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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mar 18 Déc 2018 13:01

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Dégringolade des ventes en GD sur la période des foires au vin
L'analyse des données du panel IRI* pour la période des foires aux vins AOP en grande-distribution française montre des contre-performances qui touchent les principales régions viticoles fournisseuses, Bordeaux en tête.




Globalement, les ventes de vins d'appellations en GD françaises entre le 20 août et le 15 octobre passent de 849 000 hl en 2017, à 757 000 hl cette année, soit l'équivalent de 12,2 millions de bouteilles de moins vendues sur la période. Le gros de cette baisse est à mettre sur le compte du vignoble de Bordeaux, qui représente traditionnellement le gros de l'activité. 215 000 hl, soit 28,6 millions de cols, ont été écoulés en 2018, contre 265 000 hl (35,35 millions cols) en 2017, soit une perte de 50 350 hl (6,7 millions de bouteilles) et -19%.

Les appellations du Rhône, deuxième en volume sur cette période, perdent 11 450 hl entre les deux campagnes (soit 1,52 millions de cols et -7,3%). Même ordre d'idée pour les vins de Provence, avec -11200 hl enregistrés (1,5 million de bouteilles), soit -16,6%. L'origine Languedoc-Roussillon perd 6500 hl, soit -9%. Les vins AOP de Loire, 3eme vignoble en volume, résistent mieux, avec une diminution de 3300 hl (0,44 million de cols) et -3%. Même tendance pour la Bourgogne.

Dans ce contexte, on notera la « bonne » performance, toute relative, des vins du Sud-Ouest, dont les ventes se maintiennent quasiment. Ce vignoble se classe en 4ème position en volume.

En valeur, les baisses sont moindres ou proches de zéro. Globalement, elles ont généré une activité de 569 millions d'euros, contre 612 millions, soit 42,7 millions d'euros de moins. (*Sorties de caisses hyper et supermarchés français hors HD et supérettes enregistrées du 20 août à mi-octobre 2018)


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Lun 24 Déc 2018 13:05

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Champagne bio, une niche de luxe
Avec seulement 2% des vignobles de la région de Champagne cultivés selon des principes biologiques, sans engrais chimique ni produit phytosanitaire de synthèse, les bulles de fête bio restent rares.



Lise Cheurlin, installée avec son frère dans l'Aube, a produit sa première cuvée de champagne bio en 2014 : "Nous y sommes allés très progressivement en cinq ans, avec l'aide d'agronomes, nous avons diminué les doses de produits phytosanitaires, puis utilisé des huiles essentielles pour donner de la vigueur à la vigne" explique-t-elle lors du salon Vinibio, qui s'est tenu mi-décembre à Paris.

"Mais le bio, c'est très difficile pour nous" dit-elle. La Champagne est située sur une latitude nord qui définit la limite de la viticulture. Le nombre de jours de pluie favorise le développement des champignons qui menacent le raisin et les récoltes.

Le bio est néanmoins en "très fort développement", "surtout chez les jeunes vignerons" explique Maxime Toubart, président du Syndicat général des vignerons de la Champagne (SGV). Il était temps, les vignes champenoises n'ont pas toujours été vertueuses pour l'environnement.

“LE BIO, C'EST RETROUVER LE PLAISIR D'ÊTRE DANS NOS VIGNES„

Les 15.000 viticulteurs champenois ont dû se défaire d'une pratique de fertilisation à base de déchets organiques urbains issus des poubelles franciliennes. "Les vignobles devenaient bleus" à cause des sacs poubelles hachés menu dans le compost qui s'infiltraient dans la terre, se souvient Jean-Michel Deluc, ex-chef sommelier du Ritz.

À des latitudes voisines, le Jura et l'Alsace, font mieux pour le bio que la Champagne", dit Jean-Michel Deluc. Mais les parcelles champenoises, petites en surface, sont difficiles à soigner en bio quand le voisin utilise des produits chimiques, admet-il.

"Mon grand-père nous a traités de fous quand nous nous sommes lancés en bio" reconnait d'ailleurs Lise Cheurlin, qui représente la 5ème génération de vignerons de sa famille. "Enfant, il avait assisté aux ravages des maladies sur les vignes, et aux galères qu'avaient affrontées ses parents pour produire". Pour sa génération, la révolution chimique avait été l'avènement du rendement garanti.

Aussi a-t-elle "beaucoup investi sur le matériel" : un tracteur chenillard qui n'écrase pas le sol, une "trottinette" pour désherber entre les rangs tout en évitant les ceps. Au total, "un travail beaucoup plus physique" et plus d'heures de travail. "Le bio, c'est surtout pour l'environnement et pour retrouver le plaisir d'être dans nos vignes" ajoute Olivier Mazet, qui a lui aussi repris l'exploitation de son père à Chigny-les-Roses (Marne), tout en bio, et parle avec passion de son terroir de craie : l'humidité conservée dans les racines a permis à la vigne de supporter la grande sécheresse de cet été.

CHAMPAGNE : UNE AMÉLIORATION DES PRATIQUES D'AGRICULTURE BIO

"Grâce à la double fermentation alcoolique, même dans un champagne dit conventionnel, on ne retrouve aucune trace de pesticide" assure-t-il. Contrairement à la Bourgogne voisine, où les plus prestigieux domaines viticoles comme la Romanée-Conti sont menés en bio - voire en biodynamie encore plus restrictive et exigeante sur les soins -, en Champagne, le bio est surtout promu par des petits vignerons. À l'exception notable de Roederer, qui mise aussi sur le tout bio.

"C'est sans doute parce que les grandes maisons très présentes sur les marchés d'exportation ont beaucoup de sources différentes d'approvisionnement, elles sont avant tout des acheteuses de raisin, ont besoin de grosses quantités et ne peuvent se permettre d'aléas" dit un vigneron. Or le bio représente un risque de perte de volume.

Maxime Toubart du SGV refuse pour sa part d'opposer bio et non bio, petits producteurs et grandes maisons, et salue une "amélioration continue des pratiques" dans les quatre terroirs de la Champagne. "Les efforts de tous valent mieux que les prouesses de quelques-uns" dit-il : "aujourd'hui, sans être bio, 20% des vignerons champenois sont certifiés dans des pratiques agricoles durables, et 80% d'entre eux s'y engagent".

(Avec AFP)


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Lun 24 Déc 2018 13:14

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Les leçons tirées par les grands noms de la biodynamie sur la gestion du mildiou
Les rumeurs d’impasses techniques, notamment pour certains crus classés bordelais, alimentent l’idée que la biodynamie n’était pas adaptée aux pressions sanitaires extrêmes de cette année. Un jugement à réviser pour les experts et grands noms de cette viticulture alternative.





Dans le vignoble bordelais, les commentaires, pour ne pas dire les quolibets, vont bon train sur les rendements atteints par le château Pontet Canet, le grand cru classé de Pauillac en 1855 qui a certifié ses 81 hectares de vignes en biodynamie depuis 2010. Faisant état d’un cuvier quasiment vide et de vacances anticipées pour les vinificateurs, la rumeur estime sa production à une dizaine d’hectolitres par hectare (contre un objectif de 35 hl/ha pour le cru classé). « Les chiffres qui circulent ne sont pas loin de la vérité et les gens qui les font circuler ne sont pas forcément admiratifs de la démarche. Donc, je préfère ne rien dire de plus » balaie Jean-Michel Comme, le directeur technique de Pontet Canet, pour qui « on vinifie une matière de très haut potentiel. C'est sûrement cela que l'histoire retiendra. »

Le poids de l'humain

Alors que d’autres crus classés médocains ont subi un revers dans la gestion du mildiou (mais ne souhaitent pas répondre aux sollicitations), l’idée que la biodynamie n’est pas adaptée se répand (que ce soit dans sa philosophie en général et ses préparations en particulier). « Pontet Canet est connu pour aller au bout de la résistance des plantes. Ils sont dans l'expérimentation de la réduction maximale des doses… Alors que ceux qui s’en sont sortis ont augmenté les quantités à la floraison. Si l’on rate un traitement, il est plus difficile de s’en sortir après, en biodynamie, comme en bio. Mais il y a eu de beaux rendements sur certaines propriétés, alors que leurs voisines conventionnelles ne s’en sont pas sorties » souligne, anonymement, un consultant girondin. « Pour gérer le mildiou cette année, l’aspect humain était plus prégnant que le côté technique » ajoute l’expert, qui juge que la pulvérisation était souvent au cœur des problématiques, en termes de cadences, de réglages…

"Tout à fait possible"

« Il ne faut pas effrayer les gens à la conversion… Il est tout à fait possible de traverser une année comme 2018 en biodynamie » assure Richard Planas, le directeur technique des 14 domaines Gérard Bertrand (avec 600 hectares en biodynamie sur 800 ha). Si le mildiou sur feuilles et grappes est rare en Languedoc, la conjonction des fortes pluviométries et températures étaient pourtant tout bonnement inédites. « Les solutions préventives de la biodynamie étaient lessivées. C’était un vrai combat, épuisant physiquement et mentalement pour les équipes. il fallait tout traiter un jour et devoir recommencer le lendemain parce qu’il a plu dans la nuit » se rappelle Richard Planas.

Au final, l’impact estimé sur les rendements serait mineur, d’un ordre de 10 % de pertes. Et ce malgré une certification Demeter qui impose une dose moyenne de cuivre métal de 3 kg/ha sur cinq ans (contre 6 kg/ha.an en certification bio). « Normalement on est à moins de 2 kg/ha.an. Cette année on est entre 3 et 4,5 kg/ha selon les parcelles… Nous avons eu des résultats intéressants de prêle associée, sans dynamisation, à du cuivre. Ainsi que des traitements d’huile essentielle de lavandin qui ont freiné le développement du mildiou » rapporte Richard Planas.

Sans compter

Le technicien languedocien se défend de donner des leçons : « on a eu des déboires » précise le technicien, qui ajoute ne s’être rien refusé pour arriver au bout de ce millésime. « On n’a pas compté les passages. Cela s’est révélé payant de traiter à la machine à dos 50 hectares, alors que les bottes s’enfonçaient dans la boue jusqu’au mollet… » se remémore Richard Planas, soulagé que si la construction du millésime n’a pas été facile, les potentiels qualitatifs et quantitatifs sont à la hauteur.

"Savoir-faire et organisation"

« La pression mildiou a été exceptionnelle en 2018, mais il n’y a pas eu de dégâts catastrophiques sur les feuilles et les grappes » confirme Emmanuel Cazes, le dirigeant du domaine Cazes (Roussillon, groupe AdVini), qui s’attend globalement à une baisse de 5 % de ses rendements (qui ne serait pas due qu’au mildiou, mais aussi au stress hydrique). Certifiant ses 180 hectares de vigne chez Biosuisse, le vigneron a cependant dû limiter son usage de cuivre sous la dérogation de 3 kg/ha (la dose étant normalement de 1,5 kg/ha.an). « On a réussi à gérer grâce au savoir-faire et à l’organisation. Avec la prêle et les tisanes, mais aussi avec le rythme de traitement, les disponibilités des tractoristes et la qualité de la pulvérisation » estime Emmanuel Cazes. Les aspects humains et techniques ont été clés dans la réussite de la pulvérisation. Ont ainsi été réduits le nombre de rangées traitées (2 rangs en pulvé traîné et 3 rangs avec un enjambeur) et les vitesses (baissées à 4 km/h).

Virulence

Hors du Sud-Ouest et du Midi, la gestion du mildiou a aussi été un challenge, à un moindre niveau. Comme à la Coulée de Serrant (Savennières), où la vigneronne ligérienne Virginie Joly rapporte que sans être exceptionnel, « celui-ci a été virulent, et surtout il est arrivé directement sur grappe. Quasiment sans passer par la case feuille. » Malgré cette pression, « la gestion a été simple : passages fréquents avec de petites doses de bouillie bordelaise. Il ne fallait pas être envahi » explique-t-elle, avec une moyenne de 2 kg/ha de cuivre.

En Bourgogne, il n'y a pas eu de pression notable. « Rien d’exceptionnel, il n'y a eu aucun effet mildiou » rapporte Aubert de Villaine, le co-propriétaire du domaine de la Romanée Conti. « Il y a eu très peu de pluie, c’est un peu tôt pour le dire, mais ça va faire un grand millésime, avec la richesse de 2003 et le fruit de 2015 » analyse le vigneron, qui a utilisé 2,5 kg/ha de cuivre métal avec de fréquents passages. L'implication humaine dans le succès de l'application n'étant pas une rumeur, mais une leçon récurrente du millésime.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Jeu 10 Jan 2019 16:53

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Yanping Gong, la plus beaunoise des Chinoises
Installée en Bourgogne depuis une quinzaine d’années, Yanping Gong est une figure bien connue du monde du vin. Sommelière, elle organise désormais des stages pour faire découvrir la région, ses appellations et sa culture à la clientèle chinoise.




Que proposez-vous aux Chinois que vous accueillez aujourd'hui (en Bourgogne) ?
Pour vendre du vin aux Chinois, il ne suffit pas de faire un catalogue ! J'ai choisi de les faire venir sur le terrain, pour des visites du vignoble et des dégustations. Les formations se déroulent en partenariat avec le CFPPA de Beaune.


Qui sont les Chinois qui participent à ces formations ? Ils connaissent déjà les vins de la région ou ils viennent pour les découvrir ?
Depuis la création, on a formé un peu plus de 80 stagiaires, hommes et femmes. Ils viennent de différents horizons : importateurs, distributeurs ou vendeurs. Il y a aussi des gens qui sont en reconversion professionnelle. Certains travaillaient jusqu'alors dans la finance et ils ont envie de changer de métier. On a aussi des journalistes, des blogueurs, des restaurateurs et quelques jeunes amateurs d'une vingtaine d'années, majoritairement taïwanais.

Un de nos stagiaires est aujourd'hui leader en Chine avec sa marque, Vinocave, qui fabrique des caves électroniques. En venant en Bourgogne, il a pu améliorer son produit en discutant avec les vignerons. Pour les Chinois, les vins de Bourgogne sont plus sensibles, plus délicats que ceux de Bordeaux par exemple, c'est pour ça qu'il a lancé ce produit haut de gamme.


Ce sont les domaines prestigieux qui attirent les Chinois ?
Pour la majorité des Chinois, si c'est cher, c'est bon ! Beaucoup de records d'enchères ont été battus dans mon pays, même si au début ils étaient choqués par la simplicité des étiquettes de vins de Bourgogne. On ne voit pas la valeur. Sur les bouteilles de Bordeaux, il y a souvent le château, c'est plus luxueux. Mais de nombreux Chinois ont aussi une fibre commerciale. Ils ont rapidement vu les opportunités de faire des affaires qui s'offraient à eux avec les vins de Bourgogne.


Cela signifie que la clientèle chinoise est là uniquement pour les grands crus ?
Il y a deux types de clientèle. Les Chinois qui viennent en Bourgogne pour les domaines connus, très chers, les 3 R + 1 L : Romanée-Conti, Roumier, Rousseau et Leroy. L'autre profil, ce sont ceux qui souhaitent des vins par chers, avec un budget de 10 € pour les villages et environ 20 € pour les premiers crus. C'est plus difficile sur le marché chinois pour les vins qui se situent en milieu de gamme, en Bourgogne comme sur les autres vignobles d'ailleurs.


Vous parlez essentiellement de la Côte-d'Or. Qu'en est-il du Chablisien, de la Côte Chalonnaise et du Mâconnais ?
Les Chinois s'intéressent majoritairement à la Côte-d'Or avant tout parce qu'ils sont plus amateurs de vins rouges. En blanc, c'est plus compliqué ou alors il faut se tourner vers de vieux millésimes, prêts à boire. Les vins blancs jeunes, le problème c'est la fraîcheur et l'acidité. Les Chinois y sont très sensibles et n'apprécient pas vraiment. Même pour le pinot noir, au début, c'était compliqué. Maintenant, les Chinois comprennent mieux ce cépage et savent que la fraîcheur est nécessaire et que cela fait partie de son ADN. Ils ont bien compris que les rouges de Bourgogne étaient des vins de gastronomie.


Lors de la dernière vente aux enchères des vins des Hospices de Beaune, de nombreux Asiatiques étaient présents dans la salle. Qui sont-ils ?
Le profil des clients a changé. Avant, c'était relativement facile d'identifier qui était dans la salle. Il s'agissait de professionnels du vin. Maintenant, on a beaucoup de particuliers qui viennent acheter pour eux, par exemple pour avoir du vin de l'année de naissance de leurs petits-enfants. Ils peuvent aussi se regrouper entre amis et déléguer l'un d'eux pour venir acheter une pièce, pour le fun. Les stagiaires que nous avons accueillis ont déjà participé et ont pu acquérir une quinzaine de pièces. L'augmentation du prix des vins de Bourgogne n'est pas un frein pour les Chinois, même si acheter aux hospices ça revient plus cher que d'acheter une bouteille vendue par un grand domaine !



Propos recueillis par Élisabeth Ponavoy

Il vous reste plus de la moitié de cette interview publiée dans le numéro 144 de Bourgogne Aujourd'hui à lire, ainsi qu'un dossier sur les "Bourguignons de l'année", des guides d'achat de vins de Meursault, Auxey-Duresses, Monthélie et Saint-Romain, un article sur le domaine Fèvre, à Chablis, sur un restaurant "qui monte", à Dijon, notre dernier supplément "Crémants de France", etc. Vous pouvez acheter Bourgogne Aujourd'hui n°144 au numéro et/ou par abonnement.



www.bourgogneaujourdhui.com


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 16 Jan 2019 12:50

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Alsace : passage de relais au domaine Marcel Deiss
Jean-Michel Deiss, l’un des fervents défenseurs de l’identité viticole alsacienne, transmet son vignoble à son fils Mathieu. Une succession dans la continuité de la philosophie de la maison.




L’un quitte sans vraiment partir, l’autre s’installe doucement dans les pas du premier. Jean-Michel Deiss, à la tête du Domaine Marcel Deiss depuis plus de quarante ans, cède la place à son fils Mathieu. A priori, rien de bien original dans la transmission de cette maison située à Bergheim (68), au cœur du vignoble alsacien.

Si ce n’est l’originalité des protagonistes : qualifié de « trublion du vignoble », Jean-Michel transmet plus qu’une quarantaine d’hectares à Mathieu. Il lui lègue aussi une philosophie du travail de la terre, de la vigne et du vin.

Faire fi du cépage

Cultivées en biodynamie et en complantation pour faire ressortir la personnalité de chaque terroir, les vignes du domaine sont couvées de bienveillance, les fruits vendangés mûrs et désirables. Dixit Jean-Michel, « le grand vin est la verbalisation d’une émotion et d’une énergie libre venue d’un terroir… Plutôt que l’expression d’un cépage à la norme gustative creuse ». Si ça ne tenait qu’à lui, le cépage ne devrait même plus figurer sur les étiquettes des vins d’Alsace. Comme autrefois, la mention du village, des premiers et grands crus, y suffirait. La page ‘vin de cépage’ du site internet de la maison affiche d’ailleurs que « cette catégorie est indisponible ».

La remplace une gamme baptisée « de terroir » pour des vins qui évoquent d’abord la nature d’un lieu, cristallin, sédimentaire ou volcanique. Aucun ne porte la mention de l’un des sept cépages alsaciens. D’ailleurs pour Jean-Michel, il y en a 13 si l’on compte les diverses variétés de muscat ou de pinot. Cette palette assemblée à l’infini fait l’originalité des vins de la maison.

Préserver la marque du terroir

« Pour moi, le grand vin sera naturaliste, peut-être même avec des défauts, tant les jeunes consommateurs deviennent suspicieux devant la perfection émanant de la technologie », se projette Jean-Michel.
Loin de la productivité et de l’outrance aromatique, viser l’expression d’un lieu et sa bienveillance alimentaire, voilà le credo des Deiss. « Là réside l’honnêteté d’un vin et la dignité des vignerons qui le produisent. Si l’on veut préserver la marque d’un terroir, pousser un pied à produire trois kilos de raisins n’a pas de sens : je ne veux pas voir mourir nos vignes de tristesse ! »

Le vin du rêveur

La transmission du domaine va de pair avec celle de ces idées. Tout en respectant les différences de sensibilité qui peuvent exister entre Jean-Michel et Mathieu. A l’aube de la trentaine, le jeune vigneron, ingénieur agronome diplômé de l’école de Purpan à Toulouse, est arrivé sur le domaine en 2007. Pour lui, « la complantation est l’un des piliers historiques du vignoble alsacien. Mise en place progressivement sur les quelque 220 parcelles du domaine depuis 1985, elle en est l’âme. Ce mode de culture a aussi un réel sens agronomique, surtout avec le changement climatique. »

Résultat : les vins de la maison ont une signature gustative propre, une complexité et une profondeur de goût à part. Des qualités que l’on retrouve aussi dans les flacons du Vignoble du rêveur, ce laboratoire de six hectares hérités de sa mère dans les environs de Benwihr (68). Là, Mathieu peut innover, prendre des risques et progresser vers encore plus de naturalité.

L’avenir poussera plus loin cette philosophie. Chez les Deiss, « on ne demande qu’à servir d’exemple à ceux qui pensent qu’un vigneron est d’abord le gardien d’une civilisation et le serviteur d’un paysage ». Pour mettre en pratique le propos, Jean-Michel et Mathieu espèrent l’avenir viticole de l’Alsace forgé par l’excellence d’un produit bien fait. Selon eux, le seul moyen de se distinguer de la concurrence.

http://www.marceldeiss.com/fr/

http://www.vignoble-reveur.fr


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Hugo B. » Mer 16 Jan 2019 13:18

"L’un quitte sans vraiment partir"

Je suis curieux de voir quel rôle va jouer Jean-Michel Deiss à l'avenir pour le vignoble familial.
C'est en tout cas un immense personnage qui peut transmettre son domaine la tête haute.
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Jeu 17 Jan 2019 12:34

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Le ministre de l'Agriculture, qui veut «éduquer les jeunes à boire du vin», provoque la colère des médecins
Alors que le gouvernement a présenté la semaine dernière son plan contre les addictions, qui vise notamment à mieux faire respecter l'interdiction de la vente de tabac et d'alcool aux mineurs, le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume a tenu ce mercredi matin des propos concernant l'alcool qui ont fait bondir les professionnels de santé.




Chaque année, l'alcool est responsable du décès de 49.000 personnes en France. C'est notamment pour lutter contre ce fléau que la Mildeca, la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives, placée sous l'égide de Matignon,a publié la semaine dernière le Plan national de mobilisation contre les addictions 2018-2022. Un document validé par le cabinet du Premier ministre et qui provoque depuis quelques jours la colère des spécialistes de l'addiction à l'alcool. Ces derniers, qui réclamaient notamment un prix plancher pour ne pas que l'on puisse acheter du vin à deux euros le litre, considèrent en effet qu'aucune mesure n'a été prise pour lutter sérieusement contre les ravages de l'alcool.

"Le vin n'est pas un alcool comme les autres"

Interrogé sur ce sujet ce mercredi matin sur BFMTV, le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation , a estimé que le vin "n'est pas un alcool comme les autres". "L'addiction à l'alcool est dramatique, et notamment dans la jeunesse, avec le phénomène du binge drinking. Mais je n'ai jamais vu un jeune qui sort de boîte de nuit et qui est saoul parce qu'il a bu du Côtes-du-Rhône, du Crozes-Hermitage, du Bordeaux ou des Costières de Nîmes, jamais. Ils boivent des mélanges, des mix, de l'alcool fort", a argumenté Didier Guillaume.

"Il faut lutter contre toutes les addictions, et il faut éduquer les Français, les Françaises, la jeunesse, au beau, au bon. Il faut éduquer à boire un verre de vin, pour savoir ce que c'est. Mais je le redis : attention aux addictions", a conclu le ministre de l'Agriculture avant de souligner que la viticulture est un élément économique fort du pays.

Des déclarations qui ont mis le feu aux poudres. "Quel aveuglement ! M. Guillaume, tous les médecins vous invitent à faire un tour aux urgences un soir de feria ou de beaujolais nouveau. Pour être plus précis, il y a tous les jours des comas éthyliques au vin", a réagi sur Twitter le professeur Michel Reynaud, addictologue et président du fonds actions addictions.

Ce discours du ministre "place surtout la France dans une position intenable et lamentable quant à l'influence du lobby sur nos politiques", a estimé pour sa part le professeur Amine Benyamina, psychiatre spécialiste des addictions, également sur Twitter.

"Contrairement à ce que prétend le ministre de l'Agriculture, les études démontrent que les jeunes se saoulent avec du vin (18%) ou du champagne (25%) selon l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Le vin est aussi un alcool comme les autres pour se saouler", a déclaré de son côté Bernard Basset, vice-président de l'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie.

Les propos du ministre tranchent avec une étude sur laquelle s'appuie le plan gouvernemental et selon laquelle "faire goûter de l'alcool à un enfant pourrait avoir pour effet d'augmenter la consommation de boissons alcoolisées à la fin de l'adolescence". Des acteurs de la lutte contre l'alcoolisme ont d'ailleurs dénoncé ces derniers mois la présence d'Audrey Bourolleau au poste de conseillère Agriculture de l'Elysée. Elle était déléguée générale du lobby du vin avant de rejoindre Emmanuel Macron. "Il y a au gouvernement et surtout à l'Elysée des gens qui ont décidé de soutenir la viticulture", avait réagi M. Reynaud, lors de la présentation du plan contre les addictions, déplorant l'absence de "mesures structurellement efficaces" et notamment pour agir sur le prix de l'alcool.

Ses propos sont également totalement contraires à ceux que la ministre de la Santé avait tenus l'hiver dernier. "Scientifiquement, le vin est un alcool comme un autre. En termes de santé publique, c'est exactement la même chose de boire du vin, de la bière, de la vodka, du whisky, il y a zéro différence", avait déclaré Agnès Buzyn en février 2018, s'attirant à l'époque les foudres du monde viticole.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Lun 21 Jan 2019 12:01

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Guide Michelin : Marc Veyrat perd sa troisième étoile, un an après avoir été promu
« Je reste terriblement déçu », a confié le chef de Haute-Savoie. C’est la première fois que le guide gastronomique se déjuge en un si court laps de temps.




Il se dit « terriblement déçu ». Le chef gastronomique Marc Veyrat a confirmé ce lundi que son établissement haut-savoyard, La maison des bois, avait perdu une étoile dans le palmarès 2019 du guide Michelin, qui devait être révélé dans l’après-midi.

Dans un communiqué, le chef confie se trouver « dans l’incompréhension totale et injuste de cette destitution ». « Je reste combatif et présent dans ma cuisine avec mon équipe », affirme-t-il cependant.

Promue l’an passé

Sa table avait été promue l’an passé seulement, propulsée au firmament de la grande cuisine avec les fameux trois macarons du célèbre guide gastronomique. C’est la première fois que celui-ci se déjuge en un si court laps de temps.

Selon Le Point, qui avait annoncé la nouvelle dans la matinée, deux autres établissements se sont vu retirer leur troisième étoile cette année. L’Auberge de l’Ill, à Illhaeusern (Haut-Rhin), pouvait s’enorgueillir d’être au sommet sans discontinuer depuis 1967, sous l’égide de Paul Haeberlin puis de son fils Marc Haeberlin. A Paris, le Mozart (XVIe arrondissement) de Pascal Barbot disposait lui des trois étoiles depuis 2007. Ces rétrogradations doivent probablement à l’arrivée récente de Gwendal Poullennec, tout nouveau directeur international du guide Michelin.

Quelque « 75 restaurants seront promus, dans les catégories 1, 2, 3 étoiles, ce qui est un record chiffré », a par ailleurs annoncé Gwendal Poullennec, le tout nouveau directeur international du guide Michelin. La grande nouveauté devrait venir de la « proportion inédite de femmes chefs » attendue sur le podium, après des années de polémique sur leur quasi-absence.


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