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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mar 25 Sep 2018 11:55

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Étude mondiale sur la consommation de vin : « on affole tout le monde pour rien »
La communauté scientifique internationale dénonce sur le forum en ligne ISFAR, les nombreux biais de l’étude mondiale sur la consommation de vin publiée cet été dans « The Lancet ». Membre du forum, le professeur Pierre-Louis Teissèdre, professeur à l’université de Bordeaux et secrétaire scientifique de la commission sécurité et santé à l’OIV, en présente les principaux points de contestation, en exclusivité pour Terre de Vins.



L’étude parue le 24 août dans la revue britannique « The Lancet », prétend que l’alcool entraînerait une surmortalité dès le premier verre. Quelle est votre réaction à une telle conclusion ?
Il y a beaucoup d’éléments de contestation, ils ont été publiés le 3 septembre dans un article co-signé à l’échelle internationale par une douzaine de professeurs d’université et de chercheurs du monde médical dont je fais partie, réunis dans un forum en ligne, l’International Scientific Forum on Alcohol Research (IFSAR). Mais au-delà des biais observés, il faut signaler tout d’abord le fait que cette étude est une méta-analyse, c’est-à-dire une fusion de données de nombreuses autres études observationnelles. Les chercheurs ont ainsi compilé près de 700 sources qu’ils ont combinées dans des modèles mathématiques pour estimer les dommages causés par l’alcool dans le monde entier. C’est certainement la plus grande méta-analyse jamais effectuée sur les risques liés à la consommation d’alcool dans le monde, mais pour autant, on peut la considérer comme partisane puisqu’elle n’a pas écarté de ses sources, des études pour lesquels il existe de nombreux biais qui ont déjà été commentés et qui sont connus.

Lesquels ?
Par exemple parmi les études utilisées par les enquêteurs, certaines ont été réalisées il y a 20-30 ans sur des estimations de consommation anciennes qui s’avèrent aujourd’hui erronées… Comme la consommation d’alcool des Français, surestimée. L’étude annonce en effet une consommation entre 4 et 5 verres par jour pour les hommes et de 2 à 3 verres pour les femmes. Or en 2010, la consommation des Français est estimée en moyenne à 2,6 verres par jour et par habitant de plus de quinze ans, toutes boissons confondues. Pour le vin, d’après les sources récoltées par l’Organisation international de la vigne et du vin (OIV), en 2016 la consommation de vin en France serait de 51,2 litres par habitant et par an, équivalent à une moyenne autour de 1,4 verre standard (un verre standard contient 10 grammes d’éthanol, NDLR) par habitant et par jour, ce qui est plutôt faible. Pire, les auteurs tentent de limiter les biais liés à la consommation touristique, l’étude signalant qu’une correction a été apportée dans ce sens. Or, les données prenant en compte l’exportation d’une partie des productions nationales sont introuvables dans l’étude et cela constitue un gros bug.

L’étude combine des données provenant de 195 sites dans le monde, sans établir de différences entre les pays, les cultures…
C’est en effet un problème que dénonce le forum. L’étude rassemble des données provenant de 195 sites du monde entier, issues des années 1990 à 2016, pour les deux sexes et pour les groupes d’âge de 15 ans à 95 ans et plus. Or, combiner des informations provenant de nombreuses cultures divergentes pour déterminer une association unique entre la consommation d’alcool et la santé, ne peut qu’aboutir à des conclusions erronées. En effet, de nombreux facteurs liés à notre mode de vie, à notre culture, modifient fortement la relation entre une quantité donnée d’alcool, la santé et les maladies. Ces facteurs de modifications comprennent par exemple le statut socio-économique de l’individu, des circonstances telles que boire avec ou sans nourriture, le type de consommation (modérée ou excessive), le type de boisson (vin ou spiritueux), le niveau d’activité physique de l’individu, etc. Malgré le travail colossal fourni par les enquêteurs, combiner les résultats globaux de populations divergentes ne peut qu’aboutir à des conclusions qui ne s’appliquent in fine… à aucune population spécifique, et c’est cela qui est grave.

L’étude ne se préoccupe pas du type d’alcool consommé. En quoi cette approche n’est pas représentative par exemple, de la consommation de vin des Français ?
L’étude base son analyse sur « les boissons standards quotidiennes », c’est-à-dire toute boisson alcoolisée équivalent à 10 g d’alcool éthylique pur : vin, spiritueux, bière, etc. Or, le vin n’est pas juste une autre forme d’alcool ! Malheureusement, cette idée est banalisée depuis longtemps par des groupes activistes qui souhaitent faire diminuer la consommation de toutes les boissons alcoolisées de façon importante, voire éradiquer toute consommation d’alcool quels que soient le type de boisson, la dose et la façon de consommer. Nous disposons pourtant aujourd’hui, de nombreuses enquêtes épidémiologiques aux résultats généralement convergents qui confortent l’hypothèse d’un effet protecteur du vin rouge, que ne partageraient pas les autres boissons alcoolisées, se traduisant principalement par une diminution des risques d’accidents vasculaires cérébraux et cardiaques. Outre l’alcool, le vin contient des polyphénols qui permettent de lutter contre le “stress oxydant”, un phénomène d’oxydation des composés intracellulaires qui augmente avec l’âge et intervient dans les maladies chroniques liées au vieillissement.

L’étude préconise dans son introduction et dans ses conclusions, une consommation nulle d’alcool. Ce n’est pas un peu fort ?
En arriver à des conclusions en faveur d’une abstention totale en affirmant qu’il n’existe pas de niveau sûr, ne peut être un argument en faveur de l’abstention. Il n’y a pas de niveau de conduite sécuritaire, mais le gouvernement ne recommande pas aux gens d’éviter de conduire ! En y repensant, il n’y a pas de niveau de vie sûr, mais personne ne recommanderait l’abstention ! L’usage n’est pas l’abus, on peut supposer que les gens qui choisissent de boire de l’alcool en quantité modérée en prennent un peu de plaisir, et tout risque doit être échangé contre ce plaisir.

Cette étude a été largement relayée par les médias durant l’été… Quels sont pour vous les conséquences d’un tel relais médiatique ?
D’une certaine manière, le mal a déjà été fait ! On affole tout le monde pour rien, mais il n’y avait pas lieu d’inquiéter de braves gens qui usent sagement d’un produit. On peut regretter, aujourd’hui, que les messages de santé publique incluant le vin ne soient tournés que vers l’impact d’une consommation excessive en excluant les effets potentiels lors d’une consommation modérée dans le cadre de la nutrition. Loin de ne jouer qu’un rôle de nutrition préventive, lorsqu’il est consommé régulièrement, avec modération, et intégré à l’alimentation, le vin apporte aussi du plaisir sensoriel et de la convivialité.

Lien vers le forum ISFAR
http://alcoholresearchforum.org


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mar 25 Sep 2018 11:58

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Vendanges 2018 : « Ça me rappelle 1999 ! »

Raisins magnifiques, temps idéal, le millésime 2018 est plein de promesse. Plus particulièrement en rouge. All about Burgundy a suivi les vendanges au domaine Hubert Lignier à Morey-Saint-Denis. Laurent Lignier nous fait découvrir sa parcelle de Pommard (Climat En Brescul), une vigne acquise avec notamment Eric Carrière, ex-footballeur international, consultant et caviste. L’occasion d’un échange entre les deux hommes sur cette association entre deux passionnés.


Lien vers la vidéo: www.allaboutburgundy.fr


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mar 25 Sep 2018 12:12

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Maison Blanche : « culture sans nature n’est que ruine de l’homme »
C’est notre nouvelle allocation de la semaine ! On vous emmène à la découverte d’une pépite de la rive droite bordelaise : le château Maison Blanche. La famille Despagne y produit de beaux vins biodynamique, très peu soufrés et de longue garde. Notre équipe est fan !




Nous avons déjà eu l’occasion de vous parler du Château Grand Corbin Despagne, à Saint-Emilion. Cette pépite qui appartient à la même famille est exploité par Nicolas Despagne. On vous raconte son histoire ?

Situé en AOC Montagne-Saint-Émilion, le château Maison Blanche fut fondé à la fin du XIXe siècle par Marie Constant et son mari Octave Pineau (sous-préfet de la Vienne). C’est eux qui firent construire la belle maison en pierres blanches provenant de la Vienne (et qui tranchaient alors avec les pierres blondes du saint-émilionnais), ce qui donna son nom actuel au domaine : la Métairie du Château Petit Corbin devînt le Château de La Maison Blanche. En 1938, le domaine est racheté par Louis Rapin, qui l’agrandit, le restructure et rénove les bâtiments. La fille de Louis Rapin, Françoise Rapin, lui succède en 1972 et confia l’exploitation du domaine à son époux Gérard Despagne (propriétaire à Saint-Emilion, issu d’une famille de vignerons, solidement implanté dans la région depuis plus de 500 ans). Ce dernier fait construire un chai souterrain, une grande réserve et un immense chai à barriques.

Nicols Despagne : une ambition proche de la nature dès le départ

A partir de 1995, Gérard Despagne est rejoint par ses enfants. Nicolas Despagne, l’actuel propriétaire, commence à travailler au chai, après des études de droit de la vigne et du vin et une première expérience dans le négoce du vin. Il collabore avec son père durant une bonne dizaine d’années, même si leurs visions du vin et de la manière de le produire divergent assez nettement. Son frère, François Despagne, s’investit quant à lui dans le travail des vignes. Rapidement, Nicolas Despagne souhaite passer à l’agriculture biologique et même biodynamique. Il commence par supprimer le peu d’intrants qui étaient utilisés au chai. Dès que son père l’implique dans les vignes, à la fin des années 1990, il bannit les produits systémiques, pour ne conserver que les pénétrants et les produits de contact. A parti de 2000, il commence à vraiment imposer son style dans les vinifications et dès le millésime suivant, il est seul aux commandes pour cette partie. La même année, il commence à expérimenter la biodynamie sur deux hectares, pour la cuvée Louis Rapin (vignes plantées entre 1943 et 1955). Il poursuivra cet essai durant plusieurs années.

A partir du millésime 2005, il décide avec sa sœur Nathalie de passer intégralement en bio, au château Maison Blanche, mais aussi leur autre propriété La Rose Figeac ainsi que dans un autre domaine, vendu depuis. Il augmente également la part du vignoble cultivée en biodynamie : de deux hectares il passe à 11. Il commence à s’engager dans la certification bio en 2006 et l’obtient en 2009. Enfin, en 2011, c’est l’ensemble du domaine qu’il convertit à la biodynamie. Il demande (et obtient) la certification en 2013 (Demeter). C’est aussi l’année où sa sœur et lui séparent leurs activités : elle récupère La Rose Figeac et lui Maison Blanche. Leur frère François Despagne gère quant à lui le château Grand Corbin Despagne.

Ainsi, le passage effectif au bio et à la biodynamie s’est effectué progressivement et par petite touche, notamment parce que Nicolas Despagne ne décidait pas seul, mais on sent bien que l’idée germait depuis longtemps. Aujourd’hui, il cherche à résister, modestement et à son échelle, à l’agriculture conventionnelle. Pour lui, il ne s’agit ni de laisser faire la nature, ni de s’opposer à elle, mais bien de l’accompagner. Il reprend d’ailleurs à son compte la célèbre citation de Rabelais en la réadaptant : « Culture sans nature n’est que ruine de l’âme. »

Une viticulture et des vinifications exigeante, le plus naturelles possible

Le vignoble se trouve au sud-ouest de Montagne, sur des versants et un plateau aux sols argilo-sableux et argilo-calcaires. Le domaine compte 40 hectares d’un seul tenant, dont 32 de vignes avec un encépagement composé d’une majorité de cabernet franc (60%), complétée par du merlot (40%). Une partie des vignes est assez âgée, plantée entre 1943 et 1964. Le domaine met un point d’honneur à récolter les raisins au moment le plus juste, il ne recherche ni la légère sous-maturité, ni la sur-maturité, avec des rendements compris entre 25 et 45 hl/ ha. Comme beaucoup de vignerons, Nicolas Despagne trouve l’agriculture bio largement insuffisante -du fait notamment de l’autorisation de nombreux intrants, artifices et technologies -, il pratique donc une biodynamie poussée et sincère. En accord avec la biodynamie, sa vision de l’agriculture consiste à dire qu’il est nécessaire de se reconnecter à l’équilibre général, mêler les hommes, les animaux, les minéraux… « On a oublié le lien essentiel qu’on a à la terre, et ce manque d’humilité nous conduit dans une impasse, alors comme nous sommes reliés à la nature. » Il veille à recréer un certain équilibre. Comme dans la permaculture, le but est de ne pas traiter uniquement les conséquences d’un problème, mais toujours d’en chercher les causes et de recréer un micro environnement qui soit autonome. Le domaine suit également le calendrier biodynamique.

Il s’est également engagé dans une certification peu connue, le label Bio-Cohérence. Ce dernier va plus loin que le bio en intégrant l’obligation qu’une personne physique (le vigneron) soit détenteur de plus de la moitié du capital de l’exploitation, afin d’être réellement décisionnaire à la vigne et au chai, mais aussi l’obligation de consacrer au moins 10% de la surface du domaine à d’autres culture que la vigne (forêts…), ainsi qu’une obligation de résultat : celle de contenir moins de 5 μg / L de vin de résidus de pesticide de synthèse (par comparaison, 5 000 μg sont autorisés pour les raisins, 10 μg pour la nourriture pour bébé et 0,1 pour l’eau). Le domaine a ainsi réservé 8 hectares à la mise en œuvre de cette bio-diversité (ruisseaux, mares, jachères fleuries, rosiers, prairies, potager, arbres fruitiers, haies, sous-bois, Bois, abeilles, volailles, bovins…). Les seuls produits utilisés dans les vignes sont le soufre et le cuivre, en plus des traitements bio et des préparations biodynamiques spécifiques.

En cave, les moûts sont très peu ou pas sulfités, et les fermentations sont menées uniquement avec les levures indigènes et sans intrants, idem pour l’élevage. Les vins sont mis en bouteille sans collage ni filtration. Il n’y a aucune « technologie » dans le chai de Nicolas Despagne : aucun matériel pour chauffer ou refroidir, il fait tout naturellement « Si j’ai besoin de refroidir, je descends le vin dans une cave souterraine plus fraîche par exemple« . Le seul intrant utilisé est donc le soufre et encore, il est réduit au maximum : ses cuvées les plus dosées sont entre 25 et 45mg (alors que la limite en bio et à 100 et à 70 en biodynamie pour les rouges). « De toute façon, les tanins, l’acidité et l’alcool protègent naturellement le vin. » Il produit également trois cuvées sans soufre ajouté : Louis Rapin (issue de vieilles vignes), Vinum Simplex (un 100% cabernet-franc élevé en jarre ou oeufs de terre cuite et assemblage de plusieurs millésimes) et Maison Blanche (la cuvée issue des terroirs historiques du domaine et composée de vieilles vignes). Cette dernière existe à la fois en version légèrement sulfitée (un peu durant l’élevage puis à la mise) et sans soufre ajouté ; mais même pour la version légèrement sulfitée, ces derniers ont disparu au bout de cinq ans.

La philosophie de Nicolas Despagne consiste à produire des vins les plus naturels possibles, qui soient bons pour la santé et au maximum composés à 100% de raisins : « Nos vins sont vivants. Ils recèlent la force de la Nature que nous avons préservée, aussi bien que nous l’avons pu, de la terre à votre verre.« , peut-on lire sur la présentation du domaine. Il soutient d’ailleurs l’association européenne TOWA (Transparency for Organic wine Association) qui milite pour la transparence et la traçabilité sur les étiquettes du vin, afin que les consommateurs sachent réellement ce qu’il y a dans leur verre.


www.idealwine.net


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 26 Sep 2018 11:47

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Ont-ils trouvé le plus vieux domaine viticole du Beaujolais ?
Les archéologues viennent de mettre à jour dans le sud du Beaujolais les vestiges d'une villa romaine du 1er siècle après JC... en bordure immédiate des vignes !



S'agit-il du plus vieux "domaine viticole" du Beaujolais ? Il est trop tôt pour le dire, mais toujours est-il que les premiers sondages (il ne s'agit même pas encore véritablement de fouilles) réalisés cet été à Châtillon d'Azergues, dans le sud du Beaujolais, ont permis de mettre à jour les vestiges très prometteurs d'une villa romaine du 1er siècle après JC. "Il s'agit en fait d'une grosse exploitation agricole rurale fréquente à cette époque dans l'empire Romain, comportant une partie résidentielle, la pars urbana, de 400 m2 environ même si sa surface précise reste à déterminer, et une partie exploitation, la pars rustica", explique Jules Ramona, architecte de la ville de Lyon, qui a conduit ces premières recherches archéologiques avec son équipe, des étudiants lyonnais et Romain Guichon, de la société suisse Archedunum.
"Une première construction du début du 1er siècle a été rasée, une seconde aussi et ce que nous voyons aujourd'hui est en fait la troisième construction de cette villa romaine occupée jusqu'à la fin du 3ème, début du 4ème siècle, abandonnée, puis habitée à nouveau au Moyen Age comme l'atteste la présence d'une ère funéraire antérieure au XIIème siècle", ajoute l'architecte lyonnais.

Dans la longue tranchée de la pars urbana, on peut voire ce qui faisait office de vestiaire, de pièce d'apparat, et servait probablement à se changer avant de pénétrer dans une zone thermale, ainsi que les reste d'un système de chauffage par les sols et les mûrs, de type hypocauste. Deux autres sondages ont permis de découvrir dans un angle de la villa une sorte d'appentis, ou d'annexe et, dans un autre secteur, une petite zone de la pars rustica.
Mais quelle partie de La pars rustica ? "S'agit-il d'un local de logement des esclaves, de stockage, de stabulation, nous ne le savons pas encore ?", reconnait Jules Ramona. Et savez-vous si l'on produisait du vin dans cette villa ? "Nous avons trouvé des fragments d'amphores qui attestent d'un stockage de vins, mais rien pour le moment qui prouve qu'il y a eu production de vins", ajoute l'archéologue, qui comme tout le monde est intrigué par la localisation de cette villa sur un terrain (appartenant à l'excellent domaine Chasselay) pour le moment non planté, mais situé à quelques mètres seulement de vignes en coteau. "Il est clair que beaucoup de questions restent en suspens, en lien avec la qualité des premières découvertes, la taille de la villa, la longue période d'occupation, sa localisation", conclut Jules Ramona, qui a donc fait une demande de budget pour pouvoir effectuer de vraies fouilles le plus rapidement possible.

Christophe Tupinier


www.bourgogneaujourdhui.com


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Lun 15 Oct 2018 12:04

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Une bouteille de Romanée-Conti adjugée 558.000 dollars, un record pour du vin
Une bouteille de Romanée-Conti millésime 1945 a été adjugée samedi 558.000 dollars, du jamais vu pour du vin, lors d’une vente organisée par la maison Sotheby’s à New York qui a vu deux bouteilles battre l’ancien record en la matière.



Le prix final, qui inclut les taxes et les commissions, correspond à 17 fois la limite haute de l’estimation initialement établie par Sotheby’s, soit 32.000 dollars. Cette bouteille à l’étiquette tachée est l’un des 600 exemplaires produits en 1945, juste avant que le domaine de la Romanée-Conti n’arrache les vignes pour les replanter ensuite.
La Romanée-Conti est souvent considéré comme le plus grand vin de Bourgogne, peut-être le cru le plus prestigieux au monde. Le domaine est situé sur une parcelle de moins de deux hectares et ne produit aujourd’hui qu’entre 5.000 et 6.000 bouteilles par an. Il fait partie de la Côte de Nuits, une bande de coteaux située au nord de la Côte d’Or.

Le record pour une bouteille de vin de contenance standard était jusqu’ici de 233.000 dollars pour un Château Lafite Rothschild de 1869, adjugé lors d’une vente à Hong Kong en 2010. Trois exemplaires du même millésime avaient été adjugés, ce jour-là, au même prix.

Toutes tailles confondues, l’ancien record datait de 2007 pour un jéroboam (3 litres) de Mouton-Rothschild millésime 1945, vendu à New York pour 310.700 dollars.

Quelques minutes plus tard, lors de la même vente samedi, une autre bouteille de Romanée-Conti millésime 1945 a été adjugée 496.000 dollars, établissant le deuxième prix le plus élevé jamais vu aux enchères pour du vin.

Les lots vendus samedi provenaient de la collection personnelle de Robert Drouhin, qui dirigea de 1957 à 2003 la maison Joseph Drouhin, l’une des plus importantes de Bourgogne.

Le domaine Joseph Drouhin compte 73 hectares, dont une majorité de grands crus et de premiers crus. La maison Joseph Drouhin a été distributeur exclusif du domaine de la Romanée-Conti pour la France et la Belgique de 1928 à 1964.

Trois autres bouteilles de Romanée-Conti, des magnum (1,5 litres soit le double d’une bouteille standard) millésime 1937, ont atteint chacune 310.000 dollars samedi.

Un peu plus tôt, deux lots millésime 1945 de La Tâche, qui appartient au domaine de la Romanée-Conti mais à une taille et une production moyenne sensiblement plus importantes, avaient été vendus pour 297.600 et 248.000 dollars respectivement. Chaque lot comprenait néanmoins trois bouteilles.

Au total, la vente a rapporté 7,32 millions de dollars pour cent lots, soit plus de 73.000 dollars en moyenne par lot.

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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Lun 15 Oct 2018 12:07

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[Entretien] Pierre-Emmanuel Taittinger défend « Villages et coteaux propres »
Le samedi 6 octobre avait lieu en Champagne la 5ème édition de l’opération « Villages et Coteaux propres », l’occasion pour Terre de Vins de faire un bilan avec Pierre-Emmanuel Taittinger, président du bureau de la mission Unesco « Coteaux, maisons et caves de Champagne ».




La Champagne est-elle une région viticole « propre » ?
Oui. En Champagne, nous faisons beaucoup d’efforts. Depuis l’inscription de ses paysages sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, il y a une réelle prise de conscience, élus et citoyens se mobilisent davantage mais globalement, on peut encore mieux faire. Lors de la précédente édition, en une matinée, nous avions ramassé 4 tonnes et demi de déchets qui jonchaient les bords de route, villages et coteaux. Nous avons aujourd’hui une véritable mission d’embellissement.

Quelle image de la Champagne cette opération envoie-t-elle au grand public selon vous ?
L’environnement est un sujet commun et nous devons toutes et tous à notre échelle faire des efforts. Si l’on veut continuer à faire briller le et la Champagne, et c’est ce que nous faisons grâce à la mission Unesco, nous devons nous réconcilier avec des sujets sensibles et montrer que la Champagne est belle, en mouvement et qu’elle est soucieuse de beauté et d’excellence.

Une journée d’action en Champagne mais pourquoi pas mondiale ?
Elle pourrait être faite partout et la propreté ne concerne pas uniquement les paysages viticoles. La France est un pays agricole qui a vu naître des usines de méthanisation, des éoliennes qui sont véritablement des verrues paysagères. Les paysages appartiennent à tous. Nous devons avoir une mission d’embellissement plus large.

Appelez-vous d’autres dirigeants de maison à participer à cette journée de sensibilisation ?
Oui et pas que, les maisons investissent des sommes colossales sur leurs domaines et modernisent leurs outils de production pour aller vers une Champagne responsable et engagée. Je crois davantage entre l’union des 3 forces qui font l’entité champenoise : maisons, vignerons et coopératives, cette force du collectif qui caractérise si bien notre modèle viticole.

Quel avenir donner à ce genre d’opération ? Faudrait-il davantage mobiliser ou à terme ne plus avoir besoin de se rassembler pour nettoyer ?
Je crois qu’il faut qu’elle se perpétue, grandisse…Elle doit rester une opération sympathique, conviviale, active comme un cochelet de fin de vendanges. Réconcilier les uns et les autres avec la nature avec pour seul but : embellir la Champagne.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Lun 15 Oct 2018 12:13

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Championnat du monde de dégustation : La Belgique deux étoiles !
Les Belges ne sont pas Champions du monde 2018 de football, mais double champions de dégustation à l’aveugle ! Le samedi 13 octobre au château Saint-Pierre-de-Serjac (Languedoc), les cinq Diables Rouges ont écrasé leurs adversaires en marquant 144 points, un record.


23 équipes de dégustateurs étaient réunies samedi 13 octobre 2018, au Château-Saint-Pierre-de-Serjac, à Puissalicon, près de Béziers (Languedoc), pour participer à la 6ème édition du Championnat du monde de dégustation à l’aveugle organisé par la Revue du vin de France.

Au programme, 12 vins dégustés, 6 vins blancs puis 6 vins rouges en provenance du monde entier, et dont il fallait déceler le cépage principal, le pays d’origine, l’appellation, le millésime, et si possible le producteur.

DEUX ÉTOILES SUR LE MAILLOT BELGE

Lors de la 1ère édition du Championnat du monde de dégustation à l’aveugle de la RVF, la Belgique avait déjà raflé le titre. Elle s’est classée deuxième en 2014 et 2015, puis quatrième en 2016. Après une année difficile en 2017, où les Belges ont fini en avant dernière position, les Diables Rouges font leur retour cette année sur la première marche du podium, devenant ainsi la seule équipe sacrée deux fois championne du monde de dégustation à l’aveugle.

Une victoire bien méritée ! Avec 144 points, ils enregistrent le plus haut score depuis le début de cette compétition !

Le deuxième exploit de cette édition 2018 est à mettre au crédit de l'équipe de Taïwan, qui participait pour la première fois au Championnat et qui s’est classée directement en quatrième position. Une équipe à suivre !

ZIMBABWE ET ÉTATS-UNIS EX AEQUO

Pour la France, qui se classe en troisième position, les choses ont été plus compliquées. Sur le vin n°9, un malbec argentin de Mendoza 2011, les dégustateurs français ont bien reconnu le malbec (cépage emblématique de Cahors) mais ils pensaient être dans le vignoble espagnol. Pour le vin n°1, qui était un chenin d’Afrique du sud, ils sont partis sur un assemblage grenache blanc/clairette de la vallée du Rhône.

Le Zimbabwe qui participait à la compétition pour la seconde fois se classe quatorzième ex aequo avec les États-Unis, une belle performance pour cette belle équipe, dont l'histoire peu commune fait l'objet d'un film qui sortira l’an prochain.



Article et résultats complets: www.larvf.com

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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 17 Oct 2018 11:36

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François Chidaine : une ode à la gourmandise et à la délicatesse
Avez-vous déjà goûté les vins de François Chidaine ? Comme nous, laissez-vous surprendre par leur pureté, leur délicatesse, leur caractère charnu et épicé. C’est beau. C’est tellement beau que nous avons tenu à vous faire (re)découvrir le travail de ce vigneron talentueux.




2018. En voilà une belle année pour François Chidaine avec qui nous avons eu la chance de nous entretenir peu de temps après les vendanges. Si ce millésime était très précoce à cause des changements climatiques, il a permis la production de raisins d’une grande pureté. Cela n’a pas été sans peine. Pour éviter qu’ils ne se gorgent de sucre et ne donnent des vins trop alcoolisés, il a fallu les vendanger rapidement. A la main, évidemment.

Des millésimes, François Chidaine en a vu passer. Issu d’une famille vigneronne native de Montlouis-sur-Loire, il débute en 1984 aux côtés de ses parents avant de prendre son envol cinq ans plus tard en créant son propre domaine, une mosaïque de vignes couvrant au total quatre hectares. « Mes parents m’ont transmis l’amour du travail dans la vigne et des valeurs de respect du végétal. Tous deux n’ont jamais été adeptes des phytosanitaires. En 1979, mon père labourait la terre. » Convaincu par ses proches ainsi que par Didier Dagueneau et Nady Foucault (Clos Rougeard), il se tourne vers le bio, puis la biodynamie. En 1999, ses parents mettent un terme à leur activité et lui transmettent leurs 13 hectares de vignes. Aujourd’hui, François Chidaine cultive 30 hectares de chenin blanc ainsi que sept hectares d’autres cépages régionaux comme le sauvignon, le pinot noir, le grolleau, le cabernet-franc, le côt et le pineau d’aunis. Une telle variété lui permet entre autres de proposer des vins gourmands et frais, à apprécier dès leur jeunesse pour en savourer le fruit.

Avec un peu de recul, François Chidaine admet qu’il a fait bien des progrès. « Le monde du vin a beaucoup changé, et notamment l’approche de la viticulture. Désormais, les gens prennent profondément conscience que le vin se fait dans la vigne avec la réalisation d’un bon raisin. Au fil du temps, j’ai adopté des méthodes de culture plus pointues, j’ai mieux soigné mes vignes par la taille et le travail du sol (labours et griffages). Je me suis aussi spécialisé dans la recherche de l’équilibre des végétaux en effectuant une rotation de culture, la spécificité du domaine. »

Son secret dans la cuverie pour signer de si jolis vins ? « Ne rien faire. (rires) Plus sérieusement, j’accompagne la nature pendant mes vinifications parcellaires en adoptant des méthodes douces. Je surveille seulement et je joue avec les températures. La fermentation s’effectue spontanément avec les levures indigènes. Je n’influence pas le vin donc je ne le colle pas. » Mais François Chidaine ne se revendique pas « nature » pour autant. « Je veux seulement laisser les raisins et les terroirs s’exprimer avec finesse, élégance, maturité et justesse, délicatesse et équilibre. » C’est sensuel, c’est tentant, n’est-ce pas ?

Il n’y a pas de secret, pour cela il faut travailler… et s’inspirer ! Ce que fait François Chidaine, et forcément, auprès de domaines qui sont en quête de cette même pureté.

Aujourd’hui, c’est à son tour d’inspirer ses enfants et d’enrôler la casquette de « formateur ». Récemment arrivés en renfort, sa fille Alice (qui a déclaré rapidement sa vocation) et son fils Pierre doivent apprendre et comprendre les gestes de ce qui a été fait auparavant. Être vigneron et vinificateur est un métier qui demande du recul, de l’expérience, de la compréhension dans les vignes et dans la cave. « Ils prennent leurs marques, ils touchent à tout avec leur regard innocent. » Dans une entreprise familiale, le chamboulement est nécessaire avec l’arrivée de la nouvelle génération.

En attendant le moment de s’effacer tout à fait, François Chidaine ne perd pas un instant pour découvrir régulièrement de nouveaux vins, de nouveaux vignerons (jeunes comme anciens), de nouvelles régions. « Le vin est une source inépuisable de connaissances grâce aux différents millésimes et aux nombreux hommes qui le façonnent. Mais le facteur le plus intéressant- et le plus important à mes yeux- c’est le bonhomme. » Un conseil pour ceux qui souhaitent découvrir à leur tour ses vins ? « L’ouvrir avec des amis. Le vin c’est le partage. Et il faut le savourer avec des crustacés ou du poisson de rivière comme celui que fait ma femme, fine cuisinière. » Et pour ses vins plus tendres ? « Des accords sucrés-salés, voire épicés. »

Voilà chers amateurs passionnés, maintenant vous savez tout de cette figure du vignoble ligérien, de son travail, de sa succession assurée… et des accords mets-vins !


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 17 Oct 2018 11:42

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Inondations dans l’Aude : après le choc, le premier bilan
L'Aude viticole est en état de choc, après les pluies diluviennes qui se sont abattues sur le vignoble dans la nuit de dimanche à lundi.




Le département étant encore en alerte rouge crue, il est impossible actuellement de se déplacer et d’avoir une évaluation des dégâts. Entre les routes coupées et les ponts arrachés, il sera encore extrêmement difficile durant les jours à venir d’avoir un diagnostic exact de la situation. On sait à ce jour que l’Aude, en débordant, a endommagé les vignes situées sur ses abords, que Carcassonne et ses alentours ont été très touchés, tout comme AOC Cabardès, Malepère, Limoux, Minervois, ainsi que l’AOC Saint Chinian, mitoyenne dans l’Hérault. Villemoustaussou, Villegailhenc, Conques, Villardonnel, Floure et Trèbes sont les villes les plus touchées, selon le préfet. Selon Vigicrues, via l’AFP, il s’agit d’une crue d’un niveau sans précédent, de plus de 7 mètres, pas vue depuis 1891 dans la vallée de l’Aude.

Par son ampleur, cet épisode orageux diluvien rappelle celui des 12 et 13 novembre 1999, causant la mort de 25 personnes, touchant 200.000 personnes, avec une lame d’eau record de 620 mm en 48h et des crues centennales dans de nombreux cours d’eau, indique l’Observatoire France des Tornades et Orages Violents.

Frédéric Rouanet, président du syndicat des vignerons de l’Aude, recadre : « la priorité du jour sont les victimes, on ne peut rien dire aujourd’hui, et on ne peut pas se déplacer ».

La situation est à l’avenant dans l’AOC Minervois. Philippe Coste, son président, déclare : « la situation est très compliquée. La télé montre les personnes touchées, il y a aussi beaucoup de dégâts dans les vignobles. Toutes les vendanges n’étaient pas terminées, notamment en Carcassonnais et Hautes Corbières. Dans l’Ouest du département, les dégâts seront probablement équivalents au désastre de 1999, avec des problématiques d’arrachage se souches et de sols. Il faut attendre, pour voir les dommages, qu’il n’y ait plus de végétation, pour tailler. Il faut que le vignoble soit classé en catastrophe naturelle ». Marie Vidal Vigneron, sa directrice technique, complète : « nous sommes sous le choc, en alerte rouge, on se préoccupe de ses proches, de ses voisins. Il n’est pas possible de circuler, l’Aude à Homps fait encore 500m de large, les accès routiers continuent à se dégrader, il y a peu de téléphone et d’internet. Tout ce qui est le long de l’Aude a été sous le déluge : les vignobles de Limoux, Cabardès. Dans le Minervois sur la partie Ouest, il y a des caves touchées et des vignerons qui n’avaient pas terminé la vendange. A Bize-Minervois, l’esplanade où s’est tenu Tastes en Minervois les 1er et 2 septembre a été entièrement sous l’eau. Près des 2/3 de l’appellation ont été touchés à des degrés extrêmement variables. Il semble aussi que Durban en Corbières et Saint-Chinian aient subi des dommages ».

Dans l’AOC Limoux, Marlène Tisseire, sa directrice, est dans l’expectative : « nous ne savons pas tant que nous n’aurons pas fait le tour ; il semble que nous ne soyons pas le vignoble le plus endommagé. Nous avons eu déjà un épisode le 7 mai, les vignes le long de 2 cours d’eau ont été submergées ».
Les caves aussi ont été inondées : dans le Cabardès, Stéphanie Ramé, présidente de l’AOC et vigneronne dans sa Maison Ventenac, à Ventenac-Cabardès, est mobilisée, avec toute son équipe, à nettoyer son chai, et fera un point dans la semaine avec ses adhérents, pour les vignes comme les caves.

La cave des Maitres Vignerons de Cascastel, reconstruite après les inondations de 1999, a elle aussi subi 15 cm d’eau du débordement de la Berre, mais Atmann Afanniss, son directeur, se veut rassurant : « les vignes sont sauves ».


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 24 Oct 2018 13:05

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Hervé Berland : « J’ai toujours eu les yeux de Chimène pour la Bourgogne »
Hervé Berland dirige la holding des domaines de Martin et Olivier Bouygues (Château Montrose, Clos Rougeard, etc.). Il revient sur la reprise du domaine Rebourseau (Gevrey-Chambertin) prévu pour la fin de l’année.




Qu’est-ce qui a conduit les frères Bouygues à investir en Bourgogne ? En quoi cette région vous intéresse-t-elle ?
Martin et Olivier Bouygues recherchent la haute qualité en matière de vins et de spiritueux et nous sommes animés d’un même désir de bien faire sur des terroirs exceptionnels. Nous avons investi dans de très belles propriétés, des pépites, comme le Clos Rougeard (Saumur). Une fois à Bordeaux ou encore dans en Val de Loire, être en Bourgogne s’inscrit dans la logique des choses. Nous recherchions ce genre d’opportunité.

Depuis combien de temps recherchiez-vous ?
Depuis un an ou deux. Ces opportunités sont souvent une question de rencontres. Nous avons été mis en contact avec la famille de Surrel (à la tête du domaine Rebourseau). Après avoir échangé avec eux, nous avons conclu que nous étions faits pour nous entendre.

On dit souvent que la Bourgogne est compliquée. Pas tant que cela à vous entendre ?
En Bourgogne il n’y a pas grand-chose à vendre. La complication est surtout là : il n’y a pas de dossier mis sur la place publique pour se présenter au mieux offrant. Ce n’est pas comme cela que les choses se passent mais plutôt par des mises en contact.

Qu’est-ce qui vous a convaincu d’investir précisément dans ce domaine ?
C’est le terroir ! Vous savez que c’est là que tout commence. Le Château Montrose, on peut le dire aujourd’hui, était une belle endormie. Il y a un terroir fabuleux qui était insuffisant mis en valeur. La qualité du terroir ne se traduisait pas suffisamment dans les bouteilles. Le domaine Rebourseau dispose d’une base de terroirs exceptionnels. La moitié ou presque est située en grands crus, c’est rare. A ce niveau, il est beaucoup plus facile de trouver la signature et la résonance du terroir et de faire de grands vins. Ce que nous allons nous employer à faire aux cotés de la famille de Surrel.

Quels sont les points, les leviers d’amélioration, qui vous avez identifié pour faire progresser ces vins ?
Le travail est encore en cours pour identifier les besoins aussi bien sur les grands crus que les appellations villages. Il y a des choses à modifier dans l’outil de travail. Le projet de rénovation sera lancé dans les mois qui viennent.

A titre personnel quelle image avez-vous de la Bourgogne ?
En tant que Bordelais j’ai toujours eu les yeux de Chimène pour la Bourgogne. On s’imagine parfois une animosité entre ces deux vignobles, c’est dommage. Entre bordelais et bourguignons on s’entend bien. Il y a beaucoup de gens que j’apprécie en Bourgogne. Et j’espère faire connaissance d’autres personnes… Au cours de ma carrière, j’ai toujours bu des vins de Bourgogne au côté des vins de Bordeaux. Je ne suis pas un spécialiste de la Bourgogne, ce n’est pas moi qui ferai le vin au domaine Rebourseau, une équipe va être redéfinie. Chardonnay et Pinot noir sont des cépages qui ont été plantés à droite et à gauche mais c’est en Bourgogne qu’ils s’expriment le mieux.

Les Bordelais sont souvent davantage attirés par les blancs de Bourgogne vu le nombre important de grands rouges existant dans leurs vignobles…
Les vins rouges de Bourgogne et de Bordeaux sont deux expressions différentes. J’ai vraiment découvert le cabernet-franc avec le Clos Rougeard qui est à 100% cabernet-franc. Ce cépage a cette capacité, comme le pinot noir et le chardonnay, d’exprimer les terroirs en mono-cépage de manière exceptionnelle. C’est remarquable. Dans le Médoc, les cabernets-francs sont bien meilleurs assemblés avec des merlots et des cabernets-sauvignons. En Bourgogne, le pinot noir n’a besoin de rien d’autre. C’est un cépage unique. Même travaillé seul il arrive à exprimer une complexité totalement surprenant. C’est le terroir bourguignon qu’il l’aide à faire cela. Je suis un amoureux de la Bourgogne et des grands vins.


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Messagepar Lalex » Mer 24 Oct 2018 13:07

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Château Latour officiellement certifié Bio
Le château Latour, 1er Grand Cru Classé (Pauillac), est officiellement certifié Bio. Il devient ainsi le premier parmi les « Premiers » du classement 1855 à franchir entièrement le pas vers l’agriculture biologique.



Signe des temps, c’est par un tweet que le Directeur Général Frédéric Engerer fait entrer le Château Latour dans le sens de l’Histoire – du vin. « Certified !! » a-t-il annoncé hier en partageant le document Ecocert attestant de cette homologation.
Le mot est lancé et sans aucun doute largement pensé au regard de l’impact d’un tel effet d’annonce. Désormais, les vins du château Latour sont issus de l’agriculture biologique. Secret de polichinelle, cette démarche est depuis longtemps dans les cartons : il restait non seulement à passer les années de conversion, à être au point sur la qualité du vin qui en résulte et sur la communication d’une telle (r)évolution. Car en cela, la Château Latour est le premier parmi les cinq Premiers Grands Crus Classés en rouge (Lafite-Rothschild, Mouton-Rothschild, Margaux, Haut-Brion – sauternes non compris) du célèbre classement 1855 a être officiellement en bio.

Latour a tiré le premier, à quand les autres ? La pression est là et c’est le château Latour qui a choisi de la mettre. « Latour a réussi son examen, c’est formidable, c’est un signe intéressant, on ne peut que se réjouir », déclare Philippe Castéja, le président du Conseil des Grands Crus Classés 1855. Dans les autres strates du classement médocain, des pionniers avaient déjà franchi le cap : citons le château Pontet-Canet à Pauillac, les châteaux Palmer, Durfort-Vivens et Ferrière à Margaux, les châteaux Climens et Guiraud en Sauternes et Barsac. D’autres grands s’en approchent très sérieusement, à savoir les châteaux Haut-Bages-Libéral ou Montrose. On sait aussi que des essais importants sont en cours à Pédesclaux, Pichon Longueville Comtesse de Lalande ou Marquis de terme. Les locomotives sont en marche.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 24 Oct 2018 13:14

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1997-2017 : Bouzeron fête 20 ans de millésimes !
Depuis 1997, Bouzeron est la seule appellation village de Bourgogne dédiée au cépage aligoté. Elle fête cette année deux décennies de millésimes.




1997-2017... Joyeux anniversaire à l'appellation Bouzeron, une petite perle de quelques dizaines d'hectares, située au nord de la Côte Chalonnaise (71), à quelques kilomètres de Chassagne-Montrachet, Rully et Mercurey.

Reconnue officiellement en 1997 comme étant en Bourgogne la seule AOC village issue du cépage aligoté doré, l'appellation Bouzeron a souhaité célébrer 20 ans de millésimes en proposant une dégustation destinée aux professionnels (cavistes, sommeliers, restaurateurs etc.) et axée sur les 2017.

Elle aura lieu le week-end de la Vente des Vins des Hospices de Beaune, le samedi 17 novembre de 15h00 à 18h30, au club 1243, à deux pas de l'Hôtel Dieu. Cette dégustation d'une quinzaine de Bouzeron différents vous révèlera l'étonnante diversité des terroirs de ce cette petite vallée ensoleillée. Les vignerons serviront leurs vins accompagnés d'entremets imaginés par Eric Prat, Chef du restaurant 3 étoiles Lameloise, à Chagny.

L'aire d'appellation Bouzeron représente 88 hectares cultivés en vignes, dont 54 sont plantés en aligoté doré sur les communes de Bouzeron et Chassey-le-Camp, sur des coteaux très calcaires. 54 hectares... ce qui en fait une des plus petites appellations de Bourgogne, presque « un secret » seulement partagée entre amateurs.

Pour toute inscription, contacter Marie Hauchard : 03 85 48 18 74 ou par mail : marie@tymeo.com


Le cépage aligoté

Les premières traces du cépage aligoté en Bourgogne remontent au XVIIème siècle. Ses origines sont communes à celles du chardonnay, à savoir un croisement entre le pinot noir et le gouais blanc. Il a parfois été complanté avec le chardonnay dans des appellations prestigieuses telles que les grands crus Montrachet ou Corton-Charlemagne. Il a connu plusieurs noms : plant de troy (en référence aux trois grappes portées par chaque branche du plant), Giboulot en Côte de Nuits, Aligotet Beaunois ou encore vert blanc. L'appellation d'origine contrôlée Bourgogne Aligoté a été créée en 1937, en même temps que les autres AOC de Bourgogne. À noter enfin qu'une seule appellation village est issue du cépage aligoté. Il s'agit de Bouzeron, en Côte Chalonnaise, née en 1997 et qui a succédé à l'AOC régionale Bourgogne aligoté de Bouzeron.

L'aligoté est un cépage aux expressions multiples, qui se caractérise par une impressionnante diversité tant il est cultivé sur une mosaïque de terroirs, de l'Auxerrois au Mâconnais. Il dispose d'une formidable capacité d'adaptation et s'épanouit sur différents types de sols. Les grappes d'aligoté se caractérisent par une peau plus épaisse que celle du chardonnay et une maturité plus tardive. Cépage exigeant, il doit être maîtrisé avec une taille courte, type Cordon de Royat, pour gérer sa productivité. Si l'aligoté a souffert d'un désamour, ayant pour conséquences l'arrachage de nombreuses parcelles, il reste en Bourgogne un beau patrimoine de vieilles vignes très qualitatives. 1 700 à 1 800 hectares sont aujourd'hui plantés en aligoté en Bourgogne, soit 6% environ de la surface totale régionale.

http://www.bouzeron-vins.com
http://www.facebook.com/Bouzeron-cultivons-la-différence-1902368183364659/


www.bourgogneaujourdhui.com


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Thierry Debaisieux » Mer 24 Oct 2018 13:29

Il faut découvrir le Bouzeron de Julien Cruchandeau:
viewtopic.php?f=10&t=10457#p91512
C'est superbe !
Bien cordialement,
Thierry Debaisieux
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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mar 30 Oct 2018 08:29

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Combien coûte un hectare de vigne ?
Vous le savez, iDealwine, spécialiste de la Cote des vins, suit le marché des vins de très, très près. Nous nous sommes procuré le rapport annuel de la Safer sur le prix des terres, et en voici la synthèse. Presque partout, le prix des vignes est à la hausse, surtout dans les appellations les plus prestigieuses.




Quel est le prix des vignes ? A Bordeaux ? En Bourgogne ? En Champagne ? On vous dit tout ici !

Déjà dans son rapport 2016, la Safer (Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural) mettait en lumière la hausse des prix du marché foncier viticole. Cette hausse, initiée en 2009, s’est poursuivie et même accélérée en 2017, en témoigne le nouveau rapport sur le prix des terres de la Safer.

Le marché des vignes françaises en forte progression en 2017

Pour commencer, voici un petit rappel de la conjoncture de 2017 :

– La production viticole s’est inscrite en baisse de 18% par rapport à la moyenne quinquennale. Une diminution quasi généralisée – sauf en Bourgogne – imputable en grande partie au gel de printemps et à la sécheresse.

– Les volumes d’exportation des vins hors spiritueux à la hausse

L’année 2017 a enregistré le plus grand nombre de transactions viticoles depuis 25 ans, avec 9 460 opérations (+2,8% par rapport à 2016), concernant 16 900 hectares (+7,9%) pour un montant de 1,3 milliard d’euros (+59,9%). Ce fossé entre 2016 et 2017 en termes de valeur des échanges s’explique en partie par plusieurs ventes exceptionnelles : les 10 ventes les plus élevées représentent 31% de la valeur totale du marché.

C’est dans le Rhône, la Loire et en Bourgogne que le nombre de transactions a la plus augmenté, alors que les opérations ont été moins nombreuses en Languedoc-Roussillon, Alsace-Est, Bordeaux-Aquitaine et Charentes-Cognac. La valeur des transactions de vignes est, elle, en progression dans toutes les régions sauf le Languedoc-Roussillon (- 8,2%).

En 2017, le prix moyen de vignes AOP s’est élevée à 143 900€/ha, soit une hausse de +2,3% selon la Safer, qui observe également un mouvement de concentration des achats de vignes sous la forme d’un montage actionnarial, au détriment des vignerons qui détiennent aujourd’hui 43% des surfaces, contre 63% en 1993.

Région par région : hausse générale et envolée des prix des appellations les plus prestigieuses

En 2017, le prix des vignes de toutes les catégories de vins ont progressé :
•+2,3% pour les AOP
•+4,2% pour les AOP hors Champagne (en Champagne, le gain est plus modeste : +0,8%)
•+8,1% pour les eaux-de-vie
•+3% pour les hors AOP

La hausse générale est le fruit de plusieurs bassins régionaux :
•+7,2% en Alsace
•+5,5% dans le Rhône (ici, presque toutes les appellations progressent, y compris les plus réputées)
•+4,9% en Bourgogne-Beaujolais-Savoie-Jura (les grands et premiers crus bourguignons poursuivent leur envolée)
•+3,8% en Val de Loire-Centre (due en grande partie à Sancerre et Saint-Nicolas-de-Bourgueil)
•+3,1% en Bordeaux-Aquitaine (du fait des appellations bordelaises les plus prestigieuses, Pomerol, Saint-Estèphe, Saint-Emilion)
•+0,8% en Champagne (une hausse modérée du fait d’un repli de la Côte des Blancs)
•+8,1% en Charentes-Cognac (du fait des exportations record en 2017)

La valeur du patrimoine foncier viticole AOP (69,4 milliards d’euros, +2,3%) est concentrée à 86% dans trois bassins qui ne couvrent pourtant que 45% des surfaces : la Champagne, qui représente à elle seule 55% de la valeur du total, plus de 38M€ (et seulement 7% des surfaces plantées), devant Bordeaux (12,7M€, +18%) (pour 28% des surfaces) et le bassin Bourgogne-Beaujolais-Savoie-Jura (8,8 7M€), pour 10% des surfaces.

Entre 1997 et 2017, le prix moyen national des vignes AOP a été multiplié par 2,5 (en valeur constante). Le premier facteur d’augmentation du prix des vignes reste la baisse des taux d’intérêts, associé à une augmentation du revenu viticole. Le prix des vignes hors AOP, qui avait nettement diminué entre 2000 et 2010, remonte depuis 2010. Une remontée qui peut s’expliquer en partie par le dynamisme du Languedoc sur ce segment (qui représente 70% des surfaces hors AOP) et aussi par l’arrachage et la replantation de cépages plus qualitatifs.

Le prix moyen des vignes des principales appellations en 2017

La méthodologie choisie tend à lisser l’évolution des prix, en éliminant les transactions les plus élevées et les transactions les moins élevées.


A Bordeaux

(prix d’un hectare de vigne, évolution par rapport à l’année précédente)

Pauillac : 2 000 000 €/ha1 (-0,79%)
Saint-Estèphe : 450 000 €/ha (+17,49%)
Saint-Julien : 1 200 000 €/ha (-0,79%)
Moulis : 80 000 €/ha (-0,7%)
Listrac : 75 000 €/ha (-0,8%)
Pessac-Léognan : 450 000 €/ha (-0,8%)
Sauternes : 30 000 €/ha (-15%)
Pomerol : 1 500 000 €/ha (+14,5%)
Saint-Emilion : 250 000 €/ha (+7,85%)
Fronsac : 30 000 €/ha (-15%)

Plus d’informations sur les appellations de Bordeaux


En Bourgogne

Les grands crus : 6 000 000 €/ha (+8%)
Les premiers crus blancs : 1 536 000 €/ha (+4,1%)
Les premiers crus rouges : 650 000 €/ha (+2,3%)
Chablis : 164 000 €/ha (+4,99%)
Chablis premier cru : 350 000 €/ha (+0,3%)
Mâcon blanc : 65 000 €/ha (-0,8%)
Pouilly-Fuissé : 240 000 €/ha (-0,8%)

Plus d’informations sur les appellations de Bourgogne


En Champagne

Côte des Blancs : 1 472 200 €/ha (-4,7%)
Côte d’Epernay, Grande Montagne : 1 188 900 €/ha (-0,19%)
Autres régions (Marne) : 1 040 000 €/ha (+1,17%)
Aube : 1 004 100 €/ha (+2,52%)

Plus d’informations sur les régions de Champagne


Dans le RhĂ´ne

Saint-Joseph : 120 000 €/ha (+9%)
Hermitage : 1 100 000 €/ha (-0,8%)
Cornas : 450 000 €/ha (-0,8%)
Crozes-Hermitage : 120 000 €/ha (+8,21%)
Châteauneuf-du-Pape : 405 000 €/ha (+3%)
Gigondas : 180 000 €/ha (-0,8%)
Vacqueyras : 90 000 €/ha (-0,8%)
Ventoux : 20 000 €/ha (+10,5%)

Plus d’informations sur les appellations du Rhône


Dans la Loire

Sancerre : 160 000 €/ha (+9,44%)
Pouilly-Fumé : 155 000 €/ha (-0,8%)
Bourgueil : 20 000 €/ha (1%)
Chinon : 22 000 €/ha (-1%)
Montlouis-sur-Loire : 9 000 €/ha (+11,1%)
Vouvray : 21 000 (-1%)
Saumur : 14 000 €/ha (+2,9%)
Touraine : 8 000 €/ha (-1,2%)
Anjou : 14 000 €/ha (+6,87%)
Saumur (Maine-et-Loire) : 19 000 €/ha (-1%)
Saumur-Champigny : 58 000 €/ha (0%) (un chiffre qui ne prend pas en compte le rachat du Clos Rougeard par Martin et Olivier Bouygues en 2017, ce qui traduit des choix méthodologiques spécifiques.)
Muscadet : 10 000 €/ha (-1%)
Muscadet Sèvre-et-Maine : 12 000 €/ha (-0,8%)

Plus d’informations sur les appellations de Loire


En Alsace

Alsace (Bas-Rhin) : 106 000 €/ha (+6,1%)
Alsace (Haut-Rhin) : 153 600 €/ha (+6,7%)

Plus d’informations sur les régions d’Alsace


Dans le Jura

Arbois : 36 000 €/ha (-0,8%)
Château-Chalon : 55 000 €/ha (-0,7%)
Côtes du Jura : 27 000 €/ha (+3%)
L’Etoile : 23 000 €/ha (+3,6%)

Plus d’informations sur les appellations du Jura


Dans le Sud-Ouest

Jurançon : 40 000 €/ha (-0,7%)
Madiran (Pyrénées-Atlantiques) : 15 000 €/ha (-0,7%)
Madiran (Hautes-Pyrénées) : 18 000 €/ha (-0,5%)
Madiran (Gers) : 16 000 €/ha (-0,6%)

Plus d’informations sur les appellations du Sud-Ouest


Dans le Languedoc -Roussillon

Fitou : 11 000 €/ha (-0,9%)
Languedoc – Pic Saint-Loup : 40 000 €/ha (+4,44%)
Languedoc – Terrasses du Larzac : 20 000 €/ha (+16,96%)
Saint-Chinian : 12 000 €/ha (-0,8%)
Faugères : 16 000 €/ha (-0,6%)

Plus d’informations sur les appellations du Languedoc-Roussillon


En Provence

Cassis : 100 000 €/ha (-0,8%)
Bellet : 245 000 €/ha (-0,8%)

Plus d’informations sur les appellations de Provence


En Corse

Calvi : 18 000 €/ha (-28,6%)
Patrimonio et Coteaux du Cap Corse : 40 000 €/ha (-0,7%)
Ajaccio : 25 000 €/ha (+23,8%)
Vin de Corse (Figari, Sartène, Porto-Vecchio) : 25 000 €/ha (-0,8%)

1 Prix moyen (€ constants /ha) ; variation 2017/2016. Source : Safer


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Messagepar Lalex » Mar 30 Oct 2018 08:34

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Corton veut sauver sa colline
Pour préserver ce site viticole bourguignon d'exception à la fois convoité et menacé, des vignerons s'unissent et mettent en avant la notion de territoire. Une nouvelle arme pour défendre leur vision du monde.




Vu du ciel, le petit bois au sommet de sa colline évoque la forme d'une tonsure monacale. Rien de si surprenant sur ces terres cisterciennes qui surplombent les trois villages d'Aloxe-Corton, Ladoix-Serrigny et Pernand-Vergelesses, en Côte-d'Or. Les 66 hectares plantés de frênes, de hêtres, de chênes, de châtaigniers culminent à 388 mètres et coiffent une des collines viticoles les plus célèbres au monde, dont les flancs abritent notamment 167 hectares de vignes classées en grands crus, d'où sont issus des pinot noir et chardonnay des appellations corton et corton-charlemagne.

Parmi les nombreux propriétaires, la maison Louis Latour compte, à elle seule, une vingtaine d'hectares, un continent à l'échelle de la Bourgogne. Aubert de Villaine, par ailleurs copropriétaire du domaine de la Romanée-Conti, à Vosne-Romanée, y a largement investi ces dernières années, reprenant trois parcelles et un contrat de fermage, pour un total d'environ 6 hectares. La famille bourguignonne Méo-Camuzet est, elle aussi, aujourd'hui présente à Corton, comme les Frey qui ont acheté le château de Corton-André, rebaptisé Corton C, Patrick Landanger du domaine de la Pousse d'Or et d'autres. Ainsi, 20% de l'appellation corton-charlemagne a changé de mains ces vingt dernières années.

Une mauvaise affaire

La cote des vins de la colline est au plus haut, et le prix de la terre monte au ciel. "En une génération, la valeur du foncier a quintuplé", explique Louis-Fabrice Latour. Début 2017, l'acquisition du domaine Bonneau du Martray (11 ha) par le milliardaire américain Stanley Kroenke affolait les locaux. La barre des 10 millions l'hectare était explosée : du jamais vu dans la région. "Le patrimoine viticole de la colline est devenu colossal", admet Louis-Fabrice Latour.
Cependant, comparée à la Côte de Nuits, quasi intouchable, la colline de Corton se révèle d'un excellent rapport qualité-prix pour des investisseurs. Cette situation rend les locaux très sensibles aux nouvelles transactions qui se dessinent.

Alors, quand le bois de la colline est mis en vente par Vincent Sauvestre, ancien négociant, un vent de panique souffle sur le site. Il est question d'un acheteur prêt à débourser 1,4 million d'euros, c'est-à-dire bien plus que la valeur réelle de ce bout de terrain, d'ailleurs acquis pour une centaine de milliers d'euros par son propriétaire. On parle alors de la construction d'un hôtel de luxe. L'arrachage des arbres pour planter de la vigne est évoqué. Tout cela prend des allures de désastre annoncé : une catastrophe écologique d'abord, puisque le bois protège la vigne existante en ayant une influence directe sur le degré d'hygrométrie et la manière dont l'eau s'infiltre dans la terre. Cet ensemble sylvestre abrite les chauves-souris consommatrices d'insectes qui nuisent au raisin et entraînent le pourrissement des grappes. Le bois attire aussi les orages, protégeant ainsi les coteaux. Il éloignerait même la grêle. Sur la colline de Corton, on vous rappelle qu'un peu plus loin, à Puligny, au-dessus de Montrachet, depuis la déforestation, les orages s'engouffrent plus qu'avant sur les coteaux.

D'un point de vue économique, l'arrachage potentiel du bois, s'il était suivi d'un replantage de la vigne, serait une mauvaise affaire pour les propriétaires historiques de la colline, puisque le vin issu de la nouvelle vigne serait classé vin de France et dévaloriserait les grands crus qui l'entourent.
Enfin, c'est l'emblème des lieux qui serait touché. Un comble au coeur de la zone inscrite sur la liste du patrimoine de l'Unesco en juillet 2015, inscription qui reposait sur l'importance des climats de Bourgogne, ces parcelles qui témoignent des deux mille ans de travail de l'homme en bonne intelligence avec sa terre. Comme l'explique Aubert de Villaine, premier artisan de ce classement : "L'Unesco ne propose aucune protection, mais exige que la protection existe ou soit en cours de mise en place au moment du classement. Aujourd'hui, le site est classé, dans le cadre de la loi de 1930. Mais nous souhaitons mettre en place une protection encore plus forte de la colline."

Certes, la transformation du bois de Corton en résidence de luxe ou autre aberration est aujourd'hui contenue par la révision, en mai dernier, du plan local d'urbanisme de la commune de Pernand-Vergelesses, qui interdit toute coupe franche et toute construction dans le bois. Mais les locaux ne comptent pas s'arrêter là. Déjà, en juin 2011, avait été créée l'association Paysage de Corton, qui regroupe aujourd'hui les trois communes concernées et une quarantaine de domaines. L'idée maîtresse : la défense du territoire. "Dans le prolongement de cette idée, les propriétaires et exploitants de la colline vont s'unir pour racheter le bois", continue Aubert de Villaine.

"Reconquérir le vignoble"

La notion de territoire - et de protection du territoire - revient en boucle dans le discours des défenseurs de la colline de Corton. À l'instar du climat, le territoire devient un concept quasi philosophique quand les Bourguignons se l'approprient. "Les climats, au coeur du classement Unesco, ne sont rien sans le territoire, reprend Villaine. Le territoire, qui inclut aussi l'idée d'histoire et de patrimoine, c'est ce qui permet une bonne exploitation du terroir." Et Louis-Fabrice Latour de reprendre : "La Bourgogne est une région très morcelée. Les sujets de biodiversité ne peuvent pas être appréhendés autrement que de façon collective. L'environnement doit être géré en commun. C'est de cette façon que nous avons pu lutter contre l'érosion des terres. C'est aussi ainsi que nous avons distribué à tout le monde des plantes mellifères et réimplanté des ruches. Tout seul sur sa petite parcelle, un vigneron ne peut pas faire grand-chose." Aubert de Villaine d'ajouter : "Le Bourguignon est naturellement individualiste, mais il prend conscience que, face à ce type de problème, la solution est collective. De fait, il joue de plus en plus la carte du partage des charges et responsabilités. Les mentalités ont beaucoup évolué depuis les années 1960."

Aujourd'hui, à Corton, il s'agit de voir loin, au moins quelques centaines de mètres au-delà du bois : "Notre vision dépasse les limites de notre vigne, dit Latour. Si on fait des grands vins et qu'à côté on implante des éoliennes, cela pose problème. De la même façon, nous voulons éviter que les abords de la colline soient mités, comme c'est le cas à Marsannay, avec la ville de Dijon qui s'étend de plus en plus. Il est peut-être temps de reconquérir le vignoble. Au stade où nous en sommes, nous pourrions nous poser la question de l'opportunité de la destruction de certains bâtiments pour replanter de la vigne. Bien entendu, la protection du territoire, à terme, c'est aussi la protection du terroir."

En toile de fond de l'affaire, c'est aussi l'épineuse question des droits de plantation qui pointe, avec la possibilité de produire des volumes importants de vins de moindre qualité à proximité de la colline et le risque de banaliser l'ensemble des vins locaux. Ce qui ne semble pas faire peur à une nouvelle génération de négociants qui voient là de belles opportunités commerciales, sans le souci du long terme.
Autrement dit, certains reprochent aux Latour et Villaine de vouloir figer la colline de Corton au profit des propriétaires historiques qui "jouent la rente". Ce à quoi Aubert de Villaine répond : "La Bourgogne ne peut pas être figée, car c'est une entité économique qui vit, fait du vin et le vend. L'idée n'est pas de figer, mais d'évoluer dans le cadre d'une tradition. Bien entendu, nous n'allons pas évoluer d'un point de vue géographique, car nous sommes coincés entre le Morvan et la plaine de la Saône. Mais nous progressons dans nos savoir-faire, dans la connaissance technologique, dans la biodynamie."

Cette notion de territoire, très protectrice, n'est pas pensée pour une application à la seule colline de Corton. D'autres sites bourguignons pourraient être intéressés. En Côte de Nuits, notamment. Cette idée pourrait aussi être transposée à l'étranger : "Les gens du Piémont suivent de très près ce que nous faisons ici. Nous sommes leur modèle", rappelle Aubert de Villaine. Territoires de tous les pays, unissez-vous.

La colline de Corton en chiffres

1 000 hectares dont 550 ha de vigne et 167 ha de grands crus en appellation corton et corton-charlemagne.

3 communes Aloxe-Corton, Pernand-Vergelesses et Ladoix-Serrigny se partagent la colline.

2015 Année de l'inscription de la colline de Corton sur la liste du patrimoine de l'Unesco.

"La Bourgogne ne peut pas être figée, car c'est une entité économique qui vit, fait du vin et le vend. L'idée est d'évoluer dans le cadre d'une tradition. [...]
Nous progressons dans nos savoir-faire, dans la connaissance technologique, dans la biodynamie"
AUBERT DE VILLAINE, VITICULTEUR


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 7 Nov 2018 13:50

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Stéphane Derenoncourt : "La rive droite est un vignoble à deux vitesses"
Stéphane Derenoncourt est devenu au fil des ans un personnage incontournable du mondovino bordelais.




Vigneron à Castillon, il est aussi consultant pour un grand nombre de crus classés et de propriétés moins prestigieuses, à Bordeaux mais aussi dans d'autres régions viticoles comme la Loire, le Languedoc, le Rhône ou la Provence, et également à l'étranger (Liban, Espagne, Géorgie...). C'est sur la rive droite de la Dordogne qu'il a commencé sa carrière. Autant dire qu'il connaît parfaitement cette région et nous en livre sa vision, sans langue de bois. Un fleuve sépare la rive droite de la rive gauche de Bordeaux. Mais il semble que tout oppose ces deux régions. Quelle est l'identité propre de la rive droite ?

Sociologiquement parlant, la rive droite est plus paysanne, plus bourguignonne, que la rive gauche. La taille moyenne des exploitations n'excède pas 5 hectares. Cette typologie change tout, avec des organisations sociales et familiales spécifiques. Mais c'est aussi, et surtout, par sa typologie et sa géologie qu'elle se distingue. Il existe une grande différence d'identité entre les vins de la rive gauche et ceux de la rive droite. En rive gauche, le terroir a été gagné sur les marécages par les Hollandais. Le sol, fin et graveleux, avec du calcaire en sous-sol, se révèle chaud, et donc parfaitement adapté au cabernet sauvignon. En rive droite, les terroirs historiques sont composés de calcaires de grande qualité et d'argiles fins. Avec ces sols froids, les hommes ont privilégié des cépages plus précoces comme le merlot. Ils produisent des vins plus charnus, plus charpentés et plus acides. La qualité du sol influe directement sur la qualité des vins. Ils seront rustiques sur les calcaires profonds, et plus fins sur les calcaires affleurants.



Comment le vignoble a-t-il évolué ?
Avant le phylloxéra, il était resserré sur les coteaux. Il s'est ensuite étendu en plaine sur des sols limoneux. Son encépagement s'est également modifié. Le cabernet franc a eu tendance à disparaître au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. La France avait soif, il fallait alors produire beaucoup. Or le cabernet franc est un cépage très exigeant, et plus tardif. Il a donc laissé la part du lion au merlot, plus simple et plus rond. Mais la tendance s'inverse désormais. Les amateurs veulent des vins d'inspiration, plus fins, ce qu'est capable de produire le cabernet franc. Au Château La Gaffelière, par exemple, il revient en force. Le domaine cherche à retrouver le goût des vins des années 1940, qui étaient juste sublimes. C'est d'ailleurs un mouvement assez général. Il faut dire que le cabernet franc mûr est tout simplement prodigieux. Il développe des arômes floraux envoûtants lorsqu'il est en contact avec le calcaire. Il allonge la bouche, il offre des tanins plus serrés, il donne de l'identité au vin.

Pour autant, on ne peut pas considérer que toute la rive droite est homogène.
C'est, hélas, une rive à deux vitesses. Le système de commercialisation, régi par les négociants, est fort pour vendre les vins spéculatifs. Ils n'ont même pas besoin de faire goûter le vin. Mais c'est une arme à double tranchant. Depuis 2000, l'image de Bordeaux a été brouillée par ces vins chers et spéculatifs. Pour les autres vins, le modèle n'a, hélas, toujours pas été inventé. Pire, ils subissent une image peu qualitative liée à la distribution. Castillon ou encore les vins des Côtes peinent à apparaître pour ce qu'ils sont pourtant : des appellations capables de produire des vins au rapport qualité-prix imbattable. Or, le circuit traditionnel exige des châteaux une image forte. Dans ces conditions, j'ai peur que les appellations secondaires continuent à avoir du mal à s'en sortir. A Saint-Emilion, on peut vendre facilement n'importe quel vin entre 10 et 15€, alors qu'à Castillon, par exemple, nous sommes plafonnés entre 2 et 5€, alors que nos coûts de production sont strictement identiques. On ne pourra sans doute pas sauver ces appellations dans leur ensemble, mais on pourra identifier dans celles-ci les bons vignerons, certains d'entre eux pourront même dépasser certains crus classés en qualité et en notoriété. Mais, pour s'en sortir, il faut avoir du temps, des ambitions et des moyens. Sans être trop pessimiste, je pense que le fossé entre les petits et les grands vins va continuer à se creuser.

Pourtant, fort de ce constat, vous n'avez pas hésité à acheter une propriété en Castillon.
J'ai acheté le Domaine de l'A, à Castillon, en 1999 car j'étais attiré par la qualité des sols. J'avais pour ambition d'y faire un grand vin, persuadé qu'il pouvait avoir les mêmes qualités qu'à Saint-Emilion. Vingt ans après, je suis toujours heureux de m'y être installé car je mène le projet que je souhaitais bâtir. Mais le bilan économique n'est pas enthousiasmant. J'ai acheté la terre 55 000 € l'hectare, elle n'en vaut plus que 30 000 € aujourd'hui. Même mon vin ne se valorise pas. J'ai atteint le niveau le plus haut sur le millésime 2000, et aucun millésime postérieur ne s'est vendu à ce prix. Mais, malgré tout, je ne regrette rien. J'habite au paradis !


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mer 7 Nov 2018 14:05

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Maggie Henriquez, la pionnière
La présidente de la maison Krug dirige aussi Estates & Wines, un ensemble de domaines situés en Californie, en Argentine, en Chine et ailleurs, dont elle compte faire les pépites de la viticulture de demain. Explications sur la méthode.


Elle est beaucoup plus qu'une experte des entreprises du monde du vin et des spiritueux. La Vénézuélienne Margareth "Maggie" Henriquez, présidente de la maison de champagne Krug et d'Estates & Wines (LVMH) - un ensemble de domaines implantés sur les deux hémisphères -, a forgé une partie de son expérience professionnelle lors de situations de crises successives, dont elle est sortie par l'innovation et une vision bien à elle du management. Rencontre avec un cerveau du mondovino.



LE FIGARO. - En préambule, quelle est votre définition du vin ?
Margareth HENRIQUEZ.
- Le vin, c'est avant tout une sensation. Il ne faut pas tout rationaliser. Les vins sont comme les hommes, ils sont vivants, ils évoluent au fil du temps. Les gens intelligents ont un discours simple. Et, quand il s'agit de vin ou de champagne, ce discours est lié à la gastronomie, au plaisir, à la musique... Pourquoi cette obsession de certains de toujours vouloir décortiquer, de façon analytique, ce que l'on ressent. Ce qu'il faut comprendre, c'est que, derrière le vin, il y a des gens avec leur histoire.

Chez Seagram au Venezuela, à Chandon en Argentine, en passant par Nabisco au Mexique, votre carrière a été ponctuée par les crises économiques. Qu'en avez-vous tiré ?
Les crises sont des périodes d'opportunité, car chacun est alors plus ouvert au changement. J'ai vécu celle du Venezuela en 1989, et puis en 1992, en tant que patronne de Seagram (société du monde du vin et des spiritueux disparue, NDLR). En 1995, je suis arrivée au Mexique pour m'occuper de l'entreprise de biscuits Nabisco qui perdait 20 millions de pesos par an. En plein marasme, nous avons alors développé trente-six nouveaux produits sur la base d'études de consommateurs. Cela a eu un succès fou. Dans les supermarchés, nos parts de marchés ont triplé. En dix-huit mois, la société est redevenue bénéficiaire. Et tout le marché en a profité puisque nous avons largement fait évoluer le prix moyen du kilo de biscuit. En 2000, après une année sabbatique, j'ai été recrutée par le groupe Moët Hennessy. On m'a demandé de gérer les Bodegas Chandon en Argentine. Le pays vivait une crise économique terrible. Je n'avais jamais vu pareil désastre. Tout était vide, les restaurants, les cafés, les aéroports... Nous n'avons pas licencié, et nous nous sommes concentrés sur l'amélioration de l'outil industriel pour produire un vin encore meilleur et exporter. Nous avons créé la marque Latitude 33 pour le marché national. Nous avons augmenté les salaires à deux reprises, car le prix de l'alimentation grimpait en flèche. Fin 2004, nous sommes même parvenus à convaincre le gouvernement de remplacer un impôt sur les sociétés par une obligation d'investir. Nous avions une équipe dingue, imbattable, une vraie machine de guerre. En 2008, notre réussite était totale. C'était génial. Le fait d'avoir vécu des situations très difficiles, dans des contextes catastrophiques, me donne aujourd'hui du recul pour les nouveaux challenges. Mais à chaque fois, pour chaque mission, j'ai compris qu'il fallait me faire ma place avec des actes plus qu'avec des paroles. Son poste, chacun le construit, doucement, en avançant.

En tant que femme, est-il difficile de gérer des équipes très masculines, comme cela est souvent le cas dans votre secteur d'activité ?
Quand les salariés voient que les bonnes décisions, même les plus difficiles, sont prises, quand ils comprennent que ce sont des décisions originales, être un homme ou une femme n'est pas un sujet. Au-delà, je pense qu'en période de crise, quand les équipes sont très angoissées, mon côté féminin, maternel, affectueux, a pu être parfois un atout. En règle générale, je fais toujours prévaloir les décisions qui me permettent de rester proche des salariés comme des clients. D'ailleurs, après toutes ces expériences, ce n'est plus une question de respect entre les salariés et moi, c'est une question de confiance et d'espoir.

Quelle est la clé du succès quand on reprend une marque existante ?
Quand je suis arrivée chez Krug, à Reims, en 2009, je me posais beaucoup de questions. C'était la première véritable maison de luxe que je dirigeais. Et puis j'ai retrouvé les carnets du fondateur. Et, à leur lecture, tout s'est éclairé. Au début, les équipes ne m'ont pas crue mais ils m'ont suivie et cela a fonctionné. Il faut toujours comprendre ce que voulait le fondateur de la maison. Autrement dit, il faut s'approprier le rêve d'un homme pour appréhender l'entreprise et sa mission réelle. Une entreprise est toujours liée à l'idée première de son fondateur. Il faut s'intéresser à cette vision et accomplir le rêve de créateurs qui étaient en avance sur leur temps en se demandant : "Comment, moi, pourrais-je être en avance sur mon temps aujourd'hui ?"

Comment cette conviction a-t-elle pu trouver son application ces derniers temps ?
À Cloudy Bay, notre domaine en Nouvelle-Zélande, nous avons eu récemment une très mauvaise récolte. En soi, ce n'était pas une bonne nouvelle. Mais nous avons diminué les quantités produites et nous nous sommes attachés à revenir au goût qui a fait le succès de ce vin, celui qui avait été pensé par David Hohnen et Kevin Judd. De la même façon, à Newton, dans la Napa Valley, nous voulons retrouver l'esprit d'origine de Peter Newton, qui a créé cette propriété fabuleuse à St. Helena en 1977.

Vous aimez les histoires de pionniers...
Nous sommes des pionniers en Argentine, en Californie, en Australie... À chaque fois, il faut faire parler un morceau de terre, trouver sa meilleure expression. Bien entendu, il s'agit de toujours faire des grands vins. Et nous continuons avec le domaine d'Ao Yun, en Chine, dans les contreforts de l'Himalaya. Je suis fière de ce que nous avons mis en place là-bas. La mission d'Estates & Wines est bien de continuer à être pionnier, en allant nous-mêmes défricher ou bien en acquérant des propriétés. Le point commun des domaines d'Estates & Wines, c'est qu'ils ont tous voulu faire de nouveaux vins sur de nouveaux terroirs. Nous avons une approche mondiale de la viticulture. Et nous ne sommes pas là pour réaliser des vins classiques. Nous allons inscrire nos cuvées dans le futur. Nous allons construire, montrer le chemin pour les autres.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mar 13 Nov 2018 14:03

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Millésime 2018 : pas de grand vin au Château Guiraud
C’est officiel : le château Guiraud ne produira pas son premier vin en 2018, du fait des dégâts trop importants occasionnés par la grêle.



Le 15 juillet fût une journée noire au château Guiraud : la grêle y a détruit près de 95% des grappes. Comme le rapporte le magazine Decanter, cette situation est exceptionnelle, « Je n’ai jamais vu cela en 40 ans d’expérience » leur a confié Xavier Planty, directeur du domaine. En conséquence, le château n’est pas en mesure de produire son grand sauternes, seulement un peu de son vin sec (Le G de Château Guiraud) ainsi que du second vin (Petit Guiraud).

De manière globale, le millésime 2018 est compliqué à Sauternes : après la grêle et les maladies (mildiou), le botrytis s’est fait largement désirer durant tout le mois de septembre et le début du mois d’octobre qui ont été marqués par une grande sécheresse. Il fallait alors se montrer patient et résister au stress, puisque la fameuse pourriture noble n’est apparue qu’à la mi-octobre. Il s’agit donc de vendanges très tardives, souvent après le 22 octobre. Il y a eu cette année un réel décalage entre la maturité des raisins et l’apparition du botrytis, ce qui laisse imaginer des niveaux de pH élevés et donc une faible acidité. Nous vous en dirons plus après les dégustations primeurs.


www.idealwine.net


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Mar 13 Nov 2018 14:06

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Paolo Basso : « À Lyon, la gastronomie et le vin sont chez eux »
Paolo Basso, Meilleur Sommelier du Monde 2013, était présent ce week-end à Lyon Tasting pour animer trois Master Classes respectivement dédiées à Cornas, Hermitage et à la Bourgogne. Entretien avec un maître du vin.




Vous découvrez Lyon Tasting à l’occasion de cette deuxième édition. Quelles sont vos impressions sur cet événement ?
Je constate un très bel engouement. Bien que l’on soit un dimanche 11 novembre, je vois un jeune public, très intéressé et curieux. C’est très enthousiasmant pour le monde du vin en général, cela trace de bonnes perspectives.

Vous avez animé aujourd’hui deux Master Classes dédiées à deux appellations du Rhône septentrional, Cornas et Hermitage. Quelle relation entretenez-vous avec ces grands vins ?
Je suis ravi d’avoir pu animer ces deux Master Classes, qui confirment tout le bien que je pense de ces deux appellations. J’aime beaucoup la syrah, et avec ces deux expressions on a la syrah du Rhône nord dans toute sa beauté. Nous avons pu déguster des cuvées remarquables et je pense que le public a été enchanté par ce qu’il a pu découvrir. Les participants étaient curieux et pertinents.

Votre troisième Master Class était dédiée à la Bourgogne, une région qui vous est chère.
Bien sûr. La Bourgogne, c’est un peu « la Master Class des sommeliers » et de tous les amateurs de vin. Cette région impose qu’on y plonge en profondeur. Il y a la région, l’appellation, la commune, la parcelle, on va très loin dans le détail, tout cela avec deux cépages, le pinot noir et le chardonnay. Pour bien la comprendre, l’amateur doit aller en Bourgogne, la découvrir physiquement, la parcourir à pied ou à vélo pour en saisir les terroirs. C’est absolument passionnant et c’est aussi comme cela que l’on peut comprendre à la fois la rareté des vins de Bourgogne, mais aussi leurs prix qui, pour les plus prestigieuses cuvées, sont parfois très élevés.

L’autre vignoble « star » de Lyon Tasting est celui du Beaujolais, qui souffre encore parfois de certains préjugés. Quel regard portez-vous sur ce vignoble ?
Le Beaujolais est lui aussi un vignoble complexe, il faut savoir en appréhender les différents crus et aussi son cépage, le gamay, qui n’est pas compris par tout le monde et qui pourtant a beaucoup de qualités, une couleur, un nez, une persistance, une empreinte qui peuvent être vraiment enchanteurs. C’est à nous les sommeliers de savoir valoriser ces vins du Beaujolais en les proposant sur des plats qui se marient au mieux avec eux. Les possibilités d’accords sont nombreuses.

Lorsqu’on est Meilleur Sommelier du Monde, fait-on encore des découvertes sur un événement comme Lyon Tasting ?
On peut éventuellement faire des découvertes, mais c’est surtout un formidable moyen de prendre des informations, voir les producteurs, échanger avec eux, et aussi leur donner les impressions que nous avons car nous sommes au contact des consommateurs. Enfin, tout événement de dégustation est une opportunité de s’entraîner, de se perfectionner, d’apprendre encore sur le vin.

Un dernier mot sur la ville de Lyon, qui accueille notre événement ?
C’est une très belle ville, la capitale de la gastronomie, qui vibre au rythme de la bonne cuisine et des bons vins. J’ai une anecdote : il y a quelques années, j’étais ici dans un taxi et il ne cessait de vanter les louanges de Paul Bocuse, de tout ce qu’il avait fait pour l’image de Lyon et pour l’économie locale. Une telle vitalité, et cette façon dont toute la ville s’approprie une figure comme celle de Paul Bocuse, qui nous a malheureusement quittés, on ne la retrouve pas ailleurs. La gastronomie et le vin sont ici chez eux, et Lyon contribue à faire rayonner la gastronomie française dans le monde entier.


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Re: Audio, vidéo, presse

Messagepar Lalex » Jeu 22 Nov 2018 13:42

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Seguin Moreau fait tourner le bois en barrique sphérique
Souhaitant démoder les œufs de vinification, le tonnelier charentais fait se rencontrer l’innovation de la start-up Galileo, récemment rachetée, avec son savoir-faire du travail du chêne.




S’il ne compte plus le nombre de photos prise par des visiteurs du salon Vinitech avec GalileOak, une barrique de chêne sphérique et rotative, Nicolas Mälher-Besse, le directeur général de Seguin Moreau (groupe Oeneo), en comptabilise avec précision le nombre de précommandes de cette nouvelle cuve : « déjà trois sur le stand ! Alors qu’elle est chère, à 50 000 euros. » Dévoilée ce 20 novembre, à l’ouverture du salon bordelais, cette cuve de 15 hectolitres* est autant un object technique qu’esthétique.
« Pour les vins blancs, le système rotatif permet de remettre en suspension les lies. Pour les vins rouges, on peut faire une macération préfermentaire à froid, un pigeage doux, un décuvage par rotation… » énumère Nicolas Mälher-Besse, qui souligne qu’au-delà de l’outil de vinification, la cuve donne une image aussi originale que valorisante à un chai. Inédite, cette cuve a été testée en termes d’étanchéité et de solidité sur un vin blanc. Elle doit encore être mise à l’épreuve d’un vin rouge, et des mouvements hétérogènes de son marc. Mais le tonnelier charentais est confiant dans son innovation qui compte prendre à rebrousse poil la mode des œufs de vinification.

"La forme la plus naturelle"

Avec GalileOak, Seguin Moreau a décliné en bois la forme et les principes de Galileo, une start-up basée à Cognac qui développe des cuves sphériques en béton allégé. « Nous ne sommes pas des poètes, mais des scientifiques. Ce n’est pas l’œuf, mais la sphère qui a la forme la plus naturelle pour isoler thermiquement et favoriser la convection du vin » martèle Benoît Verdier, le directeur des développements œnologiques de Seguin Moreau, qui a cofondé sur son temps libre Galileo en 2014 au Chili. Rachetée à 52 % par le groupe Oeneo cette année, la start-up Galileo va commercialiser dès l’an prochain une cuve sphérique rotative en béton.

Brevet

Comme ses homologues en béton, GalileOak est brevetée : « que nos confrères tonneliers ne s’avisent pas de s’en inspirer » glisse Nicolas Mälher-Besse. L’une des originalités de cette cuve est d’assurer son étanchéité sans percer de douelles pour les relier. Trois tirants sont placés à l’intérieur de GalileOak pour maintenir les douelles et l’étanchéité (voir photo ci-dessous).

Véritable prouesse technique, la réalisation de cette barrique demande quasiment 200 heures de travail. Soit trois fois plus de temps que pour une cuve tronconnique de volume équivalent. Dans le processus de fabrication, le tiers de douelle est cassée sous la contrainte de cette forme inédité.


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