cerveau se fie davantage au visuel qu’à l’olfactif » explique Gabriel Lepousez. C’est pour cela qu’en dégustation, un vin blanc simplement coloré de rouge pourra être décrit avec des descripteurs de vins rouges (voir Morot et collaborateur, 2001, Brain Language). Cela explique aussi pourquoi certains dégustateurs sont mal à l’aise lorsqu’il s’agit de déguster à l’aveugle. Leur cerveau n’arrive pas à correctement analyser un vin sans information visuelle.

Une sensibilité à l’amer

La recherche en neurosciences a également permis de préciser comment l’homme perçoit les saveurs : à travers des récepteurs gustatifs situés sur la langue. Mais il n’existe pas le même nombre de récepteurs suivant les cinq saveurs détectées par l’homme. Ainsi, on dénombre un récepteur pour le salé, un pour le sucré, un pour l’acide, un pour l’umami et… vingt-cinq pour l’amer. « Nous avons donc une perception très fine et complexe de l’amer » souligne Gabriel Lepousez. Par ailleurs, la salinité du vin serait perçu non seulement par le récepteur du salé qui détecte l’ion sodium (sel de cuisine) mais aussi par des récepteurs au calcium et au magnésium. Ainsi, lorsqu’elle est ressentie en attaque, la salinité est le marqueur de la présence de sodium, alors qu’en finale, elle reflète potentiellement la présence de calcium ou de magnésium.

Tous différents

Par ailleurs, la science a mis clairement en évidence qu’environ 30 % de nos récepteurs olfactifs ne fonctionnent pas de la même façon, ce qui explique les différences de perception olfactive d’un humain à l’autre (Mainland et collaborateurs, 2014 Nature Neuroscience). « Quand on déguste, il faut donc bien avoir en tête que tout le monde ne perçoit pas les choses de la même manière» insiste Gabriel Lepousez. À cette différence physiologique se rajoutent des différences liées à la culture, à l’expérience. « Par exemple, les Asiatiques ont parfois beaucoup de mal à appréhender les arômes de fruits rouges car ce ne sont pas des arômes familiers». Si bien que parfois, une même molécule aromatique peut être associée à un fruit exotique en Asie alors qu’elle sera décrite comme un arôme de fruit rouge en Europe.

La différence de perception des individus est également liée à leur expertise. Un néophyte est ainsi capable de dire s’il apprécie ou non un vin sans pouvoir décrire précisément pourquoi. « Il fait alors appel à un mécanisme rapide de jugement de valeur, qui met en jeu une région du cerveau impliquée dans les émotions» explique Gabriel Lepousez. Un sommelier va, quant à lui, davantage analyser les profils sensoriels du vin pour livrer son avis. « Il fait alors appel à un raisonnement plus analytique qui convoque des régions du cerveau liées à la mémoire et à l’attention» ajoute Gabriel Lepousez. Et ces deux formes d’intégration sensorielle cohabitent dans notre cerveau. Apprivoiser cette mécanique cérébrale, c’est donc nous permettre de prendre davantage de recul sur notre perception d’un vin tout en nous aidant à mieux construire notre appréciation finale.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Jeu 28 DĂ©c 2017 08:26

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En Champagne, les bulles bio se frayent un lent chemin chez les vignerons
"En bio, on prend les risques et on les assume" : de plus en plus de vignerons tournent le dos aux produits phytosanitaires, désireux d'élaborer des champagnes bio révélateurs de la typicité du terroir, un mouvement marginal puisque moins de 2% du vignoble de l'appellation est labellisé biologique.





La progression des surfaces au label "AB" a bondi de 14% entre 2015 et 2017, et 176 hectares sont en conversion cette année, mais la viticulture biologique ne couvre que 1,9% des surfaces de la Champagne sur les 34.000 hectares que compte l'appellation, selon les chiffres de l'Agence Bio.

Certes, produire bio ne s'improvise pas : "Si on veut faire ça pour mettre un beau logo sur une étiquette, on va vite déchanter", met en garde Pascal Doquet, vigneron dans la Côte des Blancs et président de l'association des champagnes biologiques créée en 1998. Lui a dû attendre "six ans entre le début de la conversion et la commercialisation des premières bouteilles" certifiées par ce sésame.

Cette gageure s'explique par les trois années incompressibles de la conversion, couplée à la durée de vieillissement du champagne plus longue que celle des vins tranquilles, non effervescents. Sans oublier la variable climatique qui peut impacter la récolte.

La Champagne étant "très marquée par les flux océaniques", le vignoble est exposé à un risque de pourriture lié à l'humidité, explique Pascal Doquet, estimant se conduire en "vrai paysan" qui développe "la capacité de résistance de la vigne", l'inverse "des vignerons qui sont devenus des techniciens." Plus qu'une méthode de travail, une philosophie.

LE TERROIR EN BOUTEILLE

Le retour au sol, premier amendement du vigneron bio aux techniques moins invasives, laissant les racines de la plante s'infuser dans la terre, présage d'un vin de caractère... Ce qu'Eric Rodez, à la tête du domaine familial à Ambonnay, dans la Vallée de la Marne, appelle : "Faire chanter le terroir".

"Nous ne sommes pas assez dans cette logique-là car elle est exigeante : il faut accepter de vivre au rythme de la nature et pas de l'horloge mondiale", constate-t-il en exploitant ses six hectares grand cru d'abord en bio, désormais en biodynamie.

Cette mutation a engendré des "vins libérés" aux notes "plus expressives", à "la longueur et la sensualité plus marquées", la qualité des cuvées étant décuplée par une "puissance olfactive et gustative", commente ce passionné volubile qui produit environ 50.000 bouteilles par an.

"Le bio pour moi, c'est une évidence car c'est le terroir qui fait la signature de nos vins. Or l'originalité ne peut pas venir d'une couverture chimique massive qui neutralise le goût", confirme Jean-Baptiste Lécaillon, chef de cave du Champagne Louis Roederer, 240 hectares en propre dont 10 hectares certifiés bio et 3,5 millions de cols produits par an.

La maison rémoise a réalisé sa campagne culturale de 2017 en bio grâce aux conditions climatiques favorables et compte progressivement convertir ses pratiques sur l'ensemble du domaine.

"COURT-TERMISME ÉCONOMIQUE"

Depuis une quinzaine d'années, la Champagne a réduit de 15% son empreinte carbone et a divisé par deux le recours aux engrais azotés et aux produits phytosanitaires, précise le Comité Champagne, organe représentatif des 300 maisons et 15.000 vignerons de l'AOC... qui refuse de prendre ouvertement partie pour le bio, ménageant les sensibilités de chacun.

Pour inciter l'interprofession à réduire son impact environnemental, il a lancé en 2014 sa certification "viticulture durable", reconnue et "adaptée à la Champagne", délivrée à 192 exploitations soit plus de 4.000 hectares.

Mais si les vignerons se mettent doucement en mouvement vers le bio, la plupart des grandes marques semblent nettement moins pressées. Or "c'est le non-bio qui doit aujourd'hui justifier pourquoi tant de chimie : la justification a changé de camp", estime Jean-Baptiste Lécaillon.

Pour ces maisons gourmandes en hectares, le défi réside dans leur capacité à réussir une transition à grande échelle, en acceptant que "certaines années on puisse perdre 10, 20, 30% de la récolte", selon ce spécialiste, lucide sur une approche qui balaie le "court-termisme économique".

Encore confidentiels pour toutes ces raisons, les champagnes bio ne se dénichent qu'à quelques bonnes adresses, demeurant quasi absents des rayons des hypermarchés. La grande majorité des flacons partent à l'export, laissant les bulles bio s'échapper loin des consommateurs français.

(avec AFP)


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Jeu 28 DĂ©c 2017 08:46

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L’Espagne, une terre de promesses viticoles
L’Espagne, premier vignoble mondial en superficie avec presque 1 million d’hectares. Malgré sa taille imposante (13% du vignoble mondial) et sa position de leader (3e place au rang mondial des producteurs) l'Espagne regorge de surprises et de découvertes.


Dans un pays riche de 1.250 cépages et de plus de 60 dénominations d’origine, bien malin celui qui pourrait prétendre tout connaître. C’est d’ailleurs, me semble-t-il, le pays par excellence où l’on trouve les meilleurs rapports qualité/prix à moins de 6 euros, surtout en rouge. Du nord au sud, découvrez ici quelques vignerons qui ont su nous surprendre, tant par leur originalité, que par leur typicité. Chacun ayant une histoire qui mérite le détour ; petit tour d’horizon d’une Espagne revisitée.


Le txakoli, vin emblématique du Pays basque espagnol

Connaissez-vous le txakoli?

Produit depuis toujours dans les fermes du Pays basque de manière artisanale, le txakoli (DO Getariako Txakolina) est avant tout un vin convivial et bu habituellement en blanc(2), produit à partir des cépages locaux hondarribi zuri (blanc) et hondarribi beltza (rouge). Sa particularité: il est élaboré à partir de raisins vendangés légèrement verts (ce qui lui donne une certaine acidité) et est légèrement carbonaté (perlant).

On le sert de façon traditionnelle en faisant couler de longs filets de vin depuis la bouteille vers le verre, voir directement depuis la cuve, comme ici au domaine Ameztoi!

Attention à ne pas s’éclabousser les pieds…ça demande un peu d’entraînement…


Les grandes bulles d’Espagne ont un nom

Bienvenue au domaine Raventós i Blanc, à Sant Sadurní d’Anoia, région célèbre pour le cava(3). Vigneron depuis 1497, Raventós i Blanc possède l’une des plus longues traditions viticoles documentées au monde.

Nous sommes tombés sous le charme de ce domaine, qui décida au début des années 1870, de ne plus faire de vin tranquille, dans un marché en crise, et de créer le premier cava. Pour se différencier des vins de Champagne, le domaine met à l’honneur des cépages autochtones : le xarel-lo (utilisé dès 1888 par Manuel Raventos Doménech), le macabeo (introduit dans les années 1920) et le parallada, qui deviendront la base de l’élaboration des cavas. Aujourd’hui, Pepe Raventós, qui représente la 21e génération, aidé de son père Manuel, travaille les 90 hectares (divisés en 44 parcelles) sans irrigation, en utilisant des méthodes viticoles biodynamiques, des chevaux et d’autres animaux (cochons, moutons…).

Une très belle propriété, à 200m d’altitude, avec des sols fossiles calcaires et marins formés il y a plus de 16 millions d’années.

Et des vins élevés sur lattes, entre 18 mois et 5 ans pour la grande cuvée. Nous sommes fans absolus : le domaine produit sans doute l’un des plus jolis vins effervescents d’Espagne… voir même du monde. La preuve incontestable que l’Espagne peut produire des bulles incroyables.
Pour l’anecdote, la famille Raventós s’est retirée il y a peu de l’appellation Cava, non sans une grande réflexion et avec beaucoup de courage, afin de définir ses propres règles, plus strictes(4).


Parés Balta, au cœur du parc naturel de Foix

Découverte du domaine Parés Baltà, une autre pépite verte du Penedès.

Depuis la pollinisation des vignes par les abeilles du domaine durant la floraison, jusqu’aux moutons qui pâturent à travers les vignes une fois les vendanges terminées (débarrassant des herbes indésirables et offrant une fertilisation naturelle), le domaine Parés Baltà est 100% écologique. Sa très grande diversité de sols (calcaire, argile, fossiles marins), avec des vignes entre 170 et 800m d’altitude, permet l’élaboration de très jolis vins, comme la cuvée Cosmic en blanc, assemblage de xarel-lo et de sauvignon blanc.

"Ici, le vin est exclusivement une affaire de femmes!", nous racontent en riant Joan et Josep Cusiné Carol, frères et actuels propriétaires du domaine familial.

En effet, la vinification se fait entre les mains de Maria Elena Jimenez et Marta Casas, deux talentueuses oenologues… et épouses des deux hommes!

Visitant le vignoble en compagnie de Gemma Muray, en charge de l’oenotoursime, l’occasion m’est offerte, sur les hauteurs du parc naturel de Foix, de sabrer une bouteille de vin effervescent, avec une épée. Un sacré défi, que j’avais déjà essayé de relever il y a trois ans chez mon ami Jonathan, du domaine Louis de Sacy, à Verzy, et qui s’était soldée par un échec.

Cette fois, c’est la bonne ! Merci Gemma pour la leçon. Et santé, un verre de la cuvée Cava Brut en main !


Ton Rimbau, le vigneron qui élevait son vin en céramique

Ton Rimbau, vigneron et fondateur du domaine Casa Rimbau, dans le Penedès, l’un des personnages les plus charismatiques rencontrés dans le projet… Au delà d’être bio et biodynamique, Ton Rimbau est un fervent défenseur de la "permaculture".

Une méthode de culture ancestrale et des plus naturelles, dont le but est de garder les vignes comme si elles étaient une forêt, avec le moins d’intervention possible. Ce système permet de ne pas utiliser de pesticides ou de produits chimiques, puisque l’écosystème maintient un équilibre qui permet aux ceps de grandir en bonne santé et d’être plus robustes. Les araignées – dont le rôle capital dans le vignoble de Ton leur a valu une effigie sur les étiquettes des bouteilles – empêchent également la prolifération des insectes nuisibles aux plantes, comme certains papillons de nuit. Enfin, les mauvaises herbes, après avoir été écrasées, forment une couche de protection pour le sol, ce qui empêche les UV d’entrer et d’affecter la qualité du sol. Tout un programme!

Mais c’est loin d’être fini. Ajoutez à cela le fait que les vins sont exclusivement élevés dans des bouteilles en céramique… Et que le (superbe) vin effervescent du domaine est vieilli sous l’eau pendant deux ans (!), dans le garage de Ton. Vous avez là un aperçu plus complet du style unique de ce personnage inclassable. Enfin, pour être sûr d’apprécier au mieux les cuvées du domaine, exclusivement en blanc (cépages xarel·lo et macabeu), Ton Rimbau nous invite à consulter le calendrier lunaire. Aujourd’hui, nous pouvons déguster, nous sommes sur un jour "fruit". Je suis fan absolu!


Enric Soler, la quintessence du xarel-lo

Rencontre avec Enric Soler, dans le Penedès – l’une de mes régions préférées d’Espagne, vous l’aurez compris – pour une leçon de vinification du cépage blanc xarel-lo.

Principalement connu dans l’élaboration des cavas, le xarel-lo n’est vinifié en sec que depuis une dizaine d’années. "C’est un cépage mal compris, aux qualités extraordinaires, qui donne de superbes résultats en vin tranquille, lorsque l’on sait en prendre soin", confie Enric.

Professeur en oenologie à l’université de Barcelone, Enric Soler est un vigneron comme on les aime : discret, souriant, humble et oh combien talentueux. À la mort de son grand-père, il a l’opportunité de reprendre le petit vignoble, avec des pieds de xarel.lo vieux de 70 ans.

Un véritable trésor, qui une fois entre ses mains, va devenir une révélation. Avec 2 hectares cultivés en biodynamie et 3 micro-cuvées aussi différentes (sols de sable, de glaise et d’argile, altitude et élevage entre cuve inox, oeufs en béton et barriques) que délicieuses, Enric produit des vins spectaculaires de complexité et d’élégance, qui invitent à la méditation.


Bodegas Moraza, le contre-pied de la Rioja

C’est dans la Rioja Alta (centre-nord de l’Espagne), que nous visitions le domaine Bodegas Moraza, un domaine familial de 18 hectares plein de charme.

Pourquoi une visite dans cette belle et célèbre région espagnole? Parce que le couple de vignerons (et duo de choc!) formé par Julia Moraza et Patricio Brongo, va à contre-courant de ce qui se fait actuellement dans la région. "Nos vins sont élaborés en cuve béton pour les rouges et en cuve inox pour les blancs, pour garder la fraîcheur et la typicité du terroir", explique Julia. Une alternative à encourager, dans une région ensoleillée où les vendanges sont de plus en plus précoces, et les risques de raisins vendangés en sur-maturité d’autant plus importants.

Une belle histoire, commencée il y a six générations par la famille de Julia, dans le village de San Vicente de la Sonsierra, une zone limitrophe entre les légendaires royaumes de la Castille et de la Navarre.

Situé au pied du mont Toloño, leur vignoble, réparti sur onze parcelles entre 400 et 650m d’altitude, est principalement composé d’argile et de calcaire. Un terrain de jeu idéal pour des variétés autochtones de la Rioja comme le tempranillo, la grenache et le graciano, ou encore le viura, en blanc. Un autre visage de la Rioja…qui nous a conquis!


SanlĂşcar de Barrameda, paradis de la manzanilla

À la question "quel vin emporteriez-vous sur une île déserte ?", je pourrais répondre : une bouteille de manzanilla, parmi mes trois vins préférés. Servi très frais, ce délicieux vin blanc sec, avec ses arômes de noix fraîche et son goût salin incroyable, m’envoûte à chaque fois


Produit à partir du cépage palomino, il est exclusivement élaboré dans les caves de Sanlúcar de Barrameda, dans la province de Cádiz. Pourquoi ? Car l’emplacement particulier Sanlúcar de Barrameda, sur l’estuaire du fleuve Guadalquivir, offre des températures fraîches (très venteux) et une humidité élevée, propices au développement de la flore. Une levure qui se développe sous forme d’un voile épais sur le vin, élevé dans des barriques aux 3/4 remplies. L’action de la flore ? Protéger naturellement le vin de tout contact avec l’air, lui apportant son côté frais et délicat unique.

Visite de deux domaines qui excellent dans la production de manzanilla. Bodegas Hidalgo La Gitana, fondé en 1792 par Don José Pantoja Hidalgo, est géré par la même famille depuis huit générations.

Le domaine utilise des raisins de ses propres vignobles, situés dans les plaines de Balbaina et de Miraflores, considérées comme les meilleurs terroirs de l’appellation. "La criadera consiste en un empilement de barriques sur plusieurs hauteurs. Le premier niveau, sur le sol, est nommé solera. Les autres niveaux sont nommés première, deuxième criadera", nous explique Fermin Hidalgo.

Une partie très technique, mais indispensable pour comprendre l’élaboration du vin. Et d’ajouter : "en fin d’élevage, le vin est soutiré de la solera.

La quantité de vin enlevée est remplacée par celle des deux barriques situées au-dessus. Ainsi de suite jusqu’à la hauteur maximale qui est complétée avec du vin jeune. Ce système permet, outre un vieillissement du vin, une bonne homogénéisation de la production entre les millésimes et chacune des barriques d’une criadera". Résultat : des vins non-millésimés, assemblages de nombreuses vendanges. Les Espagnols aiment à dire qu’avec ce système, le vin vieux éduque le jeune.

Visiter les caves du domaine Bodegas Baron fut un moment rare et inoubliable.

Situées dans le quartier supérieur de Sanlúcar de Barrameda, en face de l’embouchure du fleuve Guadalquivir, ces dernières sont directement exposées à la brise de l’Atlantique. La famille Rodriguez Carrasco y fait du vin avec les mêmes racines familiales depuis 400 ans. Un parfum d’iode très particulier baigne l’atmosphère, la rendant presque mystique.

De quoi nous mettre dans l’ambiance au moment de déguster la manzanilla à la barrique. Non filtrée, le vin est servi directement à l’aide d’une venencia, l’outil traditionnel composé d’un récipient cylindrique attaché à une longue tige (autrefois en os de baleine).

Un pur moment de joie et d’émotion.


Ximenez-Spinola, le pedro ximenez comme vous ne l’avez jamais bu

Rencontre avec José Antonio Zarzana, propriétaire et viticulteur du domaine Ximenez-Spinola, une propriété familiale faisant des vins de Pedro Ximenez depuis 1729.
José a apporté un changement radical dans la région, d’abord en plantant 22 hectares du cépage éponyme pedro ximenez autour de sa cave (il est le seul à avoir son vignoble dans la région). Deuxièmement, en ayant introduit un style de vin nouveau pour la région : un vin blanc sec 100% pedro ximenez, élevé en barriques françaises neuves (le pedro ximenez étant habituellement connu pour la production de vins sucrés du même nom, issus de raisins séchés au soleil).

"Tout le monde m’a pris pour un fou, même ma famille, a qui j’ai dû racheter les parts pour réaliser ce projet d’une vie", confie José.
Résultat, nous avons découvert un vin blanc délicieux et complexe, avec une vraie typicité et un charme fou. Un pur délice!

En conclusion gourmande de ce voyage espagnol, nous avions envie de vous présenter la Pata Negra! Un produit fantastique qui se marie incroyablement bien avec les vins secs de la région, comme la manzanilla.
Nous avons eu la chance de nous arrêter dans la région d’Estrémadure, pour visiter une ferme de porcs ibériques, élevés en liberté pour la production de la Pata Negra Maximiliano Jabugo. La particularité de l’alimentation de cette race unique: "la bellota" (les glands), qui donnent à la viande ce parfum de noisette unique. Les jambons de Maximiliano Jabugo sont ensuite produits à Jabugo.

À notre entrée dans le bâtiment, l’odeur du jambon est fascinante. J’en salive. La production de Pata Negra est aussi simple et naturelle, que respectueuse du produit : après avoir passé quelques jours dans un bain de sel pour resserrer les chairs, les jambons sont mûris (séchés) environ 30 mois, selon le poids de la pièce.


Et c’est tout. À déguster en toute occasion…
WineExplorers’ment vôtre,
JBA

Pour en savoir plus sur le projet Wine Explorers, 1er recensement global des pays producteurs de vin.


avis-vin.lefigaro.fr


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